Depuis son élection en 2017, et même avant, Emmanuel Macron traîne une réputation sulfureuse de « libéral ». En cause notamment sa prétendue « politique de l’offre » (pour une mise au point voir la pendule de Philbert Carbon du 21 janvier 2025). Contrepoints a toujours démontré combien cette réputation était usurpée. Une nouvelle preuve vient d’en être donnée dans le JDNews (27 août 2025).
Selon un procédé assez étrange, le président de la République a fait au magazine des « confidences » juste avant la rentrée. Le titre de l’article est assez stupéfiant : « Après avoir protégé, il faut désormais rembourser ». Ce qui a retenu notre attention, ce n’est pas l’appel aux « compromis » lancé aux différentes formations politiques, mais le traitement qui est fait de nos finances publiques.
Les confidences du chef de l’État faites au JDNews témoignent de son étatisme pathologique.
D’abord, le chef de l’État tente de se défausser de sa responsabilité. En huit années, la dette publique n’a-t-elle pas haussé de plus de 1.000 milliards d’euros ? Certes, mais il ne faut pas oublier, dixit notre « Mozart de la finance », que la dette publique n’a augmenté que de 1,7 point de PIB par année. C’est mieux que Mitterrand (2,3 ) et surtout Nicolas Sarkozy (5,3), moins bien que Chirac (0,9), mais presque aussi bien que François Hollande (1,4) : de quoi se plaint-on alors ?
Mais c’est la suite qui est vraiment intéressante. Emmanuel Macron excipe des difficultés rencontrées : crise sanitaire, inflation, guerre en Ukraine. « J’assume ma part à partir du moment où cette part, c’est la protection des Français face à des crises historiques : c’est le salaire versé pendant le Covid, la facture d’électricité gelée pendant l’inflation ou la retraite indexée ». Et notre pompier pyromane de conclure : « « après avoir beaucoup dépensé pour protéger, il faut économiser et travailler pour rembourser » !
Nous ne nous attarderons pas sur les faiblesses évidentes de ces explications : une crise sanitaire qui ne justifie pas, loin de là , la totalité des 1.000 milliards de dettes supplémentaires, une « protection » qui s’arrête bien après la plupart des pays voisins, une inflation qui vient d’une création monétaire démesurée, etc.
Ce sur quoi nous souhaiterions insister, c’est sur le discours unilatéralement étatiste qui accompagne les « crises » : depuis les chocs pétroliers des années 1970, à chaque fois qu’une « crise » survient (pétrole, finances, santé, guerre, etc.), nos gouvernants croient qu’il appartient à l’État d’intervenir encore plus, donc d’accroître la sphère de l’État au détriment de la société civile. Manifestement, Emmanuel Macron n’a toujours pas saisi cette erreur majeure.
Illustration de couverture © Wikimedia Commons
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8 réponses
Rien compris ??? mais. c’est lui qui l’organise !!!
Macron constate les crises comme tout le monde, mais comme il n’a rien à faire de la France, il ne cherche pas à les résoudre, il nous les fait payer pour sauver son image, qui est psychologiquement sa seule boussole. Il ne protège personne, il achète des voix en prenant dans la poche des électeurs. Heureusement pour sa santé mentale, il se voile la réalité pour justifier son absence flagrante de vision politique, son narcissisme le sauve. Mais il faudra bien un jour que le pire président de la Vème soit confronté à son échec, ce qui le rendra encore plus cynique et dangereux… 2027 est loin, combien de temps s’accrochera-t-il encore pour diriger contre les français et abîmer leur pays ?
M. Macron a parfaitement saisi que chaque crise était l’occasion d’accroitre l’emprise de l’état sur la population et c’est ce qu’il fait avec abnégation mais sans le dire ouvertement bien évidemment. Il agit délibérément contre la population, pour l’édification de la grande et belle société socialiste. Et il n’est pas le seul puisque cela dure depuis 45 ans, soit par conviction, soit par pusillanimité et lâcheté. Il est donc faux de dire que lui est ses sbires n’ont rien compris ou qu’ils sont incompétents car, au contraire, ils ont parfaitement compris et ils agissent délibérément pour mettre la population en esclavage au service de l’état.
Oui il y a de cela et aussi : une vision méprisante du peuple , qu’il faut « éclairer » car il n’est pas « mûr » (entendu de la bouche de certains de mes amis) . Peuple bien sûr auquel ils n’appartiennent pas, eux planent au dessus du marigot tels des archanges célestes. L Etat est le nouveau Dieu et eux en sont les prêtres. C’est toute la vision du monde qui est déplacée. De mon point de vue pas étonnant dans une société aculturée sur le plan spirituel.
Erreur d’autant plus majeure que les récipiendaires n’ont aucune idée du cadeau qu’ils reçoivent et n’ont pas plus idée du côté empoisonné dudit cadeau (ie. combien ils ont reçu et comment ils le paieront plus tard et avec les intérêts) . Par ex les factures énergétiques gelées : la plupart de mes interlocuteurs français n ont vu que les hausses de l’électricité, ils n’ont pas vu combien la hausse était moins importantes que dans les pays voisins. Quand je le leur explique ils tombent de la lune. Tout est fait pour infantiliser, débiliter, déresponsabiliser, le gouvernement prend les français pour des nourrissons , les français le lui rendent en faisant des colères , cassant tout et se roulant par terre. Mais comment être étonner quand la Communication Non Violente est partout enseignée et portée au pinacle ? Dont le principe fondateur est « toute violence provient d’un besoin non satisfait » (à coller sur google pour ceux qui ignoreraient la CNV, faites aussi CNV pour voir l’emprise actuelle du phénomène) ? Alors on satisfait les besoins et on récolte la violence , car la CNV est une théorie fausse , totalement fausse .
Sans rapport avec la gravité du sujet je remarque la confusion généralisée entre points et %.
Vous écrivez …..dette publique augmente de 1.7 point de PIB par année. C’est mieux que Mitterrand 2.3% …..Hollande 1.4 .
S’agit-il de points ou de %. et dans le dernier cas,pas spécifié.
Permettez moi de rappeler qu’il y a une différence énorme entre points et %.
Merci pour votre lecture attentive. La coquille a été corrigée
L’incompréhension de Macron fâché tant avec les chiffres qu’avec l’Economie ne date pas d’hier . Il est absurde de dire qu’avec lui la dette n’a augmenté que de 1.7 point de PIB contre 5.3 avec Sarkozy c’est une vrai honte d’argumenter ainsi.
Quant à se défausser de toute Responsabilité , sa manière n’est pas inattendue , seulement d’une inélégance remarquable.
Je n’avais pas beaucoup de considération pour , aujourd’hui bien moins encore . Brigitte avait oh combien raison , nous le méritons pas .