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samedi 18 avril 2026

Roland Lescure ne tolérera pas une hausse de prix à la pompe

Temps de lecture : 2 minutes

Le détroit d’Ormuz, dans lequel transitent 21 % des flux mondiaux de pétrole, est sous le contrôle des Gardiens de la Révolution. Le 3 mars, le cours du brent a dépassé les 84 $. En France, certaines stations-service sont déjà confrontées à des files d’attente. Dans une interview sur Franceinfo, le ministre de l’Économie Roland Lescure a voulu rassurer : la situation est « normale » dans plus de 97 % du territoire et il n’y aura pas de pénurie nationale (moins de 10 % des approvisionnements de l’Europe pour le pétrole passent en effet par le détroit). Mais c’est surtout sa mise en garde adressée aux distributeurs qui a retenu l’attention. M. Lescure ne tolérera pas « des hausses de prix à la pompe qui aillent au-delà de la hausse des prix du pétrole ». La DGCCRF – la répression des fraudes – devrait être mobilisée pour surveiller les stations-service.

Lors de tensions et de risques d’approvisionnement, les marchés anticipent des perturbations actuelles ou futures en ajustant les prix. Cette anticipation est précisément ce qui permet d’éviter des ruptures d’approvisionnement. Lorsqu’une administration sanctionne et maintient les prix à un niveau artificiellement bas alors que les risques augmentent, elle empêche l’information de circuler. Dans le pire des cas, ce contrôle des prix se traduit par des pénuries, comme nous avons pu le voir pendant la pandémie avec le plafonnement du prix des gels hydroalcooliques.

Dans le secteur de l’énergie ou ailleurs, les enseignements de l’économiste Frédéric Bastiat sont toujours d’actualité : ce que l’on voit, c’est que les prix augmentent moins qu’ils ne le devraient en raison de l’intervention de l’État, mais ce que l’on ne voit pas, c’est que le coût de cette intervention se répercute ailleurs. Lors de la crise énergétique de 2022 par exemple, l’État a essayé de contenir la hausse des prix via un « bouclier énergétique » (qui impliquait notamment le gel des tarifs réglementés et le plafonnement des prix de l’électricité). L’inflation a été relativement maîtrisée, mais au détriment des finances publiques : le coût a été estimé à 72 milliards d’euros (2,6 % du PIB).

M. Lescure pointe du doigt les distributeurs en sous-entendant qu’ils tenteraient de profiter des tensions géopolitiques. Voici une chose qu’il ne dit pas : si le prix des carburants est élevé en France, c’est aussi parce que l’État en prélève la plus grande part. D’après l’Union française des industries pétrolières, la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) représente entre 35 et 40 % du prix total (gazole et SP95 E10).

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11 réponses

  1. On nous dit qu’il y a 60% de taxes dans le prix de l’essence… Prenons cet artifice comptable au mot. J’explique :
    La réalité cachée par cette façon de présenter les choses c’est que l’essence est taxée à 150%. Comment on nous trompe? En comparant les taxes au prix du carburant vendu au lieu de les comparer au prix du carburant acheté avant d’être taxé, ce qui est le cas habituellement (TVA par ex.)
    Donc OK taxons l’essence à 60% ! Cela revient à baisser le prix a la pompe de 36%! (100-(40×1,6)).
    … je sais, tout le monde s’en fout, cela fait des années que je dénonce cette tromperie d’état et je n’ai vu repris ce raisonnement qu’une seule fois.

  2. En France la fixation des prix est libre. La seule intervention légale de la DGCCRF concernerait une entente entre les distributeurs. Très peu crédible.
    Mais convoquer les industriels ou les distributeurs à Bercy doit provoquer un sentiment de puissance et de jouissance, auquel les responsables politiques ne résistent pas. Même si c’est tout à fait inutile.

  3. Le plan de l’État est simple. Le gouvernement va profiter de l’augmentation du prix du pétrole brut pour augmenter les taxes Et en s’adressant aux distributeurs publiquement, il commence à répandre l’idée, grâce aux médias à sa botte, que le prix en hausse à la pompe est uniquement de la faute de ces distributeurs.
    « C’est tout bénéf pour le gouvernement »

  4. Ces messieurs, toute cette clique se permettent d’interdire les augmentations alors qu’ils augmentent les tarif des hôpitaux, je devais rentrer à l’hôpital je suis obligé de refuser d’y aller pas assez de sous faut arriver à 70 ans pour voir ca, des médicaments avec leur taxes de 2€, des colis qui viennent de chine etc, etc……. tout ça car nous sommes diriger par des rigolos et des incapables.

  5. Oncpicsou, je ne suis pas ton raisonnement, peux-tu être plus explicite ?
    Lescure ne tolèrera pas d’augmentation excesive à la pompe ? C’est déjà fait : depuis 10 jours super U savoie Bourg saint maurice : Go passe de 1.729 à 1.989 !! Je ne sais pas ce que fait la DGCCRF, ils ont juste à consulter leur ordinateur sur prix des carburants.gouv !!!!!

  6. « La TICPE est une taxe fixe par litre, qui ne varie pas lorsque le prix du pétrole baisse. Elle limite donc l’ampleur des diminutions pour les consommateurs. La TVA, en revanche, est proportionnelle au prix. » le carburant couterait 80 centimes d’euros sans les taxes ! Au lieu de les baisser, ils vont encore faire du cinéma afin d’engranger ! mais Bon Dieux, quand les français vont-ils comprendre et bouger ???

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