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mercredi 10 juin 2026

Le ministre de l’Économie veut des fonds de pension… mais pour les mauvaises raisons

Temps de lecture : 2 minutes

Le ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et énergétique, Roland Lescure, a défendu, mardi 17 mars 2026, lors d’une conférence organisée par Euronext, la création de fonds de pension en France.

Toute la presse, pourtant bien occupée par le second tour des élections municipales, la hausse du prix des carburants et la guerre dans le Golfe persique, a relayé l’information comme si nous étions à la veille d’une nouvelle réforme des retraites.

Quand on prend soin de lire les articles qui ont été consacrés à cette déclaration, on se rend vite compte que le ministre Lescure a plaidé en faveur des fonds de pension pour les mauvaises raisons. Ce qu’il cherche, c’est de l’argent pour « financer notre autonomie stratégique ». Il estime que « la plupart de l’argent venu des États-Unis en Europe vient en fait des fonds de pension américains ». Il s’agit donc de les remplacer par des fonds français et européens pour être moins dépendants des investisseurs de long terme américains.

L’État n’ayant plus d’argent, Roland Lescure souhaite récupérer celui des retraites pour financer les dépenses militaires, mais aussi bien sûr la transition écologique et pourquoi pas soutenir les entreprises en difficulté. Il pense à un fonds souverain qui serait sans doute géré par la Caisse des dépôts et consignations et, par conséquent, sous la tutelle étroite de son ministère.

Si à l’Iref-Contrepoints, nous défendons la retraite par capitalisation, c’est d’abord parce qu’elle permet de servir de meilleures pensions pour un coût moindre que le système de répartition actuel qui court à sa perte. C’est aussi parce qu’elle rend à chacun la maîtrise de sa retraite (choix du fonds de gestion, choix de l’âge de départ…) et qu’elle responsabilise les futurs retraités.

Bien sûr, les fonds de pension gérant l’épargne accumulée pourraient largement l’investir dans l’économie nationale – qui manque parfois de capitaux, il est vrai – afin d’en financer le développement. Mais ce n’est là qu’une conséquence de la réforme. Ce n’est pas son but premier.

Roland Lescure, lui, veut d’abord disposer de cette manne pour que l’État puisse investir où bon lui semble. Autant dire que nous serions dans cette hypothèse bien loin d’une gestion sérieuse, pondérée et prudente de l’épargne des Français. De plus, loin d’investir sur le long terme, ce fonds souverain changerait d’objectifs au gré des alternances politiques.

Les Français méritent mieux que cela pour leur retraite. Oui, il faut des fonds de pension en France, mais des fonds indépendants de toute pression politique.

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4 réponses

  1. Je suis d’accord avec votre réserve, mais quand on sait, comme l’a dit l’IFRAP que plus de 1800Mds sont partis, depuis 50 ans, vers les intérêts de la dette, et donc très largement au profit de pays ou institutions étrangères, je préfèrerai que ces intérêts soient versés à des français, « propriétaires » de la dette nationale. Ces sommes resteraient ainsi en France, favorisant les dépenses en France, donc la TVA. Et comme les intérêts versés à l’étranger ne génèrent aucun impôt en France, on pourrait aussi accorder la même défiscalisation aux français ayant prêté à l’Etat, ce qui serait une puissante incitation.

    1. Petite confusion entre la retraite par capitalisation et la dette française puisque cette dernière est générée par la redistribution ( essentiellement retraite par répartition et santé via la secu) quand la capitalisation permet d investir dans notre économie et de créer de la valeur ajoutée

  2. Vu comment l’état gère l’argent il vaut mieux lui en laisser le moins possible entre les mains. Ils veulent notre argent pour mieux le gaspiller au gré de leurs caprices et de leurs choix politiques irresponsables et irréfléchis.

  3. Le gaspillage est généralisé en France et à tous les étages. Les financements d’associations devraient être interdits !

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