Selon l’Insee, en 2023, la France consacre 2,5 % de son produit intérieur brut aux politiques du marché du travail, soit environ 70 milliards d’euros en valeur nominale. Il s’agit du niveau le plus élevé parmi les pays européens, devant l’Espagne (2,4 %) et le Danemark (2,1 %), et supérieur de 1,0 point à la moyenne européenne, estimée à environ 1,5 % du PIB.
Ces politiques se répartissent en trois grandes catégories. La première concerne le soutien au revenu des personnes privées d’emploi, qui représente 1,7 % du PIB en France en 2023, contre 1,0 % en moyenne européenne. La France se situe ainsi au deuxième rang européen sur ce poste, derrière l’Espagne. Ce soutien inclut notamment l’aide au retour à l’emploi versée par l’Unédic, qui représente à elle seule environ 1,1 % du PIB, ainsi que diverses allocations et transferts sociaux.
La deuxième catégorie correspond aux mesures dites actives, destinées à favoriser le retour à l’emploi par la formation ou l’accompagnement. Elles représentent 0,5 % du PIB en France, contre 0,3 % en moyenne européenne. La France se situe au sixième rang européen (en % du PIB) pour ce type de dépenses. Ces mesures reposent principalement sur la formation professionnelle, qui mobilise à elle seule 0,3 % du PIB, contre environ 0,1 % en moyenne européenne. Entre 2019 et 2023, ces dépenses actives ont augmenté de 7 % en France, notamment sous l’effet du Plan d’investissement dans les compétences, alors qu’elles ont reculé en moyenne de 2 % dans l’Union européenne.
Enfin, les dépenses liées au fonctionnement du service public de l’emploi représentent 0,2 % du PIB en France, un niveau équivalent à la moyenne européenne. Elles couvrent notamment les organismes d’accompagnement et de placement des demandeurs d’emploi, comme France Travail, ainsi que les missions locales et les structures d’insertion.
Rapportées au nombre de personnes sans emploi souhaitant travailler, les dépenses françaises atteignent 2 900 standards de pouvoir d’achat pour les mesures actives, contre 2 300 en moyenne européenne. Pour les mesures de soutien au revenu, ce montant s’élève à 10 600 SPA par personne, soit plus du double de la moyenne européenne, estimée à 4 600 SPA.
Les politiques du marché du travail ont un objectif : celui d’améliorer le fonctionnement global du marché du travail. Toutefois, malgré de grands moyens, le marché du travail reste largement tendu. Entre une économie au ralenti, un soutien au revenu parfois généreux n’incitant pas les personnes à retrouver du travail, une rigidité du marché du travail avec des employeurs qui croulent sous les charges ou encore un Plan d’investissement dans les compétences qui tend à un retour à l’emploi mais qui n’a que peu profité aux peu diplômés et aux métiers en tension, le taux de chômage s’établit toujours à 8,2 %, l’un des niveaux les plus élevés de l’Union européenne, tandis que le taux d’emploi atteint 75,2 %, en dessous de la moyenne européenne.
Finalement, on l’aura compris : la France dépense beaucoup pour son marché du travail. Le problème étant que les résultats ne sont pas, encore une fois, à la hauteur des dépenses.
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