Journal d'actualité libéral
|
dimanche 11 octobre 2026

Édouard Philippe veut instaurer un « état d’urgence narcotrafic »

Temps de lecture : 2 minutes

À Alès, le 7 septembre, Édouard Philippe a proposé la création d’un « état d’urgence narcotrafic », inspiré du régime d’exception mis en place après les attentats de 2015. L’ancien Premier ministre souhaite pouvoir autoriser, dans certaines zones et pour une durée limitée, des mesures qui ne sont normalement pas permises : mesures administratives, perquisitions, reconnaissance faciale… La proposition intervient alors que le maire d’Alès, Christophe Rivenq, menacé par la « DZ Mafia », a dû être exfiltré de son domicile par le Raid. Pour Édouard Philippe, l’état d’urgence antiterroriste a donné des « résultats intéressants »… sans développer davantage.

Comme tout état d’urgence, l’état d’urgence antiterroriste répondait à une situation par définition nationale. Après les attentats du 13 novembre 2015, la menace terroriste djihadiste concernait l’ensemble du territoire. Le projet du candidat à l’élection présidentielle de 2027 est différent : un régime d’exception pourrait être déclenché dans une agglomération, voire dans une zone déterminée. On passerait ainsi à une sorte de géographie variable de l’État de droit.

En outre, le bilan de l’état d’urgence antiterroriste n’est pas si évident. Entre novembre 2015 et juillet 2017, l’état d’urgence a connu cinq phases différentes. Si les mesures ont été « particulièrement nombreuses » au cours des semaines qui ont suivi les attentats du 13 novembre 2015, leur nombre a « fortement décru » lors des phases suivantes, d’après un rapport du Sénat. En matière de perquisitions administratives par exemple, 3 594 ont été réalisées lors de la première phrase ; 161 lors de la dernière. Combien ont été prises avec ou sans l’accord d’un Juge ? Le Sénat ne le précise pas. La tendance est la même pour les assignations à résidence : de 350 lors de la première phase, à 89 lors de la dernière. Comme le Sénat le fait remarquer, « il serait réducteur de résumer l’utilité et l’efficacité de ce dispositif exceptionnel au nombre de mesures ordonnées ». Alors, de quels « résultats intéressants » M. Philippe parle-t-il ? C’est un mystère.

Mais la question fondamentale n’est pas là : veut-on vraiment créer des territoires dans lesquels les citoyens n’auraient plus les mêmes garanties juridiques que leurs voisins, au prétexte de vouloir lutter contre le narcotrafic ? D’autant plus que le gouvernement dispose déjà d’un arsenal particulièrement étoffé : la loi « visant à sortir la France du piège du narcotrafic », promulguée le 13 juin 2025, a renforcé les moyens de lutte contre la criminalité organisée et conduit notamment à la création d’un parquet spécialisé (Pnaco).

Un État de droit ne devrait pas avoir besoin de suspendre ses propres règles dès qu’il rencontre une menace sérieuse.

Recevez Contrepoints, le journal d'actualité libéral

Abonnez-vous gratuitement à notre journal d’actualité libéral. Recevez tous les matins une analyse libérale de l’actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs.


9 réponses

  1. Déjà que le nouveau PR élu s engage fermement derrière les forces de police au lieu de les clouer au pilori aux moindres petits bobos sur un délinquant dans une intervention
    Que l utilisation de la violence légitime par les forces de l ordre soit explicitement reconnue avec une présomption de légitime défense

  2. Il faut s’attendre, d’ici mai 2027, à un florilège de déclarations identiques de la part de tous les candidats : des mots qui sonnent bien, qui servent d’étendards à une interview ou déclaration politique, qui pénètrent dans les cerveaux surchargés des électeurs, des mots choisis par des spécialistes de la com et qui restent associés au candidat. Mais des mots derrière lesquels il n’y a rien, des incantations fumeuses sans réalité possible, des bonnes intentions irréalisables pour en paver l’enfer français. C’est le concours Lépine de l’élection à la Présidence. On souhaite que celui qui en dira peu, mais crédible, gagne le concours. En retenant son souffle pour voir ce qu’il en fera une fois élu.

  3. « D’autant plus que le gouvernement dispose déjà d’un arsenal particulièrement étoffé : »

    S’il n’est pas utilisé, l’arsenal ne sert à rien sauf à enfumer les citoyens.

  4. Mais bien sûr…!? c’est fou comme ils peuvent avoir des idées avant les élections Présidentielles …! Qu’a fait Edouard lorsqu’il était premier Ministre ?? Des âneries,
    comme d’habitude, en enfonçant un peu plus le Pays vers la faillite ! il n’a pas honte d’oser se présenter…!???

  5. Ils ne veulent pas envisager la seule solution évidente: pour cesser le narcotrafic il faut lui couper les vivres. Qui finance le narcotrafic? …les consommateurs bien sur,. Alors n’importe quel individu doué d’un esprit logique non polué par la politique comprendra qu’il faut des sanctions dissuasives envers les consommateurs pour arrêter la consommation. Point.
    Le baratin politicard de Philippe montre à quel point il est hors sol.

  6. Pour arrêter le narcotrafique il faut s’attaquer aux consommateurs. Abattement de 50% sur les remboursements de frais médicaux à vie pour tous les consommateurs dès repérage, soit lors d’une consultation médicale, soit lors d’un contrôle de police en plus de l’amende.
    La Sécurité sociale ne s’en portera que mieux. La carte vitale doit bien servir à quelque chose.

  7. Philippe jacasse pour nous inviter à oublier son minable passé Macroniste, sa soumission au « nullard de l’Elysée ». Premier Ministre il pouvait agir, Viré par Macron, son honneur serait sauf. La Macronie a fait trop de mal à la France, il faut exterminer ses racines qui tentent de ressuciter sur les ruines.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Contrepoints – Le média libéral de l’IREF

L’IREF (Institut de Recherches Économiques et Fiscales) est une association indépendante, sans but lucratif, financée uniquement par des dons privés.

Faites un don et soutenez un journal 100 % libre, libéral et sans subvention publique.