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lundi 19 octobre 2026

Dégradation des comptes publics : la faute à 1000 hauts fonctionnaires !

Temps de lecture : 2 minutes

Faut-il encore rappeler que la dette publique s’élève à 3 595,5 milliards d’euros, soit 119,0 % du PIB ? Le taux devrait même approcher les 122% en 2027.

La responsabilité des hommes et des femmes politiques qui nous gouvernent depuis une cinquantaine d’années est immense. Et le président de la République actuel n’est pas en reste en ayant accru le stock de dette de 1280 Md€ depuis qu’il réside à l’Élysée.

Pourtant, un ancien haut fonctionnaire – il fut directeur général des services du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône –, Roger Campariol, incrimine ses collègues plutôt que les politiques.

Dans une tribune publiée par Acteurs publics, il affirme que les cadres dirigeants de l’État, ceux qui occupent les « emplois laissés à la discrétion du gouvernement », soit environ 1000 cadres supérieurs, sont les véritables responsables du désastre : les « secrétaires généraux des ministères, les directeurs généraux, les directeurs d’administration centrale (DAC), les chefs de service, les sous-directeurs, les experts de haut niveau » ont une délégation de signature automatique leur conférant le droit de signer au nom du ministre les actes d’engagement des dépenses.

Roger Campariol voit quatre raisons principales « pour lesquelles les cadres supérieurs de l’État négligent de tenir les comptes de la Nation » :

  • l’ignorance des finances publiques ;
  • le désintérêt et l’absence de vision globale : « Ils considèrent que leur métier est de produire des textes normatifs, de fabriquer au nom de l’État-providence des dispositifs de redistribution […] » ;
  • l’idéologie : « Certains hauts fonctionnaires sont acquis à l’idée que le déficit public n’est pas grave » ; « D’autres pensent sincèrement que la dette publique détenue par la Banque de France peut être annulée » ;
  • leur régime indemnitaire, qui est indépendant de la performance financière de l’État et aussi de leurs résultats professionnels.

Pour Roger Campariol, la haute fonction publique doit prendre conscience de ses errements et faire son aggiornamento. Il souhaite aussi que l’Institut national du service public (INSP), qui a remplacé l’Ena, revoit « son programme de formation initiale en s’attachant d’abord à former d’excellents juristes (sur le modèle de la haute fonction publique allemande) et des gestionnaires avisés sachant compter, évaluer, manager. »

Campariol a raison. Mais n’amnistions pas trop vite les politiques… qui sont trop souvent issus de la haute fonction publique.

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