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dimanche 10 mai 2026

Fonction publique : toujours plus de congés !

Temps de lecture : 4 minutes

Les fonctionnaires bénéficient d’une multitude de congés divers et variés. Il était question d’y mettre un peu d’ordre. Reculant devant les syndicats, le Gouvernement propose des aménagements minimaux qui ne changeront pas la donne. Il augmente même leur nombre !

Les autorisations spéciales d’absence (ASA), vous connaissez ? C’est une dispense, de droit ou discrétionnaire, accordée aux agents publics leur permettant de s’absenter de leur poste tout en étant rémunérés.

Le maquis des autorisations spéciales d’absence

La loi du 6 août 2019 dite de « transformation de la fonction publique » prévoyait qu’un décret détermine la liste des dispenses liées à la parentalité et aux événements familiaux ainsi que « leurs conditions d’octroi ». C’était sans compter sur le manque de courage des ministres, la mauvaise volonté de l’administration et le pouvoir de nuisance des syndicats qui ont fait que ledit décret n’est jamais paru.

Pourtant, en 2023, la Cour des comptes, dans un bilan d’étape de la loi de 2019, enjoignait le Gouvernement à prendre le décret « sans tarder ». Sans succès. Finalement, le Conseil d’État, dans une décision rendue le 10 décembre 2025, ordonnait à l’exécutif de le publier et ce, sous un délai de six mois.

Cette fois le Gouvernement s’est décidé à prendre le taureau par les cornes. Un avant-projet a été soumis à concertation le 19 février 2026. Il a déclenché la colère des syndicats, opposés, comme on s’en doute, à toute rationalisation.

Ils se sont ainsi inquiétés de ce que des autorisations d’absence puissent être accordées « sous réserve des nécessités de service ». La diminution de certains congés a également été très commentée. Ils s’en sont, par ailleurs, pris à l’interdiction des négociations dans les collectivités, les hôpitaux ou les ministères pour augmenter le nombre de congés. Une pratique délétère et coûteuse – que nous avons dénoncée à de nombreuses reprises, tout comme la Cour des comptes – permettant notamment de contourner l’application des 35 heures hebdomadaires de travail.

Il semble bien qu’ils aient eu raison de faire part de leur mécontentement. Le nouveau texte présenté au Conseil commun de la fonction publique (CCFP) du 8 avril 2026 fait marche arrière sur un certain nombre de points.

Le texte initial prévoyait de moduler le nombre de jours d’absence pour assurer la garde d’un enfant malade en fonction de son âge. Jusqu’à présent, les fonctionnaires peuvent bénéficier de 6 jours d’absence par an quel que soit l’âge de l’enfant. L’avant-projet de décret accordait 6 jours jusqu’aux douze ans de l’enfant et 3 jours pour l’enfant âgé de douze à seize ans. Dans le texte présenté le 8 avril, cet aménagement a été retiré.

De même a été écartée la disposition qui alignait sur le droit privé le nombre de jours d’absence liés à un mariage ou à un PACS, le réduisant de 5 à 4 jours.

Le retour au statu quo ante réjouit les syndicats. Mais ils n’ont pas pour autant approuvé le texte qui leur était soumis. Ils sont notamment toujours vent debout contre la disposition qui rend impossible de négocier localement l’allongement des autorisations d’absence.

Le Gouvernement recule devant les syndicats et le projet, qui aura connu sept longues années de gestation, ne fait qu’entériner ce qui existe déjà. Décidément, Sébastien Lecornu semble être le Premier ministre des occasions manquées en plus d’être celui des promesses non tenues.

Le nouveau congé de naissance

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a créé un congé supplémentaire de naissance d’un à deux mois qui vient s’ajouter aux congés existants (congé de maternité, de paternité et d’accueil de l’enfant ou congé d’adoption). Il devrait être effectif à compter du 1er juillet 2026 pour les assurés actifs de l’Assurance maladie (salariés, travailleurs indépendants, agents contractuels de droit public, etc.). Il fallait bien sûr qu’il le soit aussi rapidement pour les fonctionnaires, égalité oblige !

Le projet de décret, qui a été soumis au Conseil commun de la fonction publique le 8 avril 2026, prévoit notamment de maintenir le traitement à 70% le premier mois et à 60% le second comme dans le secteur privé. Pour les syndicats, ce n’est pas suffisant. Ils réclament 100% pour que les parents puissent faire face aux dépenses accrues qu’implique l’arrivée d’un nouveau-né.

Le projet de décret soumis au CCFP modifie aussi la durée du congé pathologique prénatal, allongée d’une semaine pour passer à 21 jours.

