Journal d'actualité libéral
|
vendredi 4 septembre 2026

Enseignants : il fallait vivre sur une autre planète pour croire que la « paie au mérite » récompenserait autre chose que l’appartenance politique

Temps de lecture : 2 minutes

L’article « Intentions de vote des jeunes : l’Education nationale et les médias publics ont réussi leur endoctrinement » que nous venons de publier a déclenché de très nombreuses réactions. En voici une d’entre elles envoyée par un enseignant :

Vu de l’intérieur, j’aimerais amener quelques éléments de réflexion. Le gauchisme des professeurs, souvent exagéré à droite, est lui aussi une conséquence, et non une cause. D’abord, la profession s’est beaucoup dépolitisée ces dernières décennies. Ensuite, d’après les sondages, 25% des enseignants votent RN, ce qui n’est pas rien. Les causes profondes demeurent institutionnelles.

1) La loi de 89 est le moment fondateur. Elle refonde entièrement l’école, en changeant sa finalité. Depuis cette loi, notre école n’est plus une institution vouée à la transmission de savoirs, mais un instrument d’ingénierie sociale.

2) Dans le sillage de cette loi vient le code de l’éducation, lui aussi rédigé par les socialistes. Lisons en particulier l’article L111-1, qui fixe les objectifs du système scolaire. Il est d’une confusion extrême, mais le premier objectif fixé est formulé ainsi : « Il [le système éducatif] contribue à l’égalité des chances et à lutter contre les inégalités sociales et territoriales en matière de réussite scolaire et éducative ». La première mission institutionnelle de notre école n’est pas d’instruire la jeunesse. Elle est de lutter contre les inégalités. C’est à dire que, dans sa structure légale même, notre système scolaire est fondé sur les bases du communisme.

3) Sous Hollande, 2013, mise en place des « parcours éducatifs », qui sont un doublon des programmes. Ils permettent un magnifique coup de Jarnac : si les programmes sont neutres, ces parcours, eux, sont complètement politisés. Les macroniens les ont utilisés à fond. La loi climat et résilience, pour résumer, fait du programme EELV une part des programmes scolaires. Un prof qui ferait la promotion du nucléaire, de l’industrialisation, serait hors la loi. L’éducation à la sexualité, plus récente, est un autre exemple de ces « parcours », qui permettent de contourner la neutralité des programmes.

4) Et c’est sur ce point que j’aimerais attirer l’attention des libéraux : le PPCR (Parcours Professionnels, Carrières et Rémunérations), à l’éducation nationale, constitue une victoire décisive, et je le crains définitive, pour la gauche. L’idée était de payer les profs au mérite. Bonne idée, tout le monde s’est-il exclamé. Sauf qu’à l’éducation nationale, le mérite ne connaît qu’un seul critère : le degré de gauchisme. Le PPCR fut un cadeau en or massif des macroniens aux réseaux de gauche, qui tiennent tous les centres de décision. Le clientélisme politique a explosé, les profs de gauche se remplissent les poches, les profs de droite sont marginalisés. Croit-on sérieusement que, lorsqu’un inspecteur de l’UNSA visite un professeur de l’UNSA, son évaluation s’opère sur de stricts critères professionnels ? Il fallait vivre sur une autre planète pour croire que cette « paie au mérite » récompenserait autre chose que l’appartenance politique.

Recevez Contrepoints, le journal d'actualité libéral

Abonnez-vous gratuitement à notre journal d’actualité libéral. Recevez tous les matins une analyse libérale de l’actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs.


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Contrepoints – Le média libéral de l’IREF

L’IREF (Institut de Recherches Économiques et Fiscales) est une association indépendante, sans but lucratif, financée uniquement par des dons privés.

Faites un don et soutenez un journal 100 % libre, libéral et sans subvention publique.