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jeudi 5 novembre 2026

Du sophisme de la vitre brisée à la vitrine brisée

Temps de lecture : 2 minutes

En 1850, Frédéric Bastiat – plus lu outre-Atlantique qu’enseigné dans nos lycées – publiait « Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas ». Il y raconte l’histoire du fils de Jacques Bonhomme qui casse une vitre. Les badauds se consolent : « Que deviendraient les vitriers si l’on ne cassait jamais de vitres ? » Le vitrier gagne six francs : c’est ce qu’on voit. Ce qu’on ne voit pas, ce sont les souliers ou le livre que Jacques Bonhomme n’achètera pas. Au bout du compte, la société a juste perdu une vitre. Cent soixante-seize ans plus tard, le sophisme revient, en plus grand. Le 17 octobre, près de 3 000 commerces ont été pillés ou vandalisés. Les vitriers et les poseurs de contreplaqué ont du travail pour quelques semaines. Certains y voient même une forme de justice : le « petit propriétaire », voire le « méchant capitaliste », aurait enfin payé son dû.

Sauf que le commerçant de quartier n’a rien d’un capitaliste dominateur. C’est souvent quelqu’un qui a mis ses économies dans une boutique et travaille seul ou en famille sans compter ses heures. Il incarne mieux que personne la liberté d’entreprendre : il a choisi d’être son propre patron, il assume ses risques et ne dépend ni d’un grand groupe ni d’un syndicat. S’en prendre à lui, c’est s’en prendre à l’autonomie et à la responsabilité individuelles. Et puis un commerçant désabusé mais non dépourvu d’humour a affiché sur sa devanture : « Ne casse pas ma vitrine, j’en ai besoin pour payer le RSA de ta mère. » C’est grinçant, mais c’est juste : ceux qui produisent financent la solidarité.

Le reste ne se voit pas, ou pas tout de suite. Le commerçant déjà fragile qui baisse le rideau pour de bon, parce que la franchise est trop lourde ou qu’il n’a plus le cœur à recommencer. Les vendeurs qu’il employait. La rénovation abandonnée, l’embauche reportée : à quoi bon, si tout peut partir en fumée en une nuit ?

Enfin il y a la facture. La loi de finances pour 2026 a créé une garantie émeutes obligatoire, financée par une contribution plafonnée à 1,5 % des primes d’assurance dommages. Les projets de décrets la fixent à 0,8 % dès janvier 2027. Les assureurs la versent, rien ne leur interdit de la répercuter : tous les assurés paieront pour la casse des autres. On appelle cela solidarité. C’est surtout un impôt de plus, qui dilue la responsabilité et banalise le pillage : de toute façon, « c’est l’assurance qui paie ».

Reconstruire n’est pas créer. On dépense pour revenir au point de départ, avec de l’argent qui aurait pu servir ailleurs. Bastiat le disait déjà : la société perd la valeur des objets inutilement détruits.

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5 réponses

  1. Il suffit d écouter les députés LFI et ecolos justifiées sans vergogne la casse des émeutiers quand le PS se terre

  2. « La loi de finances pour 2026 a créé une garantie émeutes obligatoire, financée par une contribution plafonnée à 1,5 % des primes d’assurance dommages…. tous les assurés paieront pour la casse des autres.

    C’est bien pratique pour l’Etat qui peut ainsi laisser casser en toute bonne conscience, sans se salir les mains; dormez brave gens vous voyez bien que tout est prévu !

  3. Un autre sophisme de gauche: il faudra que l’on m’explique un jour en quoi supprimer les riche enrichi les pauvres?
    LFI devrait s’appeler LFS, La France Sophiste.

  4. « S’en prendre à lui, c’est s’en prendre à l’autonomie et à la responsabilité individuelles. »

    Au fond, n’est-ce pas là l’essentiel du programme de toutes les gauches? Lutter sans merci contre l’initiative individuelle, au nom de l’idéologie selon laquelle tout irait pour le mieux si le gouvernement gérait tout, comme au bon vieux temps de l’Union Soviétique? Associer gauchistes et casseurs a au moins le mérite d’une certaine cohérence.

    1. @Alain L’Etat pour une certaine partie de la population (malheureusement pas que la gauche) est une entité sainte qui a pour fonction de rendre pur(e) tout argent, toute idée, toute action. C’est la lessiveuse terrestre laïque. Tout ce qui ne passe pas par lui est suspect, à faire rentrer dans le giron, ou à combattre, voire à éliminer (cnews)

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