Lors d’un débat, le « conservateur » François-Xavier Bellamy est apparu plus libéral que le « libéral atypique » Gaspard Koenig.
Le Point a réuni Gaspard Koenig, présenté comme « un représentant historique mais atypique du libéralisme », et le député européen LR François-Xavier Bellamy, une « figure du conservatisme » qui est aussi l’un de nos hommes politiques les plus intéressants sur le plan intellectuel. Nous retiendrons quatre points de leur long débat :
- Le libéralisme. Gaspard Koenig a dit ne plus employer « le mot libéral parce qu’il est trop pollué dans le débat public ». Une phrase surprenante puisque cela revient à ne plus se définir au motif qu’un courant doctrinal est vitupéré ou galvaudé ! « Mon libéralisme est celui de Tocqueville et John Stuart Mill », a-t-il poursuivi de manière inquiétante car, s’il s’agit de deux grands penseurs, le libéralisme du Français dans sa dimension économique est problématique et celui de l’Anglais verse coupablement dans le « socialisme libéral ». François-Xavier Bellamy a de son côté marqué son attachement au courant du conservatisme libéral : « Ma branche du conservatisme est celle d’un libéral comme Hayek ».
- Les successions. Gaspard Koenig a d’abord considéré qu’on taxait “beaucoup le revenu, mais très peu l’héritage » en en tirant pour conséquence qu’il fallait… taxer plus l’héritage ! Après avoir demandé l’abolition de la réserve héréditaire, il a suggéré, au nom de « l’égalité des chances » et de considérations utilitaristes sur « la hausse de l’entrepreneuriat », de « donner un capital à tous à la majorité, financé par la taxe sur l’héritage », ce qui a justement courroucé son contradicteur. Nous avons du mal à saisir en quoi une telle spoliation, prônée par tous les notes et rapports de gauche et d’extrême gauche publiés sur le sujet ces dernières années, serait libérale.
- L’écologie. Gaspard Koenig, là encore au grand dam de François-Xavier Bellamy, a déclaré : « Je ne suis pas décroissant, je suis non-croissant ». Il a estimé que le libéralisme et l’écologie ne se contredisaient pas, mais avec une conception étrange du libéralisme une fois encore : « Le libéralisme est une philosophie non dogmatique qui s’adapte au réel, quitte à se réformer ». Une conception qui aurait fait hurler Benjamin Constant ou Frédéric Bastiat qui, tous deux, ne voyaient de vérité que dans les principes et qui méprisaient par conséquent tout relativisme.
- La décentralisation. Gaspard Koenig est apparu ici pleinement libéral en défendant l’« autonomie locale, en appelant par conséquent à « revenir sur deux siècles de jacobinisme » par le truchement d’une « subsidiarité ascendante », y compris sur le plan fiscal. Des idées pleinement libérales, étant précisé que François-Xavier Bellamy a également eu le mérite de reprendre à son compte le terme de subsidiarité.
7 réponses
Vraiment surpris par ce billet !
Koenig le cuistre ultime passe son temps a clamer qu’il est libéral tout en voulant interdire a peu pres tout, tout du moins a rendre ses lubies obligatoires avec le ton perempteur qu’on lui connait.
Il y a 5-6 ans il se baladait en Chine et de retour il nous racontait que c’etait super, mais que les gens la-bas, eh ben ils sont vraiment différents.
Au secours.
Son approche de l’héritage disqualifie complètement ce M. Koening.
Ne pas avoir vu que l’héritage est ce qu’il reste après une taxation confiscatoire de la richesse créée par un être humain, il faut déjà le faire!
Vouloir lui refuser le droit d’en disposer et de le transmettre à sa guise est proprement « inhumain ».
Et penser qu’il suffit de recevoir un « capital » pour se transformer en entrepreneur est d’une naïveté déconcertante !
Nous retrouvons bien là tous les traits d’un « nouveau littéraire »… même atypique!
