Il y a quelques jours, l’Institute for Economics and Peace classait la France au 99e rang de son classement 2026 du Global Peace Index. Ce classement repose sur plusieurs critères, notamment le niveau de sûreté, les conflits internes et internationaux, ainsi que le degré de militarisation.
Pour comprendre pourquoi la France ne peut plus être considérée aujourd’hui comme un pays sûr, intéressons-nous aux chiffres. Eurostat a publié des statistiques détaillées sur l’insécurité en Europe en 2024, pays par pays, avec des comparaisons sur plusieurs années (NB : les données Eurostat portent sur les faits enregistrés et les comparaisons entre pays, surtout pour les violences sexuelles, sont sensibles aux définitions et aux taux de signalement de chaque pays). L’étude repose notamment sur plusieurs indicateurs, par exemple : les homicides intentionnels, les infractions liées aux violences sexuelles (dont les viols), les crimes contre les biens (vols, cambriolages, etc.) et la corruption. Sur plusieurs de ces indicateurs, la France ne figure pas parmi les meilleurs élèves de l’Union européenne, bien au contraire.
Entre 2017 et 2024, le nombre d’homicides intentionnels enregistrés par la police en France est passé de 710 à 882, soit une augmentation d’environ 24,2 % en sept ans. Rapporté à la population, le taux est passé de 1,06 à 1,28 homicide pour 100 000 habitants. Plusieurs pays de l’Union européenne affichent un taux supérieur à celui de la France, notamment la Belgique (1,40), l’Estonie (1,82), la Lettonie (2,40), la Lituanie (2,63) et la Finlande (1,78). Toutefois, parmi ces pays, seule la Finlande connaît également une hausse du nombre d’homicides. Par ailleurs, en 2024, la France enregistre 6,25 tentatives d’homicide pour 100 000 habitants, soit le cinquième taux le plus élevé de l’Union européenne, derrière le Luxembourg (13,24), la Suède (13,11), la Belgique (10,96) et la Finlande (6,80). En valeur absolue, avec 4 290 tentatives d’homicide, la France en recense le plus grand nombre de toute l’Union européenne.
S’agissant des violences sexuelles, la France apparaît une nouvelle fois parmi les pays les plus touchés. En 2024, elle enregistre 74,80 infractions pour 100 000 habitants, soit le 3e taux le plus élevé de l’Union européenne. En 2017, ce taux était de 35,05 pour 100 000 habitants, ce qui représente une progression particulièrement marquée. En valeur absolue, les infractions liées aux violences sexuelles sont passées de 23 420 en 2017 à 51 366 en 2024, soit une hausse d’environ 120 % en sept ans. Concernant les viols, la France occupe la deuxième place de l’Union européenne avec 65,95 faits pour 100 000 habitants, derrière la Suède (88,22). En nombre total de faits enregistrés, elle se situe au premier rang de l’Union, avec 45 288 viols recensés en 2024 (16 270 en 2017), contre 14 266 en Allemagne en 2024, deuxième de ce triste classement.
La France est également mal classée en matière de crimes contre les biens. Bien que leur nombre soit en baisse depuis 2017, le pays affiche encore un taux de 82,81 infractions pour 100 000 habitants, soit le quatrième plus élevé de l’Union européenne, derrière l’Espagne (129,53), la Belgique (116,33) et le Portugal (88,37). En matière de corruption, la France se situe davantage dans la moyenne européenne, même si les indicateurs montrent une dégradation par rapport à 2017.
On l’aura compris : tous ces chiffres mettent en lumière un pays en grande difficulté. L’État n’assume plus correctement sa mission la plus fondamentale. Car avant toute autre chose, son premier devoir est de garantir la sécurité de ses citoyens. C’est même sa raison d’être. Or, au regard de ces statistiques, cette mission n’est pas remplie.
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