Journal d'actualité libéral
|
vendredi 13 février 2026

Le Premier ministre écrit aux patrons pour leur dire qu’il ne tiendra pas ses promesses

Temps de lecture : 2 minutes

Sébastien Lecornu, après avoir juré de ne jamais le faire, va donc utiliser l’article 49.3 de la Constitution pour faire voter son budget 2026. Il avait aussi promis aux patrons qu’il baisserait la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) et qu’il diviserait par deux la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises. Promesses qui ne seront pas tenues.

Il a donc écrit aux organisations patronales pour leur expliquer ce revirement. Ce sont Les Échos qui ont révélé l’existence de ce courrier de trois pages, envoyé dimanche 18 janvier 2026.

Bien sûr, le Premier ministre ne dit jamais, dans sa missive, qu’il a reculé. Au contraire, il se félicite de « la stabilité des règles fiscales » : « Il n’y a pas de modification des dispositifs existants, pas de remise en cause des équilibres connus, pas d’instabilité normative ». C’est une façon élégante de dire que les impôts ne baisseront pas en 2026.

C’est aussi un mensonge éhonté puisque le projet de budget prévoit un renforcement de la lutte contre les pratiques de suroptimisation fiscale, les assimilant pratiquement à de la fraude, et une restriction de l’usage du pacte Dutreil « en empêchant qu’y soient logés des biens somptuaires qui n’ont rien à y faire ». Pour Les Échos, « le rabot avoisinerait les 200 millions d’euros ». Les holdings qui ont les mêmes pratiques seront également visés, précise le quotidien économique.

Au passage, Sébastien Lecornu a même le culot de remercier les entreprises pour « leur patriotisme économique ». L’argent qu’il leur prend – 8 milliards d’euros (Md€) pour la seule surtaxe sur les bénéfices – sera bien dépensé puisqu’il « contribuera directement au financement de l’accélération de notre trajectoire de défense ». En réalité, il servira à financer les mesures exigées par les socialistes : augmentation de la prime d’activité, repas à un euro au restaurant universitaire, augmentation de 400 millions d’euros des moyens des bailleurs sociaux, maintien de MaPrimeRénov’, augmentation du fonds vert pour engager des projets à l’échelle locale, etc.

Le premier ministre ose même écrire que « Ce budget est bon pour l’économie » et qu’il permettra de réduire le déficit « à 5 % du PIB, sans casser la cohésion sociale, ni la croissance ».

Après le vote d’Emmanuel Macron contre le traité de libre-échange avec le Mercosur, pourtant favorable à nos entreprises exportatrices, ce budget montre que la politique « pro business » de 2017 – en aucun cas une politique de l’offre – a bel et bien été abandonnée. C’est un mauvais coup contre les entreprises alors que la menace de nouveaux droits de douane américains plane, et que les défaillances sont au plus haut.

Recevez Contrepoints, le journal d'actualité libéral

Abonnez-vous gratuitement à notre journal d’actualité libéral. Recevez tous les matins une analyse libérale de l’actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs.


6 réponses

  1. Un mensonge est il une « fake news » ? Bien sur que oui !
    Alors, plutôt que de distribuer des labels aux médias pour lutter contre de soit disantes « fake news », Macron ferait mieux de s’intéresser aux menteurs de sa profession. Je propose à l’IREF de créer un label d’honnêteté et de sincérité, indépendant, à attribuer aux hommes, et femmes, politiques qui ne mentent jamais… Ca ne vous donnera pas beaucoup de travail !

  2. Les repas étudiants à un euro, c’est la prime accordée aux étudiants éternels, auxiliaires indispensables de la galaxie écolo gauchiste et grands fouteurs de m….. à la demande des grands chefs.

  3. Malheureusement ça risque de continuer même aprés la prochaine présidentielle.
    Tous les partis font du ‘’social’ car c’est populaire à court terme. Ça continuera jusqu’à la remontée du chômage et /ou creusement de la charge de la dette.

  4. Parce qu’il y en a encore qui croient aux promesses du gouvernement ???? Au père Noël peut être aussi ? Le pire c’est qu’un pays sont la majorité de la population est à droite subi depuis 1981 une politique socialiste…. Celle qui nous fait foncer droit dans le mur et là il est vraiment très très près

  5. Menteur, hypocrite, fourbe, malhonnête, ces qualificatifs conviennent parfaitement à ce Lecornu qui démontre bien qu’il est un socialiste pur jus, un idiot utile à la meute des révolutionnaires les plus enragés de Mélenchon.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Contrepoints – Le média libéral de l’IREF

L’IREF (Institut de Recherches Économiques et Fiscales) est une association indépendante, sans but lucratif, financée uniquement par des dons privés.

Faites un don et soutenez un journal 100 % libre, libéral et sans subvention publique.