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dimanche 31 mai 2026

EDF : les 10 Md€ qu’Emmanuel Macron a jeté par la fenêtre

Temps de lecture : 2 minutes

La renationalisation complète d’EDF, décidée en juillet 2022 par Emmanuel Macron, et effectivement réalisée en août 2023, a coûté la bagatelle de 9,7 milliards d’euros (Md€). Dès 2022, IREF-Contrepoints dénonçait cette « fausse solution », se demandant en quoi cette prise de contrôle permettrait d’améliorer le fonctionnement chaotique de l’opérateur.

EDF était déjà détenue à 84% par l’État qui disposait d’un représentant au conseil d’administration et pouvait, en outre, proposer la nomination de cinq des 18 membres du conseil. Tout était donc en place « pour assurer la défense des intérêts nationaux et garantir la souveraineté et l’indépendance énergétiques de la France ».

Il est vrai qu’EDF connaissait alors de fortes turbulences, principalement causées par des décisions étatiques erratiques qui perdurent d’ailleurs aujourd’hui à travers la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3) dévoilée au début du mois de mai.

La Cour des comptes vient de se pencher à son tour sur cette opération réalisée « dans un contexte de forte dégradation des finances publiques ». L’enquête qu’elle a menée « n’a pas permis d’établir les avantages réels retirés par l’État de sa montée au capital d’EDF au regard de l’ampleur des moyens financiers mobilisés. Ni les impératifs de souveraineté et d’indépendance énergétiques, ni les besoins de financement du groupe ou la volonté de renforcer son pilotage opérationnel n’imposaient en effet une détention à 100% de la société EDF par l’État alors que l’État contrôlait déjà, de concert avec l’EPIC Bpifrance, près de 84 % du capital de la société. »

On est même en droit de se demander si cette nationalisation n’avait pas pour seul but d’éteindre le recours contentieux introduit par EDF devant le Conseil d’État pour obtenir l’annulation de l’extension du mécanisme d’accès régulé à l’énergie nucléaire historique (ARENH5), recours doublé d’une demande indemnitaire préalable à hauteur du préjudice financier, estimé à 8,34 Md€.

Quoi qu’il en soit, EDF est maintenant complètement délivrée de la pression des marchés et, sans véritable concurrence, va pouvoir laisser ses vieux réflexes reprendre le dessus, à savoir accorder toujours plus d’avantages à ses agents pour acheter la paix sociale.

Non seulement, Emmanuel Macron a jeté dans cette affaire près de 10 Md€ par la fenêtre, mais il a aussi renforcé un mastodonte qui, soyons-en certains, ne fera que coûter de plus en plus cher aux contribuables et à ses clients pour un service rendu de plus en plus dégradé, comme toute structure publique à la française.

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