« Philosophe, essayiste, romancier et… homme politique français » !!!
CV:
Lycée Henri-IV (Paris)
École normale supérieure lettres et sciences humaines (promotion 2002)
Université Columbia (New York) ?
Agrégation de philosophie obtenue en 2004
Il n’a, semble t il, pas beaucoup mis les mains dans le cambouis ce monsieur?
Monsieur Koening veut confisquer l’héritage « financier » ? Que compte t il faire des autres héritages:
La beauté physique… on défigure?
L’intelligence… on lobotomise?
La taille… on ampute?
etc.
Ce monsieur devrait se faire rallonger le nez… il verrait un peu plus loin !
Oui Gaspard Koenig est un curieux libéral, il défend aussi le revenu universel. Et côté communistes, Fabien Roussel promet zéro taxation sur l héritage et veut « rendre l’héritage populaire » (sic) . Nous nageons vraiment dans la grande confusion politique et intellectuelle. En circulant sur le net, on peut lire des quidams affirmer que la Russie et la Chine sont des pays libéraux. Heureusement nous avons FX Bellamy , qui tient la barre dans cette confusion généralisée.
Il manque un accès au débat du Point. Le pb du libéralisme c’est l’individualisme exacerbé : ma liberté d’abord. Avec l’enrichissement général et la diminution des contraintes d’autrefois pour des millions de terriens, le bien commun n’existe plus. Le libéralisme ne me semble vraiment « fécond » qu’à l’intérieur d’une société organisée pour favoriser la coopération libre et l’excellence, pas l’individu.
https://www.lepoint.fr/postillon/bellamy-koenig-faut-il-abolir-l-heritage-02-11-2025-2602235_3961.php accès très limité tester avec Cafeyn
Bonjour, Je suis honnêtement curieux de savoir par quel raisonnement monsieur Feldman et chacun des commentateurs de cette brève pense pouvoir justifier d’un point de vue libéral un héritage qui ne soit pas au moins en partie universel..
Les larges accumulations de richesses entre des mains privées ne sont permises que par la protection de la puissance de l’Etat, dont les règles et les interventions sont presque toujours la principale voie de constitution de ces accumulations. Comment la protection par l’état de la transmission héréditaire de ces accumulations qu’il a lui même permis (et le plus souvent directement contribué à constituer) peut elle être présentée comme libérale? Un héritage est pour la personne qui le reçoit une rente et un privilège à l’état pur, de la richesse issue d’aucun effort de sa part. En quoi la protection des rentes et des privilèges d’état serait quelque chose de «libéral» ?
Les rentes sont un fléaux que le libéralisme combat, et la lutte contre les rentes est au coeur de son histoire et de ses principes fondamentaux. Face aux rentes qu’il n’est pas possible de supprimer, la seule manière de les rendre légitimes d’un point de vu libéral est de distribuer leur produit de façon égale et universelle directement aux individus sur qui elle a été prélevée. C’est pourquoi les politiques de revenu universel et de capital universel sont fondamentalement libérales: elles rendent le pouvoir de décision (sur comment dépenser l’argent issu des rentes que l’on aura pas réussi à supprimer) aux individus, et augmentent ainsi leurs libertés réelles, rendant la société plus libre ..au lieu de préserver les rentes et privilèges indus, et de concentrer la capacité de décisions entre les seules mains des politiciens et des héritiers.
Pour avoir fréquemment lu les délires de Koenig (ce cuistre) dans Les Echos et l’avoir entendu débiter ânerie sur ânerie, notamment sur les sujets agricoles, énergétiques et environnementaux, je confirme qu’il n’a rien d’un libéral et tout d’un m’as-tu-vu parisien.
Petit rappel au cuistre : aux termes de l’article 17 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, « la propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé si ce n’est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l’exige évidemment et sous la condition d’une juste et préalable indemnité ».
Et de lui demander de réfléchir avant de proférer des âneries sur les successions.