Entre protectionnisme et libre-échange, c’est une vieille histoire, pas toujours très nette. La brutalité avec laquelle Donald Trump impose des droits de douane exorbitants n’est certainement pas une bonne méthode. Pour des raisons que l’on connaît mais aussi pour d’autres, la plupart du temps ignorées ou sous-estimées, qui notamment touchent aux droits de l’homme.
Pratique connue depuis des millénaires, le protectionnisme entend contrôler la circulation des biens, des services et/ou des capitaux. L’un des grands spécialistes du sujet, Pascal Salin, le définissait comme un « ensemble de normes d’origine étatique qui consistent à limiter, à interdire ou à influencer les échanges internationaux ». Il sonne comme le « résultat d’un pouvoir de contrainte publique qui vient interférer avec les processus d’échange. » L’économiste libertarien l’interprétait comme un « nationalisme réglementaire (Pascal Salin, Libre-échange et protectionnisme, P.U.F., 1991, p. 3 ; Id., Le Libre-échange, P.U.F., 2002, pp. 3-4).
En haussant substantiellement les droits de douane, Donald Trump réactive une vieille tradition américaine, pourtant indéfendable.
Brève histoire du protectionnisme américain
On oublie trop souvent que, pays du laissez-faire, les Etats-Unis n’ont pendant longtemps pas été celui du laissez-passer.
Les droits de douane ont été généralement très élevés au XIXe siècle outre-Atlantique. Il en a été ainsi jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Ils ont ensuite décru de manière vertigineuse à compter de la ratification de l’accord du GATT sur les tarifs et le commerce en 1947, au point de devenir quasi nuls à la fin du mandat de Joe Biden. En revanche, avec les hausses annoncées tous azimuts au début de son second mandat, Donald Trump a en gros triplé ou quadruplé les droits de douane imposés par les Etats-Unis au reste du monde, avec d’importantes variations selon les pays concernés. Alors que la baisse de ces droits était quasi continue depuis la fin du dernier conflit mondial, le nouveau président américain a ainsi brutalement stoppé le mouvement.
Du protectionnisme intégral au protectionnisme limité
A dire vrai, aujourd’hui, il n’y a plus grand monde pour défendre un protectionnisme intégral, qui signifierait ni plus ni moins un régime autarcique pour chacun des États. Au demeurant, les zélateurs du protectionnisme ont une vision schizophrénique des échanges selon laquelle les exportations sont bonnes et les importations mauvaises ! Si tout le monde raisonnait de cette manière, les échanges seraient en pratique impossibles. Rappelons à cet égard que, par effet de domino, à la suite notamment de la loi protectionniste américaine de 1930, le commerce mondial s’est rétracté d’environ 66 % en volume pendant la période 1929-1934, avec les conséquences dramatiques que l’on connaît.
C’est la raison pour laquelle les hommes politiques protectionnistes en sont venus à défendre un protectionnisme plus ou moins limité dont l’objectif officiel est de conserver certains avantages du libre-échange tout en y ajoutant tous les prétendus avantages du protectionnisme intégral. De là, les chantres d’un protectionnisme « intelligent » (par opposition, donc, à un protectionnisme aveugle ou stupide…), d’un protectionnisme « patriote » (par opposition, donc, à un protectionnisme apatride ou cosmopolite ?) ou encore d’un protectionnisme « solidaire » (par opposition, donc, à un protectionnisme égoïste). Nos lecteurs accoleront les expressions à tel ou tel homme politique français…
Le regrettable oubli des arguments juridiques contre le protectionnisme
Les termes du débat ont été largement fixés depuis le XVIIIe siècle. Les arguments, dans un sens comme dans l’autre, relèvent presque toujours de la sphère économique et ils sont presque toujours de nature utilitariste.
Selon ses détracteurs, le protectionnisme est un jeu perdant-perdant qui risque de verser dans la guerre économique.
Au fil des années, on en est même venu à considérer qu’il est pratiquement impossible de l’appliquer, tant l’économie est aujourd’hui « mondialisée ».
En contrepoint, le libre-échange constitue un jeu gagnant-gagnant car l’échange est par définition avantageux pour toutes parties prenantes, faute de quoi il n’aurait pas lieu (nous renvoyons sur ce dernier point nos lecteurs aux ouvrages de Pascal Salin cités plus haut).
La notion de guerre économique disparaît. Les grands économistes autrichiens du XXe siècle, Ludwig von Mises puis son élève Friedrich Hayek, ont remplacé le terme « économie » par celui de « catallaxie » pour distinguer une économie ouverte d’une économie politique étriquée.
La politique se retire de la sphère économique : il ne s’agit plus d’opposer des nationaux à des étrangers, de distinguer les amis des ennemis, comme le faisait le juriste nazi Carl Schmitt, mais au contraire de faire de ses ennemis des amis par le truchement de l’échange.
Cela dit, il y a une autre manière de défendre le libre-échange : en se plaçant sur le terrain juridique et plus précisément sur celui des droits de l’homme, ce qui en surprendra beaucoup.
