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dimanche 20 septembre 2026

Crédit d’impôt recherche (CIR) : pourquoi il faut baisser les charges avant de baisser les aides

Temps de lecture : 2 minutes

Le gouvernement a décidé de sanctuariser le crédit d’impôt recherche (CIR). Le 27 août, le ministre de l’économie Roland Lescure a ainsi affirmé qu’il s’engageait à ne pas toucher à « un des atouts de l’industrie en France », alors que l’opportunité de supprimer l’ensemble des aides aux entreprises, y compris cette niche fiscale, avait été mise sur la table par Patrick Pouyanné. À l’occasion d’un débat de la Rencontre des entrepreneurs de France (REF), le PDG de TotalEnergies a résumé le paradoxe du système socialo-redistributif français : « Pourquoi il y a tant d’aides ? On les augmente pour compenser les charges. C’est totalement absurde : baissons les charges et baissons les aides. Les grandes entreprises n’ont pas besoin d’aides si on baisse les charges. » Il a ensuite pris le CIR en exemple : « Pourquoi il y a-t-il un crédit impôt recherche ? Parce que l’ingénieur coûte trop cher, donc on construit un système d’aides de CIR pour compenser. »

C’est probablement là qu’il faut chercher le véritable problème du CIR. L’objectif n’est pas absurde : encourager les entreprises à investir dans la recherche et l’innovation. Mais pourquoi faudrait-il d’abord rendre l’emploi d’un ingénieur coûteux par les prélèvements fiscaux et sociaux, puis créer une niche fiscale pour en réduire artificiellement le coût ? Pourquoi subventionner une activité après l’avoir pénalisée ?

Le CIR est le produit de cette logique. Il permet aux entreprises de récupérer une partie de leurs dépenses de R&D sous la forme d’une réduction d’impôt. L’entreprise doit alors déterminer quelles dépenses sont éligibles, les déclarer et accepter le risque d’un contrôle fiscal. L’administration, elle, doit vérifier que ces dépenses relèvent bien de la recherche. On crée donc une machinerie administrative pour corriger les effets d’une fiscalité qui, en amont, renchérit le coût de l’activité. La France fait en effet partie des économies où le travail est le plus lourdement taxé : le coût horaire était de 44,3 € en 2025, contre 34,9 € en moyenne au sein de l’UE. Et ce coût ne cesse d’augmenter.

Depuis sa création en 1983, le coût du CIR a, lui aussi, explosé : de 0,52 milliard d’euros en 1990 à 7,85 milliards en 2023, soit environ 10 % du produit de l’impôt sur les sociétés. Une aide bienvenue pour les entreprises qui croulent sous le poids des charges… mais son objectif initial, qui était de soutenir les efforts de R&D et éviter les délocalisations, semble difficilement atteint. En 2025, le nombre de projets de centres de R&D a chuté de 47 %, selon le Baromètre de l’Attractivité de la France du cabinet EY.

Ce n’est pas tout. La comparaison avec les États-Unis est également éclairante : la France consacre 2,18 % de son PIB à la R&D, contre 3,45 % outre-Atlantique. Et cela ne s’explique nullement par un mécanisme de subvention équivalent : ils ne subventionnent leurs grandes entreprises qu’à hauteur de 7 % en matière de R&D, contre 36 % pour la France. L’écart ne se résout manifestement pas à coups de subventions, puisque l’essentiel des investissements en R&D aux États-Unis provient du secteur privé.

Plutôt que de maintenir un dispositif complexe de près de 8 milliards d’euros destiné à compenser le coût du travail, pourquoi ne pas commencer par réduire ce coût ? M. Pouyanné va au bout de la logique : moins de charges, donc moins d’aides. S’il doit y avoir une suppression du CIR, elle ne pourra se faire sans une baisse de la fiscalité.

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8 réponses

  1. Vous avez raison :
    Ronald Reagan disait  » Pour la gauche, quand les entreprises réussissent, on les matraque d’impôts. S’il y en a qui bougent encore, on les règlementent. Une fois le massacre terminé, on les subventionne !  »
    C’est exactement ce que vous décrivez. On n’est pas sorti de l’auberge….

  2. C’est nouveau et cela vient de sortir, les aides ne sont pas des charges ! Comment voulez-vous encore que la France se relève ? C’est comme Macron qui s’étonne que l’on lui reproche les Dettes qu’il a fait ! Ce n’est pas de sa faute c’est celle du crèmmier du plus petit village de la Creuse

    1. Il y a un peu de cela quand même.
      Macron n’a pas été élu et réélu sur des programmes politiques, mais sur des programmes de marketing.

  3. Vous décrivez là le syndrome de Münchausen par procuration, où une personne abîme une autre pour pouvoir la soigner. Outre le côté pathologique que cela dénote, on peut supposer que cela finance une machine à gaz administrative, en fait parfaitement inutile. Reste que, d’une entreprise à l’autre, les conséquences financières sont probablement très différentes, certaines ayant beaucoup plus de CIR par rapport aux charges que d’autres.

    1. Ce qui motive cette absurdité c’est surtout la volonté de contrôle de l’économie et de la société en général, propre aux politiques collectivistes.

  4. Quand on voit par quoi nombre d’entreprises de conseil utilisent le CIR, c’est à mourir de rire. Et ça passe.

  5. Faire circuler l’argent permet à un tas de personnes d’exister, tu organise un prélèvement d’un côté et tu redistribue une partie seulement de l’autre et dans ce cycle vivent ceux qui font circuler les flux . Le bon sens voudrait déjà que l’on ne vive pas au-dessus de ses moyens en évitant de moins dépenser l’argent que l’on n’a pas !!!

  6. Comme toujours en France les baisses d impôts ne sont jamais financées ce qui se traduit inévitablement qq années après par plus de déficit et donc de nouvelles hausses

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