Le 3 février, Roland Lescure, ministre de l’Économie, était interviewé sur BFMTV dans Le Face à face. Interpellé sur les propos de Michel-Édouard Leclerc et les hausses d’impôts sur les entreprises, M. Lescure s’est défendu : « Face à un déficit public trop élevé, on a trouvé un compromis qui permet d’avancer, qui permet de donner de la stabilité. »
De quelle stabilité parle-t-il ? De quelle avancée ?
Le ministre ferait mieux de parler de stabilité dans le déclin : le gouvernement a beau présenter, sur X, le budget 2026 comme une source d’économies et de baisse des dépenses publiques, celles-ci augmenteront en réalité de 36 milliards d’euros sur un an en valeur nominale. Même dynamique pour les dépenses des administrations publiques centrales (+ 17 milliards), des administrations publiques locales (+ 5 milliards) et des administrations de sécurité sociale (+ 16 milliards).
Le ministre de l’Économie a ensuite invité les chefs d’entreprise à « s’engager » et à proposer des idées au lieu de « râler ». Certes, rien ne les empêche de participer davantage aux débats, de se montrer plus offensifs dans la défense du droit de propriété et dans la critique de l’interventionnisme étatique. D’autant plus que leur rôle est plutôt apprécié, si l’on en croit un dernier sondage OpinionWay : 69 % des personnes interrogées estiment que les gouvernements récents ne comprennent pas les réalités auxquelles les entrepreneurs sont confrontés ; 77 %, que la France se porterait mieux si on les écoutait davantage dans les décisions publiques, et 79 %, qu’ils devraient prendre plus souvent la parole dans les médias.
L’injonction du ministre est toutefois un peu facile. Quand bien même les entrepreneurs seraient plus présents dans les débats, faudrait-il s’attendre à une baisse du nombre de technocrates et de fonctionnaires ? Ces derniers auraient-ils réellement intérêt à prendre en compte l’avis de ceux qui, parmi les chefs d’entreprises, s’opposent au capitalisme de connivence et veulent réduire la sphère publique ? N’est-ce pas notre système qui est vicié par nature ? Que les entrepreneurs soient sous-représentés dans les hautes fonctions ministérielles, c’est indéniable. Le constat vaut également pour les élus nationaux, étrangers à la réalité du monde de l’entreprise dans leur grande majorité : sur 577 députés, 186 sont des cadres administratifs et techniques de la fonction publique (soit 32,2 %), 121 sont des cadres d’entreprise (20,9 %), 22 sont des chefs d’entreprise de plus de dix personnes (3,8 %)…
Il y a quelque contradiction, pour ne pas dire hypocrisie, à appeler les entrepreneurs à « s’engager » alors que les politiques ont fait le choix contraire. Augmenter les dépenses publiques, préserver les comités Théodule et refuser d’engager des réformes urgentes, c’est bel et bien témoigner d’une préférence assumée pour la gestion technocratique du statu quo.
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10 réponses
comme vous le dites bien, ce sont de belles paroles… en réalité, la France est dévorée par un mélange de socialisme et de capitalisme de connivence (consensus social-démocrate)… les entrepreneurs eux-mêmes sont incités quotidiennement à se rapprocher de la sphère para-publique et de la courtisanerie pour survivre économiquement et développer leurs affaires… et les grands intérêts économiques privés (qui financent les médias) sont profondément liés à la sphère étatique… dès qu’un entrepreneur dépasse une certaine taille en France, il doit entrer en connivence avec l’appareil public sous peine de disparaître. La culture libérale populaire est étouffée. Les meilleures initiatives découragées. L’école, l’université et les médias laminent les cerveaux de marxisme et de cynisme. Il ne faut pas s’étonner du résultat ! Pauvre France… Il est triste qu’au pays de Frédéric Bastiat un tel oubli du libéralisme prédomine.
On a besoin de plus d’entrepreneurs moins de technocrates… et surtout moins de camelots en politique!
Je serais très étonné que les décisions budgétaires ne fassent pas l’objet de consultations préalables avec les représentants du patronat, des syndicats, des consommateurs et autres associations de défense. Car un budget ne se limite pas seulement à de grandes orientations, mais comporte surtout des mesures techniques, des allocations, des embauches ou réductions d’effectifs, des subventions etc… assises sur des mesures à mettre en place ou amender voire supprimer.
Je me souviens avoir participé à des discussions avec Bercy relatives à la fiscalité des impatriés/expatriés en fonctions des orientations politiques et économiques souhaitées. Les décisions prises par Bercy avaient naturellement des conséquences chiffrées à prendre en compte lors de la finalisation du budget.
« Certes, rien ne les empêche de participer davantage aux débats »
Une chose majeure les en empêche : le temps !
La plupart des patrons travaillent énormément et ont peu de temps pour s’impliquer et parfois même pour s’informer.
M. Lescure vient de découvrir la roue..? Il serait temps ?? J ‘hallucine !!
Peut-être qu’il y aurait plus d’entrepreneurs si l’Etat ne se gavait pas sur leur dos
Un ministre qui a passé la majeure partie de sa carrière dans la bureaucratie nous vend sa soupe tiedasse
Franchement M. Lescure nous prend pour des imbéciles , vous savez ce mot qui commence par un C majuscule. Il n’est pas capable d’écouter , et pire d’entendre ce que disent les chefs d’entreprise , il considère même qu’ils râlent . Quels âne bâté pour tenir de tels propos .
Il n’est pas même capable de dire la vérité et assène tranquillement que le budget 2026 est une source d’économies et de baisse des dépenses alors que ce n’est qu’une diminution de la vitesse de progression.
Pas étonnant qu’on ne puisse se comprendre. En tout cas , nommé par Macron , il ne dépareille pas , incapacité totale de voter un budget et équilibre depuis 50 ans
Qui trouve plus médiocre et dangereux que ce troupeau qui nous gouverne ?
Ils ont peut-être autre chose à faire… Car, comme le disait l’écrivain américain de science fiction Robert Heinlein: « le genre humain se divise politiquement entre ceux qui veulent contrôler la vie des autres, et ceux qui n’éprouvent pas ce besoin »
Peut-être faudrait-il commencer par exiger que les candidats indiquent leur profession sur les listes proposées lors des élections . Le pourcentage de fonctionnaires figurant parmi nos élus explique sans doute la mauvaise gestion de notre pays.
Sans compter qu’ils cumulent souvent les avantages dont les fonctionnaires bénéficient avec leur fonction d’élu. Facile de se lancer en politique en sachant qu’en cas de non ré-élection, on retrouvera son poste.