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vendredi 16 octobre 2026

Budget 2028-2034 : six frugaux contre dix-sept amis de la dépense

Temps de lecture : 2 minutes

Fuite en avant dans les dépenses sans compter, ou réduction et ajustement des priorités ? Tel était le cœur du bras de fer ouvert par le sommet des chefs d’État et de gouvernement, jeudi et vendredi à Bruxelles. Cette première série de négociations, il y en aura beaucoup d’autres avant un accord sur le budget européen 2028-2034, a opposé les « six frugaux » aux « dix-sept amis de la cohésion », ainsi que sont surnommés dans la capitale de l’UE ces deux camps. Le premier, qui compte l’Allemagne, les Pays-Bas, le Danemark, la Suède, la Finlande et l’Autriche, est favorable à une utilisation raisonnable de l’argent public : pas question de financer sans limites des éléphants blancs dans des plans d’investissements discutables sur le plan industriel ou technologique.

Le second, où l’on retrouve la France, regroupe les pays voulant une hausse des dépenses dites communautaires, centrées sur la politique agricole commune et les « fonds de cohésion » au profit des régions les moins riches.

Un débat qui devrait être l’occasion de poser simplement la question de la pertinence des grands plans d’investissements publics. Suffit-il que des États « mettent sur la table » cent milliards, en décidant quelles entreprises et quelles technologies sont appelées à un bel avenir et lesquelles sont sans intérêt, pour que la prospérité suive ? Les « performances » de l’État français depuis le Minitel ou le Bi-Bop devraient inciter à la prudence et à la modestie. À l’inverse, le développement spectaculaire des industries du numérique aux États-Unis ne doit pas grand-chose à des comités gouvernementaux…

Le sommet portait principalement sur la compétitivité, les prix de l’énergie, l’immigration, l’aide à l’Ukraine et le cadre financier pluriannuel 2028-2034, pour lequel la Commission a proposé 2 000 milliards d’euros. Les frugaux demandent des centaines de milliards d’euros de baisse sur cette épure, tandis que la France et ses alliés réclament une hausse.

Par ailleurs, la France et l’Allemagne ont trouvé un accord provisoire visant à préserver l’avenir de l’industrie automobile européenne, avec une ambition réduite sur les mesures environnementales mais un « made in Europe » renforcé. Enfin, l’Union envisage de se doter d’un outil permettant de fermer complètement le marché européen aux exportateurs chinois si Pékin adopte des mesures commerciales agressives à l’encontre des Européens.

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