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jeudi 1 octobre 2026

Dépenses publiques et salaires des fonctionnaires : Jean-Luc Mélenchon raconte des bobards !

Temps de lecture : 3 minutes

« La dépense française de l’État est dans la moyenne européenne, le salaire des fonctionnaires a reculé de six points dans le PIB et la dépense de l’État de sept points en 20 ans. Donc il faut cesser de dire que l’État jette l’argent par les fenêtres. » Voilà les déclarations de Jean-Luc Mélenchon, leader de La France Insoumise, et candidat à l’élection présidentielle de 2027 lors du débat organisé par le MEDEF le 27 août dernier. Autrement dit, un grand mélange de sottises, qui ne fait que renforcer l’amateurisme économique du leader de La France Insoumise.

Première affirmation : la France serait dans la moyenne européenne en matière de dépenses publiques. C’est complètement faux. Selon les chiffres d’Eurostat, en 2025, les dépenses des administrations publiques françaises représentaient 57,2 % du PIB, contre 49,5 % en moyenne dans l’Union européenne à 27 et 49,8 % dans la zone euro. La France dépense donc près de 8 points de PIB de plus que la moyenne européenne. Elle se situe même parmi les pays où la dépense publique est la plus élevée, comme en Finlande (57,5 %). À titre de comparaison, l’Allemagne est à 50,5 %, l’Espagne à 45,3 % et les Pays-Bas à 44,9 %. En 2025, les administrations publiques françaises ont dépensé 1 714 milliards d’euros selon l’INSEE.

On objectera que M. Mélenchon a pris soin de dire « la dépense française de l’État » et non « la dépense publique ». C’est là que réside l’astuce. Prises isolément, les dépenses de l’État ne font effectivement pas de la France une exception : 608 milliards d’euros en 2025, soit 20,6 % du PIB, et 681 milliards, soit 22,7 %, avec les organismes divers d’administration centrale. Mais si ce chiffre paraît raisonnable, c’est pour une raison purement mécanique : en France, l’État ne porte qu’une fraction de la dépense. L’État et ses organismes n’en représentent que 36 %, contre 45 % pour la sécurité sociale et 19 % pour les collectivités locales. Isoler l’État revient donc à retirer du calcul près des deux tiers de la dépense, puis à s’étonner que le reste soit dans la moyenne. C’est soutenir qu’un ménage vit sobrement en ne comptant que ses dépenses de chauffage. Le contribuable, lui, paie l’ensemble.

Il est vrai que la part de l’État dans la dépense publique a diminué. Mais elle a diminué parce que la sécurité sociale et les collectivités ont progressé plus vite que lui, les dépenses locales ayant augmenté de 3,1 points de PIB depuis 1978, pour environ la moitié du fait de transferts de compétences venus de l’État lui-même. Autrement dit, l’État n’a pas dépensé moins : il a déplacé la dépense. En faire une preuve de sobriété budgétaire relève de la prestidigitation, pas de la statistique.

Deuxième affirmation : le « salaire des fonctionnaires » aurait reculé de six points de PIB. Là encore, le chiffre ne résiste pas à la comparaison avec les comptes nationaux et ce qu’indique le RESF. L’indicateur statistique le plus proche est celui des rémunérations des salariés des administrations publiques, qui inclut des salaires mais aussi les cotisations patronales publiques. En 2005, ces rémunérations représentaient environ 13,5 % du PIB. En 2025, elles atteignent 370 milliards d’euros soit environ 12,7 %. La baisse est donc de l’ordre de 0,8 point de PIB, et non de six points. Sur longue période, c’est même l’inverse : hors cotisations de l’État employeur, la masse salariale publique pesait 10,2 % du PIB en 1975 et 10,6 % en 2025.

Troisième affirmation : les dépenses de l’État auraient diminué de sept points de PIB en vingt ans. Là-aussi, c’est une affirmation complètement fausse ! Les dépenses publiques françaises dans leur ensemble représentaient 54,3 % du PIB en 2005, contre 57,3 % en 2025. Sur vingt ans, elles ont donc au contraire augmenté d’environ trois points de PIB, et non diminué de sept. Certes, la période comprend le choc de la crise sanitaire et les années 2020-2022, mais même en prenant 2019 comme point de comparaison, les dépenses publiques atteignaient déjà 55,3 % du PIB, soit un niveau supérieur d’un point de pourcentage par rapport à 2005. En 2005, les dépenses de l’État s’élevaient à environ 388 milliards d’euros. En 2025, elles atteignent 607,7 milliards d’euros, selon les comptes nationaux de l’Insee. Leur progression en valeur est considérable.