Et pourtant, cette manière d’opérer doit primer le terrain économique. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si, dans les années 1840, Frédéric Bastiat, quoique économiste, fonde prioritairement sa position libre-échangiste sur des arguments en droit. L’échange est, pour lui, « un droit naturel comme la propriété ».
Priver un individu de la liberté d’échanger un produit qu’il a acquis ou créé, c’est méconnaître le développement de la prospérité et compromettre la paix. Or, aucun homme politique, fût-il élu par la majeure partie de la population, n’a légitimité pour empêcher ses concitoyens de commercer et d’échanger.
Il reste à savoir si la politique de Donald Trump ouvrira une simple parenthèse dans l’histoire des droits de douane aux Etats-Unis ou si, au contraire, elle marquera un retour durable au protectionnisme traditionnel outre-Atlantique depuis la fin du XVIIIe siècle.
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29 réponses
Trump a su y faire, on dirait, puisque les pays ayant dealé avec lui se sont pour la plupart réjoui – sur le thème c’est vrai « ça aurait pu être pire ». L’amitié commerciale est donc préservée.
Trump ne fait pas vraiment du protectionnisme, les biens et services continueront de circuler, il rééquilibre sa balance commerciale. Avec une industrie valant 10 % du PIB, il y avait urgence.
Pour tout dire, j’ai jamais compris pourquoi l’Europe n’a pas fait pareil, avec au hasard la Chine, ou d’autres pays qui tondent la laine sur le dos de nos agriculteurs.
Le manque de courage, peut-être ?
Libre échange et Protectionnisme. Création de valeur et destruction de valeur. Droit et violence. Bref, le débat sur l’interventionnisme est toujours le même, tant que les parties prenantes mélangeront droit et violence dans leurs actions, il y aura des conflits, des guerres et de la destruction de valeur. Le problème de l’amalgame entre une action non violente comme l’échange libre et intentionnel avec une action étatique fondée sur la violation des droits est au cœur des problèmes de tout temps et le demeurera tant que les parties prenantes le pratiqueront volontairement.
La mot « protectionnisme » trahit l’idée sous jacinthe qui devrait être « loyauté des échanges ». Et le problème étant correctement posé, les solutions qui apparaissent sont bien plus intelligentes qu un simple protectionnisme à coup de droits de douane!
Un exemple: faire porter le poids des charges sociales sur la consommation plutôt que sur la production…
IL faut admettre que la méthode Trump est quelque peu inhabituelle et qu’elle ne s’encombre pas de procédures superflues. Néanmoins on doit admettre que Trump n’est pas qu’un caractériel , il est aussi un homme intelligent dont les méthodes surprennent et que par voie ( voix aussi) de conséquences il réalisera les effets désastreux de l’extrême . Il est donc vraisemblable que lorsqu’il mesurera la hausse rapide de l’inflation ( conjugaison des taxes nouvelles et de la chute volontaire du dollar) et la détérioration des relations avec les pays européens dont il a tant besoin , qu’il reviendra en arrière au motif d’une suprématie retrouvée.
Avec le recul, la prévision est en passe de se réaliser que très partiellement pour autant il chamboule le monde d’hier pour créer un monde partagé entre quelques puissances, au dépend de toutes les autres.
C’est en tout cas un fort recul du cet ancien monde libéral alors même que certain ne le voyait déjà pas assez libéral.
le libre échange est une excellente chose SI toutefois il n’est pas faussé par des combines idiotes sur la valeur respective et relative des monnaies
Or la Chine ne joue pas le jeu ; sa monnaie est sous évaluée , certains disent de moitié (: le yuan devrait valoir deux fois plus de dollars ou d’euros qu’à ce jour )
cela pose un problème de compétitivité majeure de meme si les les pouvoirs publics chinois subventionnent les entreprises chinoises.
Le terme protectionniste appliqué à Trump est très mal choisi. Il correspond plus à une caricature rhétorique qu’à une analyse sérieuse. Son approche n’est pas la fermeture, mais la re-négociation des règles du commerce mondial pour les rendre plus favorables aux États-Unis. Trump parle de “fair trade”, pas de “protectionism”, et énonce des accords déséquilibrés (ex. NAFTA, OMC, Chine).Il cherche donc à renégocier les règles du jeu, non à abolir la compétition internationale.
Bien que Milei ait supprimé des barrières commerciales, il a également mis en place des politiques visant à protéger certaines industries locales en difficulté. De plus, ses négociations pour un accord commercial avec les États-Unis, tout en visant la réciprocité, pourraient être interprétées comme une forme de protectionnisme stratégique… Et vu que de toute façon Trump n’est pas un protectionniste… Et l’argentine n’est pas l’Amérique. Il y avait une urgence absolue de libéralisation : hyperinflation chronique, fuite des capitaux, monnaie faible, subventions massives inefficaces et contrôles des changes stricts. Dans ce contexte, toute politique libérale apparaît comme un héroïsme : Milei agit comme un sauveur du pays, mais il s’agit d’une urgence absolue, pas d’un exercice « pur » du libéralisme théorique. certaines mesures nécessitent des compromis, notamment sur la souveraineté nationale, les tarifs temporaires pour protéger certaines industries stratégiques, ou la régulation minimale pour éviter le chaos.
