Il ne se passera donc rien avant les prochaines élections, législatives ou présidentielle. Le gouvernement Lecornu II s’enfoncera lui aussi dans l’immobilisme et la présidence Macron se clora à la suite de longues années perdues pour notre pays. Pendant ce temps, les ambitions s’aiguisent. Entre les extrémistes sans programme réaliste, d’une part, et les candidats déclarés sans programme du tout hormis le fait d’être élu, d’autre part, il y aura comme à chaque élection suprême peu de candidats pour porter un vrai projet de rupture.
La condition préalable pour réformer
La condition préalable, c’est de s’intéresser aux fonctions de l’État. Ce dernier doit-il ou non remplir telle ou telle tâche ? S’il ne doit pas le faire, il faut qu’il cède la place à la société civile, qui comprend, rappelons-le, non seulement la sphère marchande, mais aussi, on l’oublie trop souvent, la sphère non marchande. En revanche, si l’État doit remplir une tâche, il lui revient d’abord de déterminer si elle peut être déléguée au secteur privé et, dans le cas contraire, il convient de donner à la puissance publique les moyens de la remplir et ce, au meilleur coût pour les contribuables. Autrement dit, la condition préalable est de respecter le principe de subsidiarité.
Une condition nécessaire mais insuffisante
Si cette condition est déterminante, elle n’est cependant pas suffisante pour que notre pays sorte du déclin après un demi-siècle ininterrompu de déficit public et 45 ans de croissance de la dette. En effet, les élections se jouent en France non pas à deux, mais à trois tours, du moins lorsque la gauche perd. Au surplus des deux dimanches de vote aux élections générales et présidentielle, s’ajoute le fameux « troisième tour social » qui guette tout impétrant de droite ou du centre. Après quelques semaines de répit, la « gréviculture » s’organise, qui pour combattre la « casse sociale » et « l’austérité », qui pour augmenter les traitements et salaires, qui pour conserver ou accroître ses petits privilèges et autres subventions. Or, tout à savourer leur victoire, la droite et le centre ne se préparent jamais à cette situation qui s’abat pourtant sur eux de manière implacable comme la vérole sur le bas clergé.
Le grand économiste Frédéric Bastiat stigmatisait dans la seconde moitié des années 1840 ceux qu’il appelait les « enrayeurs », c’est-à-dire ceux qui mettaient des obstacles à la circulation des marchandises. On peut reprendre le terme et l’appliquer plus largement à tous ceux qui, inéluctablement, tenteront de s’opposer à la fin du statu quo, nonobstant leur appellation de « progressistes ». Nous en dénombrerons quatre catégories principales.
Les quatre grandes catégories d’« enrayeurs »
La première catégorie d’« enrayeurs » qui vient à l’esprit est évidemment celle des syndicats de salariés. Aussi revendicatifs que peu représentatifs (moins d’un fonctionnaire sur cinq, bien moins d’un salarié sur dix), ils sont systématiquement associés à la « démocratie sociale », si ce n’est que la plupart d’entre eux freinent des quatre fers devant toute réforme, fût-elle infinitésimale, et que même les plus « réformistes » d’entre eux ne se distinguent pas toujours par leur ouverture d’esprit. Autrement dit, on entend consulter et parfois associer à des réformes ceux-là même qui n’en veulent jamais !
La seconde catégorie concerne l’enseignement, du primaire au supérieur. L’Instruction publique est devenue, ce qui est loin d’être anodin, Education nationale. Pourtant plus performant, ce qui n’est pas très compliqué il est vrai, moins cher, et évidemment moins sujet à la « gréviculture » et à la violence, le secteur privé est plébiscité par les parents (même de gauche d’ailleurs…), mais il reçoit la portion congrue et il se trouve légalement bridé dans son développement. Quant à l’enseignement supérieur, les universités sont par définition publiques et elles bénéficient du monopole de la collation des grades depuis une loi républicaine de 1880 qui est revenue seulement cinq ans après sur une loi pourtant incomplète de libéralisation. Le secteur public forme, mais mal ; il instille dans la jeunesse des idées qui, sous couvert de « progressisme » se traduisent dans les faits non seulement par du radicalisme (rejet de la famille et de la propriété privée tout particulièrement), mais encore, et de manière paradoxale, par un fort immobilisme.
