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dimanche 20 septembre 2026

Bruxelles veut « réveiller » l’épargne des Européens

Temps de lecture : 2 minutes

La douce odeur de la ponction de l’épargne privée s’est discrètement répandue dans le débat public ces derniers jours. Après la députée Olivia Grégoire (Renaissance) qui veut réorienter « une épargne privée existante », c’est au tour d’Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, de qualifier d’épargne « endormie » l’épargne thésaurisée par les ménages européens. Le 27 août, à la Rencontre des Entrepreneurs de France (REF), elle a présenté l’un de ses grands chantiers pour l’Europe : « le financement de notre économie ». Son constat est simple : près de 10 000 milliards d’euros restent aujourd’hui sur des dépôts bancaires (soit 70 % de l’épargne des ménages dans l’UE), et une importante part de l’épargne européenne est investie hors du continent européen. « L’Europe doit la mettre au service de ses entreprises » a-t-elle affirmé, avant de mentionner l’Union de l’épargne et des investissements (UEI), un projet de l’UE qui pourrait orienter jusqu’à 470 milliards d’euros d’investissements.

L’UEI n’est autre que l’ancêtre de l’Union des marchés des capitaux (UME), lancé en 2014 pour créer un marché unique des capitaux en Europe. Ses résultats sont particulièrement mitigés : environ 20 % de l’épargne en Europe s’exporte chaque année vers des placements jugés plus attractifs à l’étranger, notamment aux États-Unis.

Encore faut-il se demander pourquoi les Européens préfèrent conserver leur épargne sur des comptes bancaires ou investir ailleurs. Ce n’est pas nécessairement parce qu’ils sont incapables de comprendre les vertus du financement des entreprises. C’est en partie aussi parce que les entreprises européennes offrent moins d’opportunités d’investissement, dans un environnement réglementaire et fiscal qui les pénalise. L’UE semble d’ailleurs avoir identifié ce problème : au début de son discours, Mme von der Leyen a affirmé vouloir réduire de 25 % les charges administratives qui pèsent sur les entreprises et de 35 % pour les PME d’ici 2029, notamment en simplifiant les obligations déclaratives et en accélérant certaines procédures d’autorisation. Il aura donc fallu des années d’inflation législative et de sur-réglementation pour que la technocratie européenne découvre que ses normes empêchent les entreprises de se développer.

Mais l’environnement fiscal n’est évidemment pas la seule explication. Un rapport d’information de l’Assemblée nationale, présenté en juillet 2025, a souligné que l’abondante épargne européenne s’explique aussi par des facteurs culturels (aversion au risque, manque de culture économique et financière…) et par la prédominance des systèmes de retraite par répartition, « là où la profondeur des marchés financiers américains repose sur d’importants fonds de pension ».

Plus fondamentalement, la présidente de la Commission européenne semble oublier que ce qu’elle nomme péjorativement épargne « endormie » reste la propriété des ménages, le fruit de leur travail – déjà lourdement taxé dans des pays comme la France – et que la manière dont il est utilisé relève de la seule décision des épargnants eux-mêmes.

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17 réponses

  1. Contrairement à ce que dit Van der Layen, cette épargne n’est pas endormie, elle est soit investie ailleurs dans de meilleures conditions de rendement, sécurité et fiscalité qu’en Europe, soit garée en supposée sécurité dans les banques. Mais elle soigne sa communication, ce qu’elle veut dire en réalité c’est que cette épargne est à portée de ses griffes et qu’elle pourrait très bien être gaspillée par l’Europe, sous son autorité, plutôt que gérée par ses propriétaires. Son message est un avertissement de l’Europe, vos sous seront bientôt les miens. J’aimerais voir un article de l’IREF sur la sécurité des dépôts et placements pour les particuliers en Europe, sécurité face à la rapacité et fiscalité des états, rien à voir avec le banditisme bien sûr. Le débat actuel sur les successions en est un autre symptôme.

  2. « ….l’épargne thésaurisée par les ménages européens. »
    Elle ne craint pas le pléonasme notre Kaiserin !