Je vous ai envoyé les dernières données concernant l’économie américaine. Ce sont les Américains qui payent les taxes de Trump. Et ils le montreront lors des élections d emi-mandat.
Attribuer la hausse des prix actuelle uniquement aux tarifs douaniers de Trump est une lecture biaisée et incomplète. Et voir du coté des principaux lourds héritages économiques laissés par l’administration Biden.
Le libre-échange n’a jamais été une religion : Adam Smith et Bastiat eux-mêmes posaient la condition de la réciprocité. Trump ne détruit pas le commerce, il revient à l’essence du libéralisme : un État garant de la liberté économique de ses citoyens, et non pas soumis à des règles biaisées imposées de l’extérieur. Qualifier sa politique de “n’importe quoi”, c’est refuser de voir qu’elle répond à un problème concret : le dumping chinois, la dépendance stratégique, le déséquilibre du libre-échange.
Le problème est que le soi-disant maquignon est caricaturé à outrance pour des raisons purement idéologiques. Les critiques “protectionnisme = n’importe quoi” sont idéologiques et ignorent le contexte réel : déséquilibre mondial, inflation, endettement et bureaucratie qui étouffent les plus petits.
Le problème aux États-Unis c’est le socialisme, pas Trump ! Avec entre autre la Californie.
Sur-régulation :
Licences obligatoires pour presque tout (coiffeur, chauffeur, vendeur de produits artisanaux…).
Normes environnementales et sociales démesurées.
Fiscalité étouffante :
Impôt sur les sociétés + impôt sur le revenu local + charges diverses → décourage l’initiative.
Droit du travail rigide :
La fameuse loi AB5 (2019) a quasiment détruit le travail indépendant (Uber, livreurs, freelance, petits artisans).
Résultat : seuls les grands groupes (Google, Apple, etc.) peuvent supporter ces contraintes grâce à leurs armées de juristes.
Les petits, eux, ferment ou partent au Texas, en Floride ou au Nevada → fuite des cerveaux et des capitaux.
A mon humble avis, le protectionnisme trumpien est essentiellement militaro-stratégique. Sans base industrielle civile domestique minimale, la puissance militaire industrielle est affaiblie. En outre, l’industrie permet de maintenir un vivier démographique et culturel apte à soutenir cette ambition. Trump essaye d’ailleurs de limiter l’effet inflationniste des droits douaniers en baissant les impôts domestiques, les contraintes bureaucratiques et le coût de l’énergie. Et si Trump lui-même se fait des illusions économiques sur le sujet, je pense que ceux qui le soutiennent regardent plutôt l’aspect miliatro-stratégique que l’aspect mercantiliste.
Je suis libéral / libertarien parce que les analyses des grands penseurs libéraux ont toujours été intelligents, cohérents et basés sur l’observation de la réalité plutôt qu’un dogmatisme idéologique.
Depuis 15 à 20 ans, je constate l’émergence d’un dogmatisme pseudo-libéral où on se base sur des observations du passé pour en tirer des conclusions universelles irréfléchies pour le présent.
L’exemple le plus flagrant concerne évidemment l’immigration: selon le dogme, toute immigration est positive, sans différencier entre immigration légale et illégale et les problèmes culturels et idéologiques. Toute l’analyse est finalement basée sur l’immigration essentiellement Européenne vers les Etats Unis et la migration de personnes hautement qualifiées du monde entier.
L’un des plus grands défenseurs de frontières totalement ouvertes a toujours été mon vieil ami Prof. Ken Schoolland. Quand on était en Inde, les étudiants Indians lui faisaient remarquer que l’immigration de clandestins Bangladeshi était tout sauf souhaitable pour les habitants de l’Inde. Je lui ai fait part des problèmes avec l’immigration observés en Suisse:
– valeurs étatistes / socialistes importées par des migrants de l’UE qui font tout pour détruire les valeurs Suisses qui étaient pourtant la raison de leur immigration
– problèmes de culture, avec la non-intégration de certains groupes même en 2ème et 3ème génération
– forte criminalité liée à ces valeurs culturelles
– volonté d’imposer leur culture par la force
C’est juste hallucinant le nombre d’immigrés Français, Allemands etc. qui sont super contents de gagner 3 à 4 fois plus en payant 2x moins d’impôts qui votent pour des partis de gauche dès qu’ils ont obtenu le passeport Suisse et qui demandent « la gratuité des soins » etc. Bref, ils veulent reproduire tout ce qui les a poussé à quitter leur pays d’origine.
C’est pour ça que je maintiens que toute société libérale et capitaliste doit être extrêmement restrictive concernant le droit d’immigration. Il faut un gate-keeping très strict. Même si un jour on avait une société anarcho-capitaliste, cette société devraient assurer que la sécurité des habitants est garantie, comme toute maison qui contient des valeurs doit se protéger contre les voleurs et toute société doit défendre ses enfants et ses femmes contre les prédateurs sexuels, ce que manifestement de nombreux pays occidentaux ne sont plus en mesure d’assurer.