Il suffit d’ailleurs de convertir ces prétendues baisses en euros pour en mesurer l’invraisemblance : un point de PIB représente aujourd’hui près de 30 milliards d’euros. Six points de masse salariale en moins, ce serait 180 milliards économisés sur les rémunérations publiques, soit près de la moitié de leur montant. Sept points de dépenses de l’État en moins, ce serait 210 milliards, le tiers du budget de l’État évaporé sans que personne s’en aperçoive.

Ce qui est le plus inquiétant, c’est que Jean-Luc Mélenchon peut dire n’importe quoi. Dans ses meetings et sur les plateaux télé. Et personne ne le reprend.

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24 réponses

  1. Nous savons tous que la propagande insoumise est truffée de bobards comme celle de la marine a voile et de son gendre idéal
    Inutile de lui faire écho

  2. Quand on parle des dépenses sociales (retraites et santé), je m’étonne qu’on ne fasse pas la distinction entre ce qui est financé par les cotisations et ce qui est financé par l’impôt, donc par la dette. On nous en parle toujours comme s’il s’agissait plus ou moins de charité à la discrétion de l’état, alors que les gens cotisent pour cela dans le respect d’une relation supposément contractuelle.

    1. Effectivement normalement la solidarité doit être financer par les impôts et les assurances retraite et santé par les cotisations
      Le mélange des genres est une tradition bien gauloise
      La retraite par répartition repose sur un principe simple les actifs cotisent pour les retraités actuels….il n y a pas de relation contractuelle comme pour la capitalisation où vous investissez pour votre retraite

  3. Mélenchon devrait faire moins de 5% dans les intentions de vote. Ce n’est malheureusement pas le cas, et son s’améliorera encore avec le réflexe du vote utile à gauche. Il bénéficie d’une grande mansuétude de la part des journalistes.

  4. Francis Bacon : Le philosophe anglais a écrit dès 1623 une formule en latin (« audaciter calomniare semper aliquid haeret »), traduite par « Calomniez audacieusement, il en reste toujours quelque chose ».

  5. « Ce qui est le plus inquiétant, c’est que Jean-Luc Mélenchon peut dire n’importe quoi. Dans ses meetings et sur les plateaux télé. Et personne ne le reprend. »

    C’est qu’il est un brillant menteur et que la plupart des autres sont ses complices.

  6. Mélenchon est un ignorant haineux qui bavasse et fait croire qu’il connaît bien le monde du travail mais sans JAMAIS avoir travaillé. Par contre il a fait sa fortune sur le dos les citoyens français imposables. Comme beaucoup dans la politique, il s’entoure de « bien-pensants » qui ont fait de « hautes études » (sans avoir mis les pieds dans des entreprises) et qui sortent leurs idées des livres et des colloques.

  7. Attention de ne pas confondre « dépense de l’État » et « dépense publique ». Ce ne sont pas les mêmes choses. Pour ce qui relève des dépenses de l’État, Mélenchon a raison dans ce qu’il dit. Ce qui n’est pas vrai bien entendu pour les dépenses publiques. Attention a ne pas faire de l’amateurisme économique/administratif, c’est contre-productif.
    Merci

    1. Je trouve votre commentaire curieux , à la limite de l’indécence. N Lecaussin prend , tout au long de sa chronique la peine de le dire et d’expliquer comment Melenchon manipule les chiffres.
      Mais peut être vous aurais je mal lu .

  8. Arrêtez de nous enfumer avec le PIB. Cette référence ne fait que créer de la distorsion et cacher les vrais valeurs. Calculez en euro constant, le PIB n’a rien a voir dans ces comparaisons. Augmenter les fonctionnaires fait monter le PIB, c’est n’importe quoi.

  9. Bonjour, merci de vos envois pertinents.
    je suggère : pourriez-vous rédiger un article listant l’ensemble des bobards, bêtises et arguments négatifs pour la France et les français que raconte régulièrement JL Mélenchon et d’une façon générale la gauche et les écologistes.
    À force d’asséner des vérités fallacieuses, ils gagnent peu à peu des voix.
    En vous remerciant,
    BC

  10. le COMMUNISME melenchoniste et soviétisme dans toute la splendeur des mensonge. La putréfaction mentale de Mélenchon et ses brigades rouges. Bientôt les kolkhoses.