  3. Ils ont tous de telles dettes qu’ils vont finir par la mettre au frigo l’épargne des Français et des Européens soyez-en certains.

  4. Mais quelle bonne idée de prendre l’épargne de ceux qui ont été prévoyants pour renflouer les caisses vides de l’Etat !! Ils sont devenus fous ?

  5. Margaret Thatcher : « le problème c’est que vient fatalement un moment où on en vient à manquer de l’argent des autres »

  6. Ils veulent voler notre épargne car ils sont incapables de gerer sainement l’économie. Et les épargnants n’ont aucune confiance en cette Europe délétère qui nous ruine et nous oppresse chaque jour un peu plus ….

  7. L épargne des français se situe essentiellement dans l immobilier et la dette
    L epargne réellement liquide ne représente qu un peu plus d 1 000 milliard sur les 6 600 du total

  8. Nos médias pointent souvent les épargnants français se faisant le relais de certains partis politiques mais en fait de nombreux pays européens sont similaires à la France avec un taux d’épargne parfois supérieur ! Une future taxe en marche donc…

  9. Il n’est pas bon d’être prévoyant dans ce pays (pardon «  »l’europe » »).
    Si j’ai une épargne c’est que je suis très regardant sur mes achats et que ma gestion est correcte, ce n’est pas le cas de tous ces «  »gestionnaires » » apparemment! On me reproche, déjà, d’avoir profité des 30 glorieuses, mais je pense que j’y est PARTICIPÉ, en travaillant, sans compter pendant cette période. C’était pas 35 heures, retraites à 60 ans. C’est comme pour les retraites, dès qu’il y a un peu d’argent quelque part, la France (pardon encore, l » »europe » »), se précipite dessus. Ces politiques sont lamentables. Je suis de plus en plus en colère !!!! Entre parenthèses, tous les mauvais coups, pendant les vacances, coïncidences ??

  10. Je comprends dans cet article que les Européens disposent de comptes bancaires qui leur rapportent peu. Ils misent sur la sécurité. Parallèlement, il est de bon ton de vilipender les américains et leur désir de réussite financière. Nous sommes le produit de notre culture. Nos placements sont ceux d’un « bon père de famille ». C’est dans le langage courant… Bref, « on » lorgne depuis longtemps sur notre épargne.

  11. l’argent ne dort jamais, il est investi par les banques meme si les propriétaires n’ont rien placé. Et elle le sait tres bien. il est déjà difficile d’y acceder!
    Ce qui les fait chier c’est que de plus en plus partent et investissement ailleurs qu’en europe. Mais ce qu’elle oublie de dire c’est que ce sont les gens comme elle qui font ca. Nous tout en bas on a même pas les moyens de partir !

  12. L’endormie est plutôt madame Von der Layen. Elle ne connait rien en économie et devrait éviter d’en parler, comme des autres sujets d’ailleurs!

  13. Après la taxe foncière, le racket sur les successions, faut-il s’attendre à la confiscation de l’épargne de précaution … quand ils auront tondu tous les « riches » (c’est-à-dire celles et ceux qui « bossent » et économisent) jusqu’à l’os ? Ils pourront encore augmenter les taxes sur les carburants, la tva etc etc.
    Tout ça pour remplir le tonneau des Danaïdes et continuer à dépenser sans compter

  14. Ou mettre nos économies pour qu’elles soient hors de portée de ces rapaces ? Que faire quand on ne connaît rien en investissement ? On a pas tous des connaissances ou des conseillers….

  15. La von der Leyen est un bel exemple d’ignorance ou de mépris (peut être les deux !) les économies des Européens sont des bien privés, lentement accumulés au fil des ans et recevant une piètre rémunération que les Etats ne manquent jamais de raboter. Alors ne venez pas pleurer sur le manque de disponibilités pour les entreprises, quelles garanties aurions nous de récupérer notre argent en cas de faillite ou même de détournements de quelques voyous ? Cela s’est déjà vu.

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