Plus l’écart économique est grand, plus il va attirer des parasites. On doit à tout prix éviter d’importer des Musulmans, Communistes et Nazis (ok, je me répète) qui cherchent toujours à imposer leur idéologie.
Milton Friedman voyait la solution dans l’abolition des systèmes sociaux qui rendaient l’immigration parasitaire et non qualifiée très attractive. C’est sans doute un facteur, mais ce n’est pas tout. La différence économique est souvent telle que même une vie de pauvre, dans un pays occidental, est largement préférable à la vie de classe moyenne dans un pays du 3er monde. Il y a environ 2 à 3 milliards de personnes dans ce monde qui voudraient migrer vers un pays occidental s’ils en avaient la possibilité.
Je viens de voir une émission qui documente des Indiens illégaux déportés par Trump qui ont fait pleurer leurs familles qui disaient qu’ils avaient investi jusqu’à $50’000 pour financer la migration – illégale – d’un des leurs. En Afrique, ils sont souvent sponsorisés par des villages entiers. C’est assez hallucinant qu’ils pensent que c’est plus profitable que d’investir ces sommes colossales dans l’économie locale. Le bénéfice espéré est basée sur une combinaison d’avantages offerts par les Etats occidentaux, un travail légal ou illégal et des activités criminelles.
D’autre part, j’ai constaté que même quand on ne veut pas appliquer une politique identitaire – que je trouve toujours révoltante – les migrants, eux, vont importer leurs valeurs identitaires. Il faudrait donc préférer des immigrés qui sont ouvertement opposés aux valeurs identitaires pour ne pas se retrouver avec une société avec des conflicts racistes, éthniques et religieux, chose quasiment absente en Suisse avant les années 1990 – malgré la présence de nombreux gauchistes Suisses déjà très racistes « antiracistes ». Leur idéologie ne trouvait simplement pas preneur.
Maintenant nous avons des démonstrations genre BLM à Lausanne en l’honneur d’un petit con de voleur de scooter qui s’est tué tout seul. C’est une dégradation catastrophique de l’état de droit si la police ne peut plus appliquer les mêmes règles à tout le monde et qu’on devrait quasiment permettre aux membres de certains groupes identitaires de commettre des crimes pour éviter des émeutes. Ce sont des gens qu’on ne peut pas tolérer. Déportation immédiate – en leur retirant le passeport Suisse, s’ils l’avaient obtenu sous prétexte d’être intégrés, ce qui n’est manifestement pas le cas.
Maintenant concernant les tarifs douaniers et le commerce international:
– les principes économiques sont extrêmement claires, le commerce représente une division du travail et un échange de ressources favorable à tous les participants; moins il y a de barrières aux échanges, mieux c’est
– Trump s’était d’ailleurs prononcé en faveur de tarifs zéro au niveau mondial, en 2018. Il comprend parfaitement les principes économiques, inutile de lui faire la leçon; il ne commet pas d’erreur, il a choisi de changer de méthode; ça me fait toujours rire qu’il y ait des gens qui pensent qu’il serait « trop bête pour comprendre ». Il a gagné des milliards sur un marché extrêmement complexe – faudrait en tenir compte pour ne passer pour un idiot à chaque fois que ses méthodes fonctionnent…
Le mercantilisme, c’est l’exportation de biens et de services pour obtenir du capital financier. Adam Smith avait parfaitement démontré que c’était une politique idiote. Aujourd’hui, on commet une autre erreur: On a transféré des compétences et du capital financier vers des pays pauvres pour échapper aux syndicats et aux impôts excessifs dans les pays occidentaux, au détriment des pays occidentaux. Même si nous pouvons acheter des produits moins chers, nous nous retrouvons avec un énorme coût social et économique à long terme qui dépasse très, très largement l’économie réalisée avec l’importation de produits bon marchés et on a surtout enrichi des pays ouvertement hostiles qui, eux, sont ultra-protectionnistes.
Ce n’était pas une nécessité, comme le démontre la Suisse: en appliquant des impôts comparativement bas (32 à 35% du PIB, déjà bien trop, mais la moitié des grands pays de l’UE) et sans pouvoir réel des syndicats, elle a réussi à maintenir son activité industrielle à 25% du PIB et sa position de leader mondial de l’innovation.
Ce que Trump est en train de faire n’a aucun rapport avec du protectionnisme: il a simplement compris qu’il fallait ramener de la capicité productive aux Etats Unis et d’utiliser prioritairement des ressources locales, tout en arrêtant de subventionner des pays hostiles.
Et ça marche à fond!
Un des arguments les plus ridicules contre ces efforts de Trump, c’est: « On ne peut pas produire des iPhones aux Etats Unis, il n’y a pas les compétences et l’infrastructure ».
Sauf qu’il n’y avait aucune capacité à produire des iPhones en Chine, il y a 15 ans! Apple a formé des dizaines de milliers d’ingénieurs et de travailleurs en Chine tout en investissant des centaines de milliards dans les infrastructures. Tout ça pour économiser environ $20 à $50 sur l’assemblage d’un iPhone en Chine.
Bien évidemment ils peuvent construire les mêmes infrastructures et former des ingénieurs et travailleurs aux Etats Unis.
