Journal d'actualité libéral
|
mercredi 26 août 2026

Confiance des ménages : les Français s’inquiètent de l’évolution de leur niveau de vie

Temps de lecture : 2 minutes

Les Français n’ont décidément pas le moral. Selon la dernière enquête de conjoncture de l’Insee, publiée le 25 août, l’indicateur de confiance des ménages est toujours aussi bas, à 86, loin de la moyenne de longue période (100 entre janvier 1987 et décembre 2025). Cet indicateur regroupe six soldes d’opinion : niveau de vie passé et futur en France, situation financière personnelle passée et future, chômage, opportunité de faire des achats importants. Pour mesurer ces soldes, l’Insee calcule la différence entre les pourcentages de réponses positives et négatives.

Le chiffre le plus révélateur se trouve peut-être ici : le solde d’opinion sur l’opportunité d’épargner atteint un record historique. Il progresse de deux points en août, après trois points en juillet. Même chose pour la capacité d’épargne : les ménages interrogés affirment être de plus en plus capables d’épargner, aujourd’hui comme à l’avenir, mais sont pessimistes sur l’évolution de leur niveau de vie en France (-62 points en août, contre une moyenne de -29 points).

Ils se disent également de moins en moins enclins à consommer. Le solde d’opinion sur l’opportunité de réaliser des achats importants recule de deux points et reste très inférieur (-39 points en août) à sa moyenne (-16 points). Les Français préfèrent donc mettre leur argent de côté plutôt que le dépenser.

Cette réticence n’est pas sans rapport avec leurs anticipations. Après une amélioration en juillet, les craintes concernant l’inflation sur les douze prochains mois augmentent. Le solde d’opinion gagne ainsi 19 points en août (de -33 à -14 points). Dans le même temps, le solde d’opinion sur l’évolution du chômage repart à la hausse par rapport au mois précédent (de 55 à 58 points), un niveau qui reste largement supérieur à sa moyenne (33 points).

L’Insee n’en tire aucune conclusion sur les causes profondes de cette défiance, mais son enquête dessine un paysage peu réjouissant : lorsque les ménages anticipent une hausse des prix, une dégradation de leur niveau de vie ou davantage de chômage, il est rationnel qu’ils constituent une épargne de précaution. Bien sûr, le fait d’épargner plutôt que de consommer n’est pas un problème en soi, comme le rappelait Erwan Quéinnec dans un précédent article : les individus calculent et anticipent (ce que les politiciens peinent à comprendre), et dans le cas de la France, c’est bien l’avenir juridique et fiscal menaçant qui les pousse, la plupart du temps, à thésauriser.

À moins d’un an de la présidentielle de 2027, ce signal devrait intéresser les candidats : les Français s’inquiètent de leur niveau de vie, de leur situation financière personnelle, ou encore du taux de chômage. Avant de leur promettre toujours plus de taxes et de dépenses publiques, il serait utile de se demander pourquoi ils ont si peu confiance en l’avenir.

Recevez Contrepoints, le journal d'actualité libéral

Abonnez-vous gratuitement à notre journal d’actualité libéral. Recevez tous les matins une analyse libérale de l’actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs.


4 réponses

  1. On s’étonne de cette inquiétude ? La qualité de vie, la sécurité et le niveau de vie baissent tous ensemble, les seules choses qui augmentent sont les impôts et les contraintes. La gouvernance de la France devient une comédie grotesque dirigée par un indifférent. Qu’est-ce qui pourrait bien remonter le moral des Français ? si vous avez une réponse, n’hésitez pas à m’en faire part !

  2. Je suis Française et je m’inquiète surtout pour l’avenir de mes petits-enfants dans cette France qui s’enfonce dans la délinquance, la criminalité, la corruption et tout ce qui va avec.

  3. Lorsque les français épargnent et que simultanément l’intention de réaliser des achats importants diminue, on est typiquement dans la constitution d’une épargne de précaution traduisant une crainte dans son avenir du fait d’indicateurs négatifs tels que inflation, chômage, hausse des impôts, insécurité et conflits extérieurs. La situation budgétaire ne laisse aucune marge de manœuvre au gouvernement, ni aux candidats à la présidentielle. La confiance ne se décrète pas, elle se construit.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Contrepoints – Le média libéral de l’IREF

L’IREF (Institut de Recherches Économiques et Fiscales) est une association indépendante, sans but lucratif, financée uniquement par des dons privés.

Faites un don et soutenez un journal 100 % libre, libéral et sans subvention publique.