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mardi 21 avril 2026

Utilisation des tickets-restaurant le dimanche : l’infantilisation des Français à son paroxysme

Temps de lecture : 2 minutes

La France ne laissera décidément pas l’histoire s’écrire sans elle. Dans un contexte de guerre au Moyen-Orient, Serge Papin, le ministre des PME-TPE, du Commerce, de l’Artisanat et du Pouvoir d’achat, a annoncé, le 4 avril, que les tickets-restaurant pourront être utilisés le dimanche afin d’améliorer le pouvoir d’achat des Français (jusqu’à présent, l’exception n’est possible que si le salarié travaille ce jour-là).

La réforme suscite une levée de boucliers des restaurateurs : « On est en train de faire crever notre profession », alerte Franck Chaumès, président national de la branche restauration de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih). La concurrence est vive avec les grandes et moyennes surfaces, qui représentaient 31,5 % des dépenses en 2024 (une hausse de 9 points depuis 2022), contre 39,5 % pour les restaurateurs (une baisse de 7 points depuis 2022). En janvier, ces derniers s’étaient indignés de l’agrément accordé à l’enseigne Hema, qui ne propose que des friandises comme produits alimentaires. Ils réclament aujourd’hui un déplafonnement.

Mais ce débat passe à côté de l’essentiel : ce n’est pas l’utilisation des tickets-restaurant qu’il faut réformer ; c’est leur existence même. Avec 5,4 millions de bénéficiaires et un marché de près de 10 milliards d’euros, les tickets-restaurant sont devenus un pilier du pouvoir d’achat à la française … coûteux et opaque. Derrière l’illusion d’un avantage fiscal pour les entreprises (les tickets-restaurant sont exonérés de cotisations sociales dans la limite de 7,32 € par titre), les émetteurs prélèvent entre 3 % et 5 % de commission sur chaque transaction, voire plus. Le salarié perd donc en liberté ce qu’il croit gagner en pouvoir d’achat, pendant que des entreprises survivent artificiellement et qu’une partie de l’économie dépend d’un mécanisme imposé par l’État.

Les tickets-restaurant ne résolvent en rien la question du pouvoir d’achat. Les causes profondes – poids des cotisations sociales et de la fiscalité – sont ignorées par l’État, qui préfère ajuster à la marge un dispositif bureaucratique au lieu de permettre aux salariés de bénéficier d’un salaire complet. Au contraire, abolir les tickets-restaurant serait mettre fin à un système infantilisant, coûteux et clientéliste, en plus de redonner aux salariés ce qui leur appartient réellement.

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7 réponses

  1. L’assistanat continue de plus belle !! Tous les résidus fainéants de 68 sont aux manettes, il n’y a plus aucun espoir dans ce pays de fainéants et de voleurs. Je suis curieux de voir le temps qu’il faudra pour que les prix à la pompe baissent si l’Etat n’en profite pas comme à chaque crise pour augmenter les taxes déjà loin de l’usure.

  2. Ah mais oui c’est tellement important et primordial !!
    On crève des augmentations et des taxes en tout genre et on autorise les TR le dimanche…….
    Bravo les nuls, continuez comme ça, ne changez rien !

  3. On devrait supprimer cette usine à gaz inutile dont les frais de gestions sont considérables et qui n’apportent plus grand chose aux salariés ni aux restaurants !
    La France est la championne de ces usines à gaz dispendieuses…
    Supprimer toutes les dépenses pour gérer cette chose immonde d’assistanat et baisser d’autant les charges salariales serait beaucoup plus efficace…
    L’article révèle d’ailleurs que plus de 5 millions de salariés seraient bénéficiaires, ça ne veut plus rien dire !

  4. D’une main on vole, et de l’autre on donne (après sérieuse évaporation) en disant « voyez comme je suis généreux ». Et ça marche !

  5. J’ose le commentaire en vous remerciant de dire tout haut ….et depuis la dématérialisation des titres vos écrits sonnent encore plus justes.
    Une question cependant , je suis en transition professionnelle et me demande si j’ai le « droit » de décider de ne pas accepter cet « avantage ».
    La réponse concerne le fond et la forme. Sur le fond je pense qu’il n’y a aucun problème juridique ; je ne suis malheureusement pas convaincue d’une part qu’une DG l’entende d’autre part qu’on puisse obtenir une légère compensation de deux ou trois euros par jour travaillé. Qu’en pensez vous?

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