Le fait que toute la production de chips high tech était concentrée au Taïwan – que la Chine veut envahir – a créé un risque stratégique énorme.
La méthode de Trump est à 100% payante: AMD, Apple etc. sont tous en train d’investir des milliers de milliards pour créer des usines aux Etats Unis. La sur-coût pour les consommateurs est négligeable et baissera avec le temps. Le gain en termes de récupération de compétences, d’emplois et de baisse des coûts sociaux aux Etats est astronomique et va très largement compenser les coûts légèrement plus élevés à la consommation – et ceux-ci sont diminués par la baisse des impôts!
Bref, l’analyse dogmatique et rigide de nombreux libéraux est révoltante et à revoir au plus vite.
NB: les tarifs appliqués à la Suisse sont punitifs et n’ont à mon avis rien à voire avec des considérations économiques. Trump se venge des abrutis anti-Trump dans les médias et la politique Suisse que j’ai toujours trouvés abjects. Le pire, c’est la NZZ, un journal avec une grande visibilité internationale qui souffre d’un dérangement anti-Trump grave et totalement contraire à leur tradition d’une analyse libérale et neutre des événements de la politique étrangère. Il n’y a que la Weltwoche qui n’est pas tombée dans la haine anti-Trump depuis 2016.
Bref, arrêtez avec vos déclarations dogmatiques sur les avantages du libre échange. Il faut inclure bien d’autres considérations.
Ce n’est pas parce qu’on est libéraux qu’on doit supposer que les autres le seraient aussi. Ne soyons pas les capitalistes qui vendent la corde pour nous pendre aux communistes.
Merci pour votre commentaire. Concernant l’immigration, il faut effectivement être aveugle de ne pas voir qu’il y a un problème. Comme les vrais libéraux, nous sommes pour la fin de l’Etat providence et pour un Etat de droit efficace. Et toujours comme les vrais libéraux, nous ne pouvons pas être pour les tarifs douaniers encore moins s’ils sont décidés sur un coup de tête comme vous venez de l’écrire. J’ai défendu Trump des dizaines de fois entre 2016 et 2020 (pas pour ses taxes sur l’acier et l’lu avec les conséquences que l’on sait…) y compris dans les grands médias mais là, j’ai beaucoup de mal à le défendre…
Cordialement,
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29 réponses
Trump a su y faire, on dirait, puisque les pays ayant dealé avec lui se sont pour la plupart réjoui – sur le thème c’est vrai « ça aurait pu être pire ». L’amitié commerciale est donc préservée.
Trump ne fait pas vraiment du protectionnisme, les biens et services continueront de circuler, il rééquilibre sa balance commerciale. Avec une industrie valant 10 % du PIB, il y avait urgence.
Pour tout dire, j’ai jamais compris pourquoi l’Europe n’a pas fait pareil, avec au hasard la Chine, ou d’autres pays qui tondent la laine sur le dos de nos agriculteurs.
Le manque de courage, peut-être ?
Le protectionnisme n’a jamais marché
La balance commerciale peut elle etre déséquilibrée?
Ou bien l’Europe est-elle plus libérale que les EU ?
Libre échange et Protectionnisme. Création de valeur et destruction de valeur. Droit et violence. Bref, le débat sur l’interventionnisme est toujours le même, tant que les parties prenantes mélangeront droit et violence dans leurs actions, il y aura des conflits, des guerres et de la destruction de valeur. Le problème de l’amalgame entre une action non violente comme l’échange libre et intentionnel avec une action étatique fondée sur la violation des droits est au cœur des problèmes de tout temps et le demeurera tant que les parties prenantes le pratiqueront volontairement.
Tout ceci est bien théorique et ignore totalement les taxes et impôts qui en l’occurrence, ont également un poids dans la balance.
La mot « protectionnisme » trahit l’idée sous jacinthe qui devrait être « loyauté des échanges ». Et le problème étant correctement posé, les solutions qui apparaissent sont bien plus intelligentes qu un simple protectionnisme à coup de droits de douane!
Un exemple: faire porter le poids des charges sociales sur la consommation plutôt que sur la production…
Encore un article bien théorique. Où en sont les droits de douane appliqués par chacun des pays ?
Nous en avons parlé plusieurs fois
IL faut admettre que la méthode Trump est quelque peu inhabituelle et qu’elle ne s’encombre pas de procédures superflues. Néanmoins on doit admettre que Trump n’est pas qu’un caractériel , il est aussi un homme intelligent dont les méthodes surprennent et que par voie ( voix aussi) de conséquences il réalisera les effets désastreux de l’extrême . Il est donc vraisemblable que lorsqu’il mesurera la hausse rapide de l’inflation ( conjugaison des taxes nouvelles et de la chute volontaire du dollar) et la détérioration des relations avec les pays européens dont il a tant besoin , qu’il reviendra en arrière au motif d’une suprématie retrouvée.
Espérons qu’il reviendra en arrière
Avec le recul, la prévision est en passe de se réaliser que très partiellement pour autant il chamboule le monde d’hier pour créer un monde partagé entre quelques puissances, au dépend de toutes les autres.
