Journal d'actualité libéral
|
dimanche 10 mai 2026

Accord Etats-Unis/U.E. : victoire de Donald Trump ou défaite pour le consommateur américain ?

Temps de lecture : 2 minutes

Contrairement aux réactions outrées des hommes politiques français, le brouillon d’accord commercial ne constitue pas un triomphe pour les Etats-Unis.

La classe politique française et la presse à l’unisson ont tancé l’Union européenne pour avoir courbé l’échine face à un Donald Trump brutal, mais triomphant. Alors, nous dit-on, qu’il eût fallu que l’UE lançât une « guerre commerciale », le président américain ne connaissant que les rapports de force.

Rappelons quelques chiffres afin de poser les enjeux : 14.700 entreprises françaises environ ont exporté outre-Atlantique pour 48,6 milliards d’euros de biens en 2024 ; les Etats-Unis sont le second client des Français après l’Allemagne ; 1/5e des exportations européennes se dirigent vers les Etats-Unis.

« L’accord » conclu entre Donald Trump et Ursula von der Layen le 27 juillet serait à l’avantage des Etats-Unis puisque les droits de douane non réciproques seront dorénavant en moyenne de 15 % sur les exportations communautaires, au lieu d’une moyenne inférieure à 5 % encore l’année dernière. De plus, l’UE achètera de l’énergie américaine pour 750 milliards de dollars et elle opérera des investissements supplémentaires outre-Atlantique pour 600 milliards.

François Bayrou a parlé le 28 juillet sur X d’un « jour sombre » et d’une « soumission ». La veille, sur le même média, les extrêmes ont mis en cause sans surprise, mais surtout sans cohérence, la « mondialisation » (Marine Le Pen) ou le libéralisme comme « mauvaise blague » (Jean-Luc Mélenchon).

Il faut donc mettre les choses au point.

  • Aucun accord n’a été signé le 27 juillet ; le flou règne sur de nombreux points qui feront l’objet de précisions et/ou de négociations ultérieures.
  • Donald Trump a entendu conclure des accords commerciaux sur la base d’une loi de 1977 relative à l’urgence économique dont la constitutionnalité se trouve actuellement querellée devant la Cour suprême, ce qui laisse peser beaucoup d’incertitudes sur le devenir des accords actuels et futurs.
  • Donald Trump n’a obtenu aucun « investissement supplémentaire » sur le sol américain puisque l’UE a lancé un chiffre invérifiable et qui repose sur une activité pour l’essentiel privée sur laquelle elle n’a pas de prise (et encore heureux !).
  • La prétendue victoire de Donald Trump et de son ego masque mal la défaite du consommateur américain, victime en dernier lieu de la hausse des droits de douane selon une loi économique gravée dans le marbre dès le XVIIIe siècle et au sujet de laquelle Frédéric Bastiat, au milieu du siècle suivant, a beaucoup écrit.
  • L’Europe n’a pas les moyens de faire une « guerre commerciale » aux Etats-Unis pour la simple et bonne raison que ces derniers constituent la première puissance économique et… militaire au monde, point qu’il n’est pas inutile de rappeler au regard de la guerre russo-ukrainienne.
  • En tout état de cause, une guerre commerciale est un non-sens économique.
  • Enfin, et ce point est trop rarement souligné, le protectionnisme, fût-il « intelligent » ou « patriote », est ni plus ni moins une violation des droits de l’homme puisqu’il interdit aux individus d’échanger librement ou, à tout le moins, qu’il leur met des bâtons dans les roues (voir les pages merveilleuses de Frédéric Bastiat à ce titre). En poussant à de telles mesures, un État sort de ses limites.

Recevez Contrepoints, le journal d'actualité libéral

Abonnez-vous gratuitement à notre journal d’actualité libéral. Recevez tous les matins une analyse libérale de l’actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs.


7 réponses

  1. Vous ne commentez pas l’engagement d’achat de $750 milliards sur 3 ans de petrole et surtout de gaz naturel que l’Europe devra regazeifier sans avoir la logistique necessaire.
    Ni l’engagement d’achat d’equipements militaires.
    En fait, cet accord beneficie largement à l’Allemagne, qui de fait a le leadership europeen .
    Certes beaucoup reste à negocier et Trump garde le controle de la suite.
    Pour une simple et bonne raison, l’Europe exporte vers les EU le double de ce qu’elle importe.

    1. Pour comprendre le comportement de Donald TRUMP, il suffit de lire le « petit traité de manipulation à l’intention, des honnêtes gens. »
      C’est un joueur de poker, mais il n’y a aucune stratégie à court, moyen, long terme, car il ne sait pas jouer aux échecs.
      Les Canadiens et les Chinois lui ont cloué le bec.
      Qu’attendons-nous pour faire de même ?

  2. Les droits de douanes UE vers US sont quasiment 50% des droits de douanes US vers UE…
    Vous évoquez Bastiat, parlez de « protectionnisme », si les US sont en train de faire du « protectionnisme », qu’en est il de l’UE depuis des dizaines d’années ?

  3. La prétendue victoire de Donald Trump et de son ego masque mal la défaite du consommateur américain.
    Et l’espérée créations d’emplois pour ses électeurs « clés » sera, parait il, difficile par pénuries de compétences.
    Enfin, le déficit commercial américain est d’abord du à l’énorme création monétaire liée aux abyssaux déficits budgétaires …
    Le vrai challenge pour les européens est de moins financer ce déficit en rapportant aux USA les $ gagnés pour acheter la dette et de mieux financer la création d’emplois, notamment industriels. (Cf Olivier Lluansi).

  4. Cet accord (ou les bases de cet accord) est un non-sens notamment au regard des objectifs de l’UE puisque cette dernière veux décarboner, sauver la planète, augmenter le mix énergétique, …, bref, tout le blabla habituel, sauf que, là, comment allons nous faire ? Le gaz de schiste (puisque le GNL US est du gaz de schiste et rien d’autre) est incompatible avec toutes les vertus écolo-bobo-mortifères dont se parent l’Europe (pour le moins UVDL)… à moins que le plan est peut être d’affaiblir encore un peu plus toute l’Europe… nous mettre les 2 genoux à terre pour faire plaisir à tonton Sam…

  5. D’abord il ne s’agit pas d’un accord , seulement de bases car UVDL na pas pouvoir pour négocier au nom de la France , elle se doit , comme pour les autres pays membres d’obtenir la ratification de ce qu’elle dit avoir négocié . Pour preuve , les accords de Mercosur signée encore par cette ignorante illuminée ne sont pas encore ratifiés par les etats membres de l’UE.
    Enfin , nous allons assister à l’implosion de l’Europe dont les membres se déchireront sur les budgets Défense. N’oublions pas que l’Allemagne , l’élève exemplaire a commandé des F 15 aux USA mais pas à Dassault . Pourtant le Rafale est bien non ?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Contrepoints – Le média libéral de l’IREF

L’IREF (Institut de Recherches Économiques et Fiscales) est une association indépendante, sans but lucratif, financée uniquement par des dons privés.

Faites un don et soutenez un journal 100 % libre, libéral et sans subvention publique.