La troisième catégorie est celle des médias publics de la radio et de la télévision. L’entre-soi de gauche, et parfois du gauchisme, pollue les esprits quotidiennement aux frais des contribuables, et il n’y a pas eu besoin des derniers psychodrames de Radio France pour s’en convaincre. Le chiffre est aujourd’hui bien connu : 4 milliards d’euros chaque année afin de déverser au mieux de la social-démocratie, au pis du crypto-marxisme, sur les antennes. Mal informés après avoir été mal instruits, beaucoup de Français nagent dans l’ignorance et ils sont devenus les proies des hommes politiques les moins scrupuleux.
Enfin, la dernière catégorie est celle des associations, plus exactement celle de toutes les fausses associations, celles qui sont plus lucratives sans but qu’à but non lucratif. Faux-nez de l’État, elles vivent, totalement ou partiellement, sur fonds publics (d’un montant indéterminé tant les aides s’empilent, mais on parle de plus de 20 milliards d’euros annuellement), alors que, organismes de droit privé appartenant comme tels à la sphère de la société civile, elles ne devraient bénéficier que de la générosité spontanée des particuliers et des entreprises privées.
Les grandes réformes à mener en conséquence
L’ensemble de ces « enrayeurs » doit être mis au pas avec quelques règles simples qui s’inscriraient dans le cadre d’une réforme globale du pays, dictée par la réduction drastique des dépenses publiques et des impôts : liberté de l’enseignement, du primaire au supérieur, avec l’instauration d’un bon d’éducation ou voucher attribué à tous les parents et utilisable dans toute école de leur choix, et avec la possibilité de créer des écoles ou des universités de plein nom ; privatisation de l’ensemble du secteur public de l’audiovisuel ou de sa quasi-intégralité et la liberté laissée aux opérateurs privés de se concurrencer sans interventionnisme de l’Etat ; fin du financement public ou obligatoire aux frais des entreprises des syndicats, lesquels, dès lors, deviendraient ce qu’ils n’auraient jamais dû cesser d’être : des fournisseurs de services à leurs adhérents, et non des officines de partis politiques ; enfin, suppression des aides publiques, directes ou détournées, aux associations.
Un tel programme ferait coup double. Non seulement il jugulerait les « enrayeurs » qui, aux frais des contribuables pour l’essentiel, s’opposent aux réformes et font régner, comme le disaient Milton et Rose Friedman, la tyrannie du statu quo, mais encore il permettrait de faire de substantielles économies, de l’ordre de plusieurs dizaines de milliards d’euros chaque année, au moment même où nos gouvernants successifs sont incapables d’en réaliser.
12 réponses
Merci pour ce belle article très réaliste de l’état de notre société, j’ai 64 ans et ça me fait mal de voir mon pays sombrer dans la médiocrité et l’ignorance avec ce conservatisme de nos dirigeants. Pour une future avancée politique il faudrait ouvrir le pouvoir à d’autres personnes que ce petit monde de nantis qui hormis garder leurs privilèges ne connaissent rien à la situation dramatique à tout niveau de notre France. Je me prend encore à rêver ou des vrais personnes pourraient un jour monter un parti lucide, mais quand ?
Ce n’est pas aidant de prendre le vocabulaire des ennemis. C’est n’est pas un « troisième tour social » . C’est le coup d’Etat socialiste permanent . Coup d Etat auquel cèdent tous les pouvoirs élus dès qu’ils tentent de s’attaquer à la mafia d Etat ou simplement de freiner sa croissance et son appétit jamais rassasié. Le terme mafia n’est pas usurpé . Se débarrasser d’une mafia n’est pas chose aisée . Déjà commencer par accepter le nom de cette chose , ce serait un début .
Enfin !
Enfin quelqu’un qui a su exprimer clairement les priorités qui, à force d’efforts de ce type, finiront par devenir des évidences.
Je vois briller une toute petite lueur d’espoir tout au fond d’un puits abyssal de bêtises.
Entretenons la.
Cher (probablement cousin ) je serais assez partisan de transformer cette petite lueur d’espoir en un incendie gigantesque . Ces dindons, nos ministres et politiciens qui se baladent comme des paons , jacassent comme des pies et réfléchissent comme des ânes ne méritent qu’une chose , connaître ce qu’ils font subir aux français. Il faut qu’on les descende de leur nuage qu’ils mettent les deux pieds dans la boue , les deux mains dans le cambouis , en clair qu’ils travaillent comme chacun de nous et comprennent l’impudence de leur comportement qui n’est autre que le triste résultat d’une totale incompétence.
bien d’accord avec cela ! il faut le réaliser dans les 100 jours
En 1.958 cela a été le cas et en plus ils ont changé la constitution
Tout cela est bel et bien beau … mais quel président, même élu avec une très confortable majorité et quel gouvernement, même soutenu par une majorité absolue, pourrait espérer appliquer ce court programme face à une rue corrompue par 50 ans de cadeaux ? Face à la rue, le plus solide des gouvernements n’obtiendra pas le soutien de l’armée pour tenir l’espace public. Cette bataille est politiquement perdue. Seul la mise au pas de l’Etat par nos créanciers peut sauver le pays … et il est fort à craindre qu’à ce moment là le peuple ne sache comment exprimer sa colère autrement qu’en lynchant ceux qui auront malgré eux donné à croire qu’ils ont une quelconque responsabilité dans cette situation.