C’est en tout cas un fort recul du cet ancien monde libéral alors même que certain ne le voyait déjà pas assez libéral.
le libre échange est une excellente chose SI toutefois il n’est pas faussé par des combines idiotes sur la valeur respective et relative des monnaies
Or la Chine ne joue pas le jeu ; sa monnaie est sous évaluée , certains disent de moitié (: le yuan devrait valoir deux fois plus de dollars ou d’euros qu’à ce jour )
cela pose un problème de compétitivité majeure de meme si les les pouvoirs publics chinois subventionnent les entreprises chinoises.
En quoi cela engage les consommateurs si les chinois baissent les prix en appauvrissant les chinois?
Le terme protectionniste appliqué à Trump est très mal choisi. Il correspond plus à une caricature rhétorique qu’à une analyse sérieuse. Son approche n’est pas la fermeture, mais la re-négociation des règles du commerce mondial pour les rendre plus favorables aux États-Unis. Trump parle de “fair trade”, pas de “protectionism”, et énonce des accords déséquilibrés (ex. NAFTA, OMC, Chine).Il cherche donc à renégocier les règles du jeu, non à abolir la compétition internationale.
C’est du n’importa quoi ce qu’il fait !
Ses opposants disaient la même chose de Milei.
Wait and see.
Milei n’a pas fait du protectionnisme ! Au contraire
Bien que Milei ait supprimé des barrières commerciales, il a également mis en place des politiques visant à protéger certaines industries locales en difficulté. De plus, ses négociations pour un accord commercial avec les États-Unis, tout en visant la réciprocité, pourraient être interprétées comme une forme de protectionnisme stratégique… Et vu que de toute façon Trump n’est pas un protectionniste… Et l’argentine n’est pas l’Amérique. Il y avait une urgence absolue de libéralisation : hyperinflation chronique, fuite des capitaux, monnaie faible, subventions massives inefficaces et contrôles des changes stricts. Dans ce contexte, toute politique libérale apparaît comme un héroïsme : Milei agit comme un sauveur du pays, mais il s’agit d’une urgence absolue, pas d’un exercice « pur » du libéralisme théorique. certaines mesures nécessitent des compromis, notamment sur la souveraineté nationale, les tarifs temporaires pour protéger certaines industries stratégiques, ou la régulation minimale pour éviter le chaos.
Je vous ai envoyé les dernières données concernant l’économie américaine. Ce sont les Américains qui payent les taxes de Trump. Et ils le montreront lors des élections d emi-mandat.
Attribuer la hausse des prix actuelle uniquement aux tarifs douaniers de Trump est une lecture biaisée et incomplète. Et voir du coté des principaux lourds héritages économiques laissés par l’administration Biden.
Ce sont les entreprises qui le disent !
Bonjour Nicolas Lecaussin.
Le libre-échange n’a jamais été une religion : Adam Smith et Bastiat eux-mêmes posaient la condition de la réciprocité. Trump ne détruit pas le commerce, il revient à l’essence du libéralisme : un État garant de la liberté économique de ses citoyens, et non pas soumis à des règles biaisées imposées de l’extérieur. Qualifier sa politique de “n’importe quoi”, c’est refuser de voir qu’elle répond à un problème concret : le dumping chinois, la dépendance stratégique, le déséquilibre du libre-échange.
A ++
Qu’il fasse attention à la Chine surtout concernant le vol de technologie et de brevets, c’est tout à fait normal ! Mais le protectionnisme ce sont les consommateurs qui le payent. Et les les premiers chiffres le confirment ! https://www.wsj.com/opinion/now-we-know-whos-paying-the-tariffs-081f461d?mod=opinion_lead_pos1
Le problème est que les Américains ont porté un maquignon à la tête de leur pays.
Le problème est que le soi-disant maquignon est caricaturé à outrance pour des raisons purement idéologiques. Les critiques “protectionnisme = n’importe quoi” sont idéologiques et ignorent le contexte réel : déséquilibre mondial, inflation, endettement et bureaucratie qui étouffent les plus petits.
Le problème aux États-Unis c’est le socialisme, pas Trump ! Avec entre autre la Californie.
Sur-régulation :
Licences obligatoires pour presque tout (coiffeur, chauffeur, vendeur de produits artisanaux…).
Normes environnementales et sociales démesurées.
Fiscalité étouffante :
Impôt sur les sociétés + impôt sur le revenu local + charges diverses → décourage l’initiative.
Droit du travail rigide :
La fameuse loi AB5 (2019) a quasiment détruit le travail indépendant (Uber, livreurs, freelance, petits artisans).
Résultat : seuls les grands groupes (Google, Apple, etc.) peuvent supporter ces contraintes grâce à leurs armées de juristes.
Les petits, eux, ferment ou partent au Texas, en Floride ou au Nevada → fuite des cerveaux et des capitaux.
