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dimanche 8 novembre 2026

Hausse du SMIC : les syndicats alimentent la paupérisation des travailleurs

Temps de lecture : 2 minutes

La CFDT réclame 100 euros nets de plus par mois. La CGT, elle, juge dérisoire une éventuelle revalorisation de 0,6 %. « On n’est pas là pour une opération pièces jaunes » a affirmé Sophie Binet. La secrétaire générale de la CGT a précisé que la France était le pays européen ayant le moins augmenté son salaire minimum en 14 ans avant de constater, à juste titre, que nous sommes un pays de bas salaires.

Ce qu’elle ne dit pas, c’est que le SMIC est l’un des plus élevés d’Europe et qu’il a progressé plus rapidement que le salaire médian en 10 ans. À 62 % du salaire médian, il est le troisième plus élevé d’Europe, derrière le Portugal et la Pologne. Indexé automatiquement sur l’inflation, il n’a certes bénéficié d’aucun coup de pouce gouvernemental depuis 2012. Mais les revalorisations successives ont fini par écraser les grilles salariales. Des salariés plus expérimentés ou plus qualifiés se retrouvent parfois à peine mieux payés que ceux qui débutent. C’est l’un des effets pervers d’un salaire minimum.

La leçon économique de Frédéric Bastiat dans Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas s’applique aussi au SMIC : ce qu’on voit, c’est l’augmentation du salaire minimum ; ce qu’on ne voit pas, c’est que les entreprises devront augmenter les salaires dont le niveau est supérieur au SMIC pour maintenir les écarts de rémunération. Or, toutes n’en ont pas les moyens : les plus fragiles pourraient geler les rémunérations, renoncer à embaucher ou supprimer des postes. Quant aux petites entreprises, elles ne peuvent pas absorber indéfiniment la hausse du coût du travail réclamée par les syndicats.

En France, ce coût horaire ne cesse d’augmenter (depuis 2020, 19 % de plus que le salaire horaire en glissement annuel). Les allègements accordés autour du SMIC ne sont qu’une compensation de cette pression. Ils contribuent à maintenir les salaires dans une trappe à bas revenus. Notre simulation d’un SMIC à 1 700 euros nets donne une idée des conséquences : une hausse de 15 % entièrement supportée par les employeurs ferait basculer environ 1,6 million de salariés au salaire minimum et menacerait jusqu’à 150 000 emplois. Ce n’est pas la revendication de la CFDT, mais le mécanisme est le même.

Le SMIC n’aide pas les salariés à s’enrichir : il impose un prix minimum au travail, quitte à exclure ceux dont la productivité ne permet pas de l’atteindre. Les syndicats veulent des salaires plus élevés ? Qu’ils plaident pour sa suppression et la baisse des charges sociales.

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