Le congé supplémentaire de naissance viendra s’ajouter aux congés familiaux des fonctionnaires – congé de présence parentale (310 jours par période de 36 mois) ; congé de proche aidant (3 mois renouvelables dans la limité d’un an sur l’ensemble de la carrière) ; congé de solidarité familiale (3 mois maximum, renouvelable une fois) – et aux congés liés à la maternité, à la paternité ou à l’adoption.

La gabegie continue

D’un côté, le Gouvernement se précipite pour mettre en place rapidement le congé supplémentaire de naissance dans la fonction publique afin que les fonctionnaires soient sur le même plan que les salariés du secteur privé. De l’autre, il recule lorsqu’il s’agit d’aligner le nombre de jours d’absence liés à un mariage ou à un PACS dans la fonction publique sur celui du privé. Une conception de l’égalité bien élastique !

Ces mesures vont coûter cher, et sans doute plus qu’on ne le pense puisqu’il faudra bien remplacer les absents. C’est ainsi que le nombre d’agents publics poursuit irrémédiablement sa croissance.

Réduire le nombre de fonctionnaires et supprimer leur statut protecteur est une urgence. Il est malheureusement à craindre que cela ne soit pas à l’agenda des candidats à l’élection présidentielle de 2027. Bruno Retailleau, que l’IREF a reçu lors de son colloque du 9 avril 2026, n’y a pas fait allusion.

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11 réponses

  1. Il faut pousser, toujours pousser pour l’alignement des statuts sociaux. Je viens de lui écrire en ce sens. Comment peut-on avoir un service publique de qualité avec un tel absentéisme qui est la traduction d’une absence de motivation au travail.

  2. Donc ce sont les syndicats qui gouvernent la France, super ! Vu que ce gouvernement cède toujours, ils auraient tort de se gêner

  3. L’État donne toujours l’exemple de ce qu’il ne faut pas faire.
    Comment avec plus de fonctionnaires travaillant moins on va réussir à résorber nos déficits ?

  4. Plus de fonctionnaires avec plus de congés et donc moins de services, on va rapidement résorber nos déficits !

  5. Le billet parle des congés et absences mais le vrai sujet est l’incapacité des politiques (souvent fonctionnaires) et des exécutifs à faire travailler les fonctionnaires.
    Vivement l’instauration d’une initiative citoyenne pour faire voter les Français sur les sujets qui sont majoritaires dans l’opinion mais non mis en oeuvre par les élus.

  6. Chaque jour apporte son lot de gabegie des Finances Publiques !
    Il y a les rares travailleurs « actifs » du pays qui triment pour gagner ou faire gagner à leur entreprise l’argent qui servira à les rémunérer (parfois chichement) et qui ne profitent que de très rares avantages… et les fonctionnaires !
    C’est à dire ceux qui profitent des efforts des actifs et n’ont qu’une idée en tête : toujours plus de loisirs, de pouvoir d’achat. Ils sont encadrés par une hiérarchie dont la sur-rémunération n’a de comparable que leur inefficacité… auquel le téléglandage est venu leur apporter un nouveau souffle !

  7. C est vraiment curieux,car nous,les agents de terrain,on a le sentiment d ôter le pain de la bouche a nos rh,dès que nous demandons a poser rien que nos congés annuels…pas de jours a rallonge donc,je n y pense même pas!

  8. La « gôche » dans toute sa splendeur (euphémisme…) a fabriqué depuis presque un demi siècle, cette catégorie de feignants professionnels titulaires de postes dont ils sont indétrônables. Tant sur le plan local municipal, que départemental, voire régional, et atteignant les sphères de l’Etat.
    Il est URGENT de « dégraisser le mammouth » dixit Claude Allègre qui avait était visionnaire en ce domaine.
    Ensuite, revenir aux fondamentaux en remettant tout ce monde au travail, terme qui leur échappe aujourd’hui quand ils ne pensent qu’aux congés, avant leurs missions.
    Et j’ai été fonctionnaire de l’Etat (cat. B) durant quarante quatre ans, et n’ai jamais appliqué les assassines 35H !…

  9. Le gouvernement achète la paix sociale et l’absence de grèves des fonctionnaires, la gauche et ses avatars les syndicats achètent des électeurs. Tout va bien, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’argent. Quand ça arrivera, ce qui est inévitable, ce sera le décrochage XXL. Avec l’Euro, pas de planche à billets, pas de planche de secours pour le gouvernement. L’assurance vie des particuliers sera en première ligne.

  10. David Lisnard, candidat à la présidentielle de 2027, à dans son projet la fin du statut de fonctionnaire . Il aurait été correct de le dire.

  11. Pour gérer une entreprise, il faut entre 7 et 8% de non productifs, les fonctionnaires en France ne devaient pas dépasser ce nombre sur le nombre de travailleurs

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