A++
A mon humble avis, le protectionnisme trumpien est essentiellement militaro-stratégique. Sans base industrielle civile domestique minimale, la puissance militaire industrielle est affaiblie. En outre, l’industrie permet de maintenir un vivier démographique et culturel apte à soutenir cette ambition. Trump essaye d’ailleurs de limiter l’effet inflationniste des droits douaniers en baissant les impôts domestiques, les contraintes bureaucratiques et le coût de l’énergie. Et si Trump lui-même se fait des illusions économiques sur le sujet, je pense que ceux qui le soutiennent regardent plutôt l’aspect miliatro-stratégique que l’aspect mercantiliste.
Je suis libéral / libertarien parce que les analyses des grands penseurs libéraux ont toujours été intelligents, cohérents et basés sur l’observation de la réalité plutôt qu’un dogmatisme idéologique.
Depuis 15 à 20 ans, je constate l’émergence d’un dogmatisme pseudo-libéral où on se base sur des observations du passé pour en tirer des conclusions universelles irréfléchies pour le présent.
L’exemple le plus flagrant concerne évidemment l’immigration: selon le dogme, toute immigration est positive, sans différencier entre immigration légale et illégale et les problèmes culturels et idéologiques. Toute l’analyse est finalement basée sur l’immigration essentiellement Européenne vers les Etats Unis et la migration de personnes hautement qualifiées du monde entier.
L’un des plus grands défenseurs de frontières totalement ouvertes a toujours été mon vieil ami Prof. Ken Schoolland. Quand on était en Inde, les étudiants Indians lui faisaient remarquer que l’immigration de clandestins Bangladeshi était tout sauf souhaitable pour les habitants de l’Inde. Je lui ai fait part des problèmes avec l’immigration observés en Suisse:
– valeurs étatistes / socialistes importées par des migrants de l’UE qui font tout pour détruire les valeurs Suisses qui étaient pourtant la raison de leur immigration
– problèmes de culture, avec la non-intégration de certains groupes même en 2ème et 3ème génération
– forte criminalité liée à ces valeurs culturelles
– volonté d’imposer leur culture par la force
C’est juste hallucinant le nombre d’immigrés Français, Allemands etc. qui sont super contents de gagner 3 à 4 fois plus en payant 2x moins d’impôts qui votent pour des partis de gauche dès qu’ils ont obtenu le passeport Suisse et qui demandent « la gratuité des soins » etc. Bref, ils veulent reproduire tout ce qui les a poussé à quitter leur pays d’origine.
C’est pour ça que je maintiens que toute société libérale et capitaliste doit être extrêmement restrictive concernant le droit d’immigration. Il faut un gate-keeping très strict. Même si un jour on avait une société anarcho-capitaliste, cette société devraient assurer que la sécurité des habitants est garantie, comme toute maison qui contient des valeurs doit se protéger contre les voleurs et toute société doit défendre ses enfants et ses femmes contre les prédateurs sexuels, ce que manifestement de nombreux pays occidentaux ne sont plus en mesure d’assurer.
Plus l’écart économique est grand, plus il va attirer des parasites. On doit à tout prix éviter d’importer des Musulmans, Communistes et Nazis (ok, je me répète) qui cherchent toujours à imposer leur idéologie.
Milton Friedman voyait la solution dans l’abolition des systèmes sociaux qui rendaient l’immigration parasitaire et non qualifiée très attractive. C’est sans doute un facteur, mais ce n’est pas tout. La différence économique est souvent telle que même une vie de pauvre, dans un pays occidental, est largement préférable à la vie de classe moyenne dans un pays du 3er monde. Il y a environ 2 à 3 milliards de personnes dans ce monde qui voudraient migrer vers un pays occidental s’ils en avaient la possibilité.
Je viens de voir une émission qui documente des Indiens illégaux déportés par Trump qui ont fait pleurer leurs familles qui disaient qu’ils avaient investi jusqu’à $50’000 pour financer la migration – illégale – d’un des leurs. En Afrique, ils sont souvent sponsorisés par des villages entiers. C’est assez hallucinant qu’ils pensent que c’est plus profitable que d’investir ces sommes colossales dans l’économie locale. Le bénéfice espéré est basée sur une combinaison d’avantages offerts par les Etats occidentaux, un travail légal ou illégal et des activités criminelles.
D’autre part, j’ai constaté que même quand on ne veut pas appliquer une politique identitaire – que je trouve toujours révoltante – les migrants, eux, vont importer leurs valeurs identitaires. Il faudrait donc préférer des immigrés qui sont ouvertement opposés aux valeurs identitaires pour ne pas se retrouver avec une société avec des conflicts racistes, éthniques et religieux, chose quasiment absente en Suisse avant les années 1990 – malgré la présence de nombreux gauchistes Suisses déjà très racistes « antiracistes ». Leur idéologie ne trouvait simplement pas preneur.
Maintenant nous avons des démonstrations genre BLM à Lausanne en l’honneur d’un petit con de voleur de scooter qui s’est tué tout seul. C’est une dégradation catastrophique de l’état de droit si la police ne peut plus appliquer les mêmes règles à tout le monde et qu’on devrait quasiment permettre aux membres de certains groupes identitaires de commettre des crimes pour éviter des émeutes. Ce sont des gens qu’on ne peut pas tolérer. Déportation immédiate – en leur retirant le passeport Suisse, s’ils l’avaient obtenu sous prétexte d’être intégrés, ce qui n’est manifestement pas le cas.
