Les députés ont voté le doublement du taux de la taxe dite Gafam, de 3 à 6%. Cette mesure ne pourra être entérinée que lorsque le budget 2026 sera définitif, mais on peut d’ores et déjà affirmer que si elle l’était, elle n’aurait aucun effet bénéfique.
Pour rappel, la taxe porte sur le chiffre d’affaires généré en France par certaines activités numériques des entreprises dont le chiffre d’affaires dépasse 750 millions d’euros à l’échelle mondiale. Les Gafam sont vigoureusement accusées par toute la classe politique de ne pas, ou beaucoup trop peu, payer d’impôts et la France avait exercé une grosse pression pour que la taxe soit appliquée à l’échelle de l’UE, en vain.
Elle toucherait, non pas les bénéfices, mais le chiffre d’affaires des entreprises, ce qui n’est pas du tout la même chose et reflète bien l’indigence économique de nos députés. Que l’on puisse faire 100 de chiffre d’affaires et ne pourtant pas gagner d’argent semble dépasser leur capacité d’entendement. Il est cependant vrai que les Gafam, comme les autres géants mondiaux de la tech, payent très peu d’impôts directs en France et ne perdent certes pas d’argent, c’est précisément ce qui leur permet de se développer et de rester compétitives. Elles créent de l’emploi, génèrent des recettes fiscales nombreuses (TVA, cotisations sur les salaires…), dopent les économies des pays dans lesquels elles s’implantent et ne cessent d’innover. On ne devient pas un géant à coup de réglementations et d’impôts, ce dont nos sourcilleux dirigeants ne paraissent pas se douter.
Par ailleurs, il faut rappeler que cette taxe ne change strictement rien au problème des finances publiques françaises : hors externalités négatives, elle rapporte actuellement autour de 700 millions d’euros par an, et même si elle doublait, ce ne serait qu’une goutte d’eau par rapport au déficit annuel de plus de 180 milliards d’euros de l’Etat français. Les députés s’en moquent, car leur objectif est le même qu’avec la taxe Zucman : faire un maximum de tapage pour convaincre les Français qu’ils agissent pour plus de « justice fiscale et sociale ».
Et tant pis pour les conséquences négatives de telles mesures, si tant est qu’ils en soient conscients. Tant pis aussi pour leur coût, bien plus élevé que ce qu’elles rapporteraient. Il ne faut pas être bien malin pour deviner que les consommateurs seraient les premiers floués, puisque les Gafam répercuteraient automatiquement la taxe sur le prix des biens et services qu’elles offrent. Elles investiraient peut-être moins en France, ce serait donc moins d’emplois, directs ou indirects. Last, but not least, on pourrait craindre des représailles économiques américaines.
Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l’auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
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