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vendredi 13 février 2026

Fiscalité et aides aux entreprises : pour une simplification radicale et efficace

Temps de lecture : 2 minutes

Dans un article publié le 21 juin 2025 (Journal des Libertés No.29), François-Xavier Oliveau, ingénieur de l’Ecole Centrale Paris, nous rappelle que la France se caractérise par une fiscalité très lourde, représentant 45,6 % du PIB en 2023, avec des prélèvements sur le travail (18 % du PIB) et sur la production (4,5 % du PIB) bien supérieurs à la moyenne européenne. Cette pression fiscale pèse sur la compétitivité et la capacité d’attraction des entreprises. Pour y remédier, l’État a mis en place des mécanismes dits « aides aux entreprises », qui ne sont en réalité que des compensations visant à atténuer les effets néfastes de la fiscalité excessive sur les individus liés aux entreprises : actionnaires, salariés, clients et fournisseurs. Ces dispositifs, qui totalisent environ 160 milliards d’euros, comprennent principalement des exonérations sociales (88 Mds), des réductions d’impôts via divers crédits et taux réduits (34 Mds) et des aides budgétaires diverses (40 Mds).

Ce système de prélèvement puis redistribution engendre de nombreux effets pervers : complexité administrative pour les entreprises, coûts de gestion élevés, risques d’utilisation inefficace des fonds publics et pressions politiques sur les entreprises. Les TPE et PME, en particulier, sont lourdement pénalisées par la multiplicité et la technicité de ces dispositifs. L’auteur souligne que ces aides masquent une vérité simple : ce n’est pas l’État qui crée de la richesse, mais les entreprises et les individus qui y sont impliqués.

Pour améliorer la compétitivité et simplifier le système, l’article propose une réforme radicale : réduire globalement la fiscalité tout en supprimant a priori les aides et compensations inefficaces. Seules celles pouvant démontrer une création de valeur supérieure à leur coût seraient maintenues. Cette approche, appelée « effacement parallèle », permettrait une baisse massive des prélèvements, potentiellement de 100 à 150 milliards d’euros, tout en neutralisant l’impact sur les finances publiques. La réforme concernerait l’impôt sur les sociétés, les impôts de production et certaines cotisations sociales, avec un calibrage destiné à être neutre pour tous les types d’entreprises, des grands groupes innovants aux PME locales.

Les bénéfices attendus seraient multiples : simplification administrative, baisse des coûts de gestion et de contrôle, meilleure attractivité économique et redistribution plus efficace de la richesse produite par les entreprises. Une telle réforme, pilotée en collaboration avec les partenaires sociaux et les représentants des entreprises, permettrait de sortir d’un système complexe et inefficace et de redonner un élan durable à l’économie française. L’auteur conclut que seule une réforme d’ampleur, plutôt que des ajustements cosmétiques, peut permettre de rendre le système fiscal compréhensible, compétitif et favorable à la création de valeur.

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6 réponses

  1.  » L’auteur conclut que seule une réforme d’ampleur, plutôt que des ajustements cosmétiques, peut permettre de rendre le système fiscal compréhensible, compétitif et favorable à la création de valeur. »

    La tronçonneuse, vite.

  2. Vous dites que cet effacement parallèle permettrait une diminution de 100 à 150 milliards des prélèvements tout en ne pénalisant pas les finances publiques. D’où viennent ces milliards ? A priori, d’économies sur les coûts administratifs des entreprises comme de l’état, donc de dépenses de personnel, personnel qu’il faudrait donc réorienter vers des tâches plus productives. Ce serait sûrement très utile, mais très coûteux socialement. C’est donc une réforme très lourde, mais nécessaire.

  3. « Une telle réforme, pilotée en collaboration avec les partenaires sociaux et les représentants des entreprises, »……

    Pour pouvoir impliquer dans cette réforme les partenaires dits « sociaux » comme les syndicats, il faudrait déjà qu’ils soient représentatifs de quelque chose et pas seulement d’eux mêmes! Et comme il n’est pas dans leur intérêt de changer le système, rien ne se fera!

  4. C’est un moyen simple qui a été créé pour capter une partie du butin par les intermédiaires de l’état avec tous ce que cela implique de prise de décisions. Je prends d’un côté, je prélève et je redistribue « le » reste de l’autre. Bonne année de vote.

    1. C’est un principe de gouvernement : favoriser une partie de la population, au détriment des autres, et cette partie soutiendra le gouvernement aux élections. Dans ne dictature, on favorise ceux qui détiennent la force : militaires, policiers, haut fonctionnaires. Dans une démocratie, on favorise les fonctionnaires, les assistés et autres profiteurs, au détriment de ceux qui produisent.

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