Maintenant concernant les tarifs douaniers et le commerce international:
– les principes économiques sont extrêmement claires, le commerce représente une division du travail et un échange de ressources favorable à tous les participants; moins il y a de barrières aux échanges, mieux c’est
– Trump s’était d’ailleurs prononcé en faveur de tarifs zéro au niveau mondial, en 2018. Il comprend parfaitement les principes économiques, inutile de lui faire la leçon; il ne commet pas d’erreur, il a choisi de changer de méthode; ça me fait toujours rire qu’il y ait des gens qui pensent qu’il serait « trop bête pour comprendre ». Il a gagné des milliards sur un marché extrêmement complexe – faudrait en tenir compte pour ne passer pour un idiot à chaque fois que ses méthodes fonctionnent…
Le mercantilisme, c’est l’exportation de biens et de services pour obtenir du capital financier. Adam Smith avait parfaitement démontré que c’était une politique idiote. Aujourd’hui, on commet une autre erreur: On a transféré des compétences et du capital financier vers des pays pauvres pour échapper aux syndicats et aux impôts excessifs dans les pays occidentaux, au détriment des pays occidentaux. Même si nous pouvons acheter des produits moins chers, nous nous retrouvons avec un énorme coût social et économique à long terme qui dépasse très, très largement l’économie réalisée avec l’importation de produits bon marchés et on a surtout enrichi des pays ouvertement hostiles qui, eux, sont ultra-protectionnistes.
Ce n’était pas une nécessité, comme le démontre la Suisse: en appliquant des impôts comparativement bas (32 à 35% du PIB, déjà bien trop, mais la moitié des grands pays de l’UE) et sans pouvoir réel des syndicats, elle a réussi à maintenir son activité industrielle à 25% du PIB et sa position de leader mondial de l’innovation.
Ce que Trump est en train de faire n’a aucun rapport avec du protectionnisme: il a simplement compris qu’il fallait ramener de la capicité productive aux Etats Unis et d’utiliser prioritairement des ressources locales, tout en arrêtant de subventionner des pays hostiles.
Et ça marche à fond!
Un des arguments les plus ridicules contre ces efforts de Trump, c’est: « On ne peut pas produire des iPhones aux Etats Unis, il n’y a pas les compétences et l’infrastructure ».
Sauf qu’il n’y avait aucune capacité à produire des iPhones en Chine, il y a 15 ans! Apple a formé des dizaines de milliers d’ingénieurs et de travailleurs en Chine tout en investissant des centaines de milliards dans les infrastructures. Tout ça pour économiser environ $20 à $50 sur l’assemblage d’un iPhone en Chine.
Bien évidemment ils peuvent construire les mêmes infrastructures et former des ingénieurs et travailleurs aux Etats Unis.
Le fait que toute la production de chips high tech était concentrée au Taïwan – que la Chine veut envahir – a créé un risque stratégique énorme.
La méthode de Trump est à 100% payante: AMD, Apple etc. sont tous en train d’investir des milliers de milliards pour créer des usines aux Etats Unis. La sur-coût pour les consommateurs est négligeable et baissera avec le temps. Le gain en termes de récupération de compétences, d’emplois et de baisse des coûts sociaux aux Etats est astronomique et va très largement compenser les coûts légèrement plus élevés à la consommation – et ceux-ci sont diminués par la baisse des impôts!
Bref, l’analyse dogmatique et rigide de nombreux libéraux est révoltante et à revoir au plus vite.
NB: les tarifs appliqués à la Suisse sont punitifs et n’ont à mon avis rien à voire avec des considérations économiques. Trump se venge des abrutis anti-Trump dans les médias et la politique Suisse que j’ai toujours trouvés abjects. Le pire, c’est la NZZ, un journal avec une grande visibilité internationale qui souffre d’un dérangement anti-Trump grave et totalement contraire à leur tradition d’une analyse libérale et neutre des événements de la politique étrangère. Il n’y a que la Weltwoche qui n’est pas tombée dans la haine anti-Trump depuis 2016.
Bref, arrêtez avec vos déclarations dogmatiques sur les avantages du libre échange. Il faut inclure bien d’autres considérations.
Ce n’est pas parce qu’on est libéraux qu’on doit supposer que les autres le seraient aussi. Ne soyons pas les capitalistes qui vendent la corde pour nous pendre aux communistes.
Merci pour votre commentaire. Concernant l’immigration, il faut effectivement être aveugle de ne pas voir qu’il y a un problème. Comme les vrais libéraux, nous sommes pour la fin de l’Etat providence et pour un Etat de droit efficace. Et toujours comme les vrais libéraux, nous ne pouvons pas être pour les tarifs douaniers encore moins s’ils sont décidés sur un coup de tête comme vous venez de l’écrire. J’ai défendu Trump des dizaines de fois entre 2016 et 2020 (pas pour ses taxes sur l’acier et l’lu avec les conséquences que l’on sait…) y compris dans les grands médias mais là, j’ai beaucoup de mal à le défendre…
Cordialement,