Bonne analyse mais parmi les forces d’immobilisme vous en oubliez une très puissante, les juges, nationaux et supranationaux, souvent alliés objectifs de la non moins puissante Commission européenne…Bonne chance dans un tel contexte à ceux qui voudront réformer. Il faudra une vision face aux carences nationales et de Bruxelles, qui devra être ne vous en déplaise, souverainiste, car il faut non sortir de l’UE mais mettre en oeuvre une politique nationale et européenne qui défendent les intérêts des peuples d’Europe, c’est-à-dire favorisent la compétitivité et la croissance et non l’empilement des normes que nos concurrents eux, n’ont pas à respecter ! Il faudra pour défendre nos intérêts avoir recours aux référendums sur des points essentiels tels que la hiérarchie des normes, le « recentrage » du Conseil Constitutionnel sur le seul respect de la Constitution stricto sensu (hors « bloc de constitutionnalité), le contrôle de nos frontières et la liste est longue. Il faudra surtout du courage, ce qui manque à nos « dirigeants » depuis POMPIDOU, et une grande capacité à expliquer de manière ce que l’on fait : une vision qui nous permette de renouer avec une croissance économique fondée sur la production et non sur des aides et sur la seule consommation, un message et surtout du courage dans l’action, bref une l’avènement d’une ère à caractère thatchérien !
@Philippe Et pourquoi pensez vous qu’une strate supérieure européenne défendrait les peuples européens ? Pourquoi un tel prodige alors que la plupart des décisions de Bruxelles vont justement vers notre asservissement plutôt que vers notre liberté ? Pourquoi , alors que cette strate n’est même pas élue mais nommée (les commissaires sont nommés , le parlement européen n’a aucune force de proposition)
Bonjour. Il ne me semble pas exact de dire que le parlement européen n’a aucune force de proposition. Bien au contraire. Par exemple, l’interdiction des moteurs thermiques en 2035 émane bien du parlement européen : si je ne me trompe pas, c’est même une initiative française par l’eurodéputé Canfin, issu de la sphère écologiste (WWF).
Le problème du parlement européen et de l’approche française de son appartenance à l’UE en général c’est que nos amis Allemands y envoient de bons éléments et surtout avec la mission de promouvoir les intérêts de l’Allemagne, alors que la France y envoie des médiocres (ledit Canfin l’écolo perfide) et des « déchets » à recycler (le lamentable Breton) ou des copains « méritants » mais parfaitement inaptes voire imbéciles (l’ado simplet pas fini Séjourné) qui n’ont que faire des intérêts de leur propre pays. Un exemple en est la « régulation » du marché de l’électricité qui a organisé la destruction du système électrique français.
Excellente journée !
Bonjour Albatros : cette proposition fait partie du Green Deal de 2019 , Green Deal lancé par la Commission . Cela n’émane donc pas du Parlement , mais a bien pour origine la Commission , dans le cadre du Green Deal de 2019 . Le parlement l’a (évidemment voté joyeusement le 15 / 01 / 2020 par 67,6% pour ) . Le parlement n’est qu’une chambre d’enregistrement , une bonne brochette de godillots .
Il suffit de reprendre la stratégie de M Thatcher qui a parfaitement réussi a réduire très nettement le pouvoir syndical en faisant rapidement voter des lois encadrant strictement le droit de greve……des lors les syndicats ont été très durement pénalisé malgré des affrontements fort violents!!!!
Ou voyez vous une femme ou un homme politique de cette trempe en france?????
Bonsoir,
Et bien, j’en vois deux… ou plutôt 2 et demie :
– Marion ;
– Eric secondé dans l’ombre par Sarah… ou inversement. Reste à savoir si Sarah souhaite ou non se présenter comme représentante de Reconquête! aux prochaines élections (toutes confondues) ou rester à œuvrer dans l’ombre.
Tout le restant est à expédier d’urgence au four crématoire.
Bonne soirée.