  11. Pour un communiste, la dépense de l’état n’est satisfaisante que lorsque l’état prend le monopole sur la totalité de l’économie. Donc, rien de choquant de la part de Méluche le Mussolini au petit pied.
    Ce qui est choquant, c’est la dérive totalement étatiste de notre centre mou qui a véritablement déplacé le curseur de l’économie dans un socialisme précurseur de la prise de pouvoir de Méluche : non seulement les idiots utiles du socialisme à la Hollande, mais aussi la plupart du spectre politique jusqu’à Retailleau et aux « gaullistes sociaux » à la Xavier Bertrand, qui sont une insulte à ce que fut le gaullisme, sans parler de nos socialistes-nationaux du RN, économiquement incultes.
    S’il y a un barrage à constituer, c’est contre cette tendance morbide au socialisme. J’ai bien peur qu’on n’en prenne pas le chemin.

    1. Vous oubliez notre marine a voile qui roule allègement pour l etatisme aussi
      C est tout le spectre politique français qui est contaminé comme une grande majorité de franchouillards

    2. Enfin un regard lucide sur l’état du paysage politique français qui se trouve, effectivement, aux deux tiers à gauche et prépare, naturellement, depuis 2017 l’accessions de Jean-Luc Mélenchon au pouvoir !

  12. Oui le gros problème est que personne ne le reprend. Les journalistes qui l’interrogent sont soit incompétents, soit complices, ou ont abandonné toute velléité de liberté pour un plat de lentilles. Alors Mélenchon (et toute la gauche avec lui) peut continuer à mentir tranquille. Merci pour votre travail, vous nous donnez des arguments, et vous nous réconfortez. Je me sens moins seule dans ce pays de « service » public de fous . J ai une requête : un tableau comparatif des taux d’imposition sur des pays proches en Europe. Un beau tableau vaut parfois mieux qu’un long discours.

  13. Excellent article comme bien souvent ave Nicolas Lecaussin . il montre hélas également bien d’autres choses que la nullité crasse des LFI ( Le Foutoire Intégrale) , la nullité de touts ceux qui auraient dû lui répondre et qui ne le font pas par simple calcul électoral . Il montre aussi l’incompétence absolue de ceux qui gouvernent et qui ne veulent pour rien au monde lâcher la barre.
    La dernière en date de Lescure , c’est la taxation de l’épargne salariale , même pas honte. La dernière en date de Lemaire , l’école dès l’âge de 1 an . Quant à celle de Lecornu , il s’évertue à construire un budget sans tailler dans les dépenses. Peut être attend il qu’on lui offre une tronçonneuse pour y parvenir . Et pour couronner le tout , le ridicule dont Macron se couvre avec son salon international de l’Espace en absence de tout leader suivi de près par le salon international du jeu video qui fait partie de notre culture . Merci Molière , Descartes, Diderot et Montalembert. qui doivent avoir envie de faire un pamphlet à l’encontre des imbéciles.

  14. Bonjour,

    Il me semble que ,contrairement à ce que vous affirmez, M.Mélenchon a ,à la lettre, raison.

    Simplement, il l’utilise des indicateurs – la masse salariale des fonctionnaires, les dépenses de l’État – qui sont partiels : l’État s’est profondément décentralisé et pas mal démembré avec des agences et organismes publics, et comme vous le faites remarque c’est bien la dépense publique qui compte. Et même quand il agit lui-même, il fait de moins, en moins, il fait de plus en plus appel à des contractuels, qui ne serait-ce que pour les retraites, lui reviennent beaucoup moins cher que des fonctionnaires….

    Cette habileté de la « vérité « qu’on affirme en sachant parfaitement que l’auditeur comprendra autre chose, du fait de son modèle mental ( l’État, c’est toute l’action publique, tous les employés de l’État sont des fonctionnaires, tous les prélèvements sont des impôts…) e bahst devenue la base du discours politique, dans à peu près tous les Partis., pas seulement à LFI

  15. M.Melanchon a très bien compris, comme tous nos gouvernants depuis 50 ans, comment berner le peuple, sans mentir en présentant les choses de manière biaisée. Le plus bel exemple est la présentation de la taxation de l’essence en rapportant la taxe au prix TTC ce qui donne 60% au lieu de la rapporter, comme c’est l’usage, au prix HT ce qui donne la vrai valeur de la taxe: 150%!
    Melanchon maîtrise donc parfaitement la principale qualité pour gouverner…

  16. Cet individu malsain part du principe qu’il a tout les droits puisqu’ on ne lui dit jamais rien, personne ne le reprend, ne le contredit ni ne lui met le nez dans ses mensonges ! Il peut faire et dire tout ce qu’il veut même les pires insanités ! Ses sbires et lui l’ ont bien compris, ils en usent et en abusent autant qu’ils peuvent. La plupart des gens ne cherchent même pas à se renseigner pour vérifier la véracité des paroles. Ce serait un minimum. Trop fatiguant ! Trop chronophage. C’est une des raisons qui fait que ces gens ont un écho. Affligeant !

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