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mardi 22 septembre 2026

Groenland : Trump obtient par la menace ce qu’il aurait eu par la négociation

Temps de lecture : 2 minutes

Les États-Unis ont signé mardi un accord avec le Danemark et le Groenland, territoire autonome au sein du royaume danois, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, à New York, ce qui met