Devant la radicalité de Jean-Luc Mélenchon, la gauche et surtout ses candidats, déclarés ou potentiels, à l’élection présidentielle, choisissent la course en avant vers le toujours plus d’État. De son côté, David Lisnard se revendique du libéralisme et constate la fin de l’État providence.
Le 12 août, une spectaculaire éclipse solaire a pu être observée dans presque tout le pays. Mais, problème, il fut difficile de trouver des lunettes de protection, beaucoup de pharmacies ayant été en rupture de stock bien avant le jour J. . L’occasion fut trop bonne à gauche et surtout à la gauche de la gauche pour stigmatiser un État imprévoyant. La candidate écologiste Marine Tondelier (X, 11 août 2026) s’est insurgée contre l’absence de « garantie à tous de l’accès aux lunettes de protection pour observer une éclipse solaire en toute sécurité ». Dès lors, il était porté atteinte à ce « grand moment collectif » – car tout est collectif chez les Verts-rouges-, ce qui était « très symbolique de ce quinquennat d’injustice ». Marine Tondelier va-t-elle bientôt plaider en faveur de l’inscription dans notre Constitution d’un « droit à » l’éclipse solaire ?
L’inénarrable Nathalie Arthaud, candidate pour Lutte ouvrière, a effectué une comparaison à l’avantage des (pourtant) sociaux-traitres socialistes : « 1999 : 30 millions de lunettes gratuites (sic) massivement distribuées pour l’éclipse solaire. 2026 : payantes et en pénurie. » Avant d’ajouter : « Dans le capitalisme, il n’y a pas de petit profit ». Il est effectivement bien connu que les « expériences » communistes se sont toutes traduites par le règne de la gratuité et de l’abondance… mais, point de détail, au profit de la seule nomenklatura.
La solution socialiste : des impôts, des impôts et des impôts
Nous avons souvent souligné combien le programme économique et social de Jérôme Guedj était extrémiste, à l’image de la plupart de ses coreligionnaires. Ce n’est pas la tribune qu’il a fait paraître dans L’Opinion (14-15 août 2026) autour de la question des retraites qui nous fera changer d’avis. Le député socialiste écarte tout d’abord ce qu’il appelle un « réflexe pavlovien » : la désindexation partielle des retraites au-delà d’un seuil arbitraire. En effet, il existe selon lui un « impératif de justice ». Certes, des économies sont nécessaires, mais encore faut-il qu’elles « ne pénalisent pas le pouvoir d’achat des classes moyennes et populaires » (celles, indéterminées en termes de salaires et revenus, qui peuvent voter socialiste…). A lire la phrase qui suit, « l’effort doit être partagé », on s’attend au pire. Car en fait de partage, il s’agit comme de coutume de matraquer fiscalement ceux qui, pour l’essentiel, ne votent pas socialiste : augmentation de la CSG sur les revenus du capital ; prélèvements accrus sur les « successions et héritages les plus importants, leviers incontournables » pour financer la solidarité nationale ; enfin, « contribution sur la valeur ajoutée technologique », qui vise l’IA, à l’image de la taxe sur les robots souhaitée depuis longtemps par certains socialistes (évidemment une taxe sur les robots ou sur l’IA frappera des êtres de chair et d’os parce que, selon la formule consacrée, quand on met une taxe sur les vaches, ce ne sont pas les vaches qui payent l’impôt…).
L’écologie politique comme machine à taxer
La concurrence est décidément rude pour grever d’impôt la bête de somme qu’est le contribuable. Là, nous redonnons la parole à Marine Tondelier, encore elle, car elle s’était déjà surpassée dans une tribune (Libération, 3 août 2026), intitulée « 1789-2026 : après les privilèges féodaux, exigeons l’abolition des privilèges climatiques », où elle étale sa nullité historique. Discours primaire marxisant à l’appui, elle anathématise les milliardaires pollueurs et les grandes entreprises prédatrices afin de tenter de justifier un nouveau tour de vis fiscal : « ISF climatique » et taxation des « superprofits » des entreprises pétro-gazières et de transport maritime.
Il lui faut bien trouver un moyen d’exister médiatiquement, même au sein de son propre parti où sa candidature – pour user d’une litote – est loin de faire l’unanimité. Il s’agit au demeurant plus d’une candidature d’affichage, peut-être destinée à décrocher un maroquin l’année prochaine et à sauver quelques sièges de députés, que d’autre chose. La meilleure preuve en est que Marine Tondelier a tendu la main à La France insoumise en assurant que les Ecologistes étaient « prêts à rediscuter avec tout le monde à gauche, sans exclusive » (La Tribune Dimanche, 9 août 2026). Il s’agirait de « construire un espace politique commun sur des bases solides », traduisons : sur des bases à la gauche de la gauche, de la planification écologique à la « mise en place d’un État providence climatique » en passant par la décroissance, une Europe fédérale ouverte à l’immigration et la « protection des biens communs ».
De son côté, sa concurrente Sandrine Rousseau (Le Figaro, 17 août 2026) a loué Jean-Luc Mélenchon pour son programme écologique et social dans le contexte de la « fin d’un monde » (capitaliste) et si elle critique en fait la patronne des Verts, c’est parce que cette dernière entend discuter aussi avec les socialistes au lieu de se concentrer sur une alliance avec LFI.
David Lisnard et l’espoir libéral
Dans cette course étatiste à l’échalote, la voix de David Lisnard détonne, y compris à droite et au centre où, par exemple, Gérald Darmanin vient d’appeler à rallier la candidature d’Edouard Philippe tout exigeant le respect de la « fibre sociale » qu’il partage avec Xavier Bertrand (La Voix du Nord, 18 août 2026), comme si notre pays manquait de gaullistes sociaux, et où Gabriel Attal a défendu le 10 août la création d’un ministère de l’Eau, comme si notre pays manquait de bureaucratie !
En contrepoint, le président de l’Association des maires de France martèle, entretien après entretien, tribune après tribune, que « L’État providence est mort » (Le JDD, 9 août 2026) et qu’il faut en conséquence « tailler sévèrement dans la dépense publique ». Pourtant, raille-t-il, l’ensemble des candidats est « d’un conformisme affligeant ». Nous ne pouvons malheureusement que partager son constat.
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