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vendredi 29 mai 2026

Canicule : bientôt un service public de l’ombre ?

Temps de lecture : 2 minutes

Chaque année, c’est la même rengaine : dans les périodes de fortes chaleurs ou de canicule, des députés sont prêts à (prétendre) voler au secours des citoyens et à étendre toujours plus la sphère d’intervention de l’État omnipotent. Clémence Guetté (LFI) a ainsi fait part des nouvelles foucades de son parti : encadrement du prix des tickets de cinéma, « gratuité » de l’entrée des musées et des piscines publiques ; création d’un seuil de température au travail ; congés rémunérés pour les parents si les écoles sont fermées ; blocage des prix de l’eau en bouteille ; mettre sur le même plan canicule et catastrophes naturelles pour « protéger les agriculteurs »… Certains de ces droits-créances avaient déjà été proposés par LFI l’année dernière. À ce rythme, la prochaine étape consistera peut-être à instaurer un service public de l’ombre avec ventilateurs subventionnés, distribution républicaine de brumisateurs et ticket climat pour les glaces à l’italienne.

Derrière cette avalanche de propositions parfois absurdes subsiste néanmoins un problème réel : la France reste très mal préparée aux fortes chaleurs. Comme Mme Guetté l’a fait remarquer à juste titre, les hôpitaux, les Ehpad et les écoles sont trop peu équipés en climatisation. Ce sous-équipement vaut aussi pour les foyers : entre 18 et 26 % des logements en sont équipés selon l’Ademe, contre 88 % aux États-Unis. Faut-il y voir un réflexe technophobe ? Plusieurs raisons expliquent un tel écart entre les deux pays. Elles tiennent notamment au fait qu’une grande partie des États-Unis connaît des étés très chauds et humides depuis longtemps. Mais la différence est aussi idéologique et culturelle. Aux États-Unis, la climatisation est perçue comme un progrès technique banal, au même titre qu’un réfrigérateur. En France, elle reste souvent associée à un luxe inutile, à la surconsommation ou à une forme d’artificialisation du mode de vie. Une partie du discours écologiste a fortement contribué à cette perception en présentant la climatisation comme un problème environnemental avant même de la considérer comme un outil d’adaptation. Ce discours se retrouve aussi au sein du gouvernement puisqu’en juillet dernier, il avait jugé bon de créer un site pour expliquer aux citoyens pourquoi éviter la climatisation.

Alors certes, le taux d’équipement en France s’est amélioré ces dernières années. Mais le pays reste très en retard par rapport aux standards américains ou asiatiques, où la climatisation fait déjà partie des infrastructures de base. Mieux vaut parfois transpirer écologiquement que refroidir efficacement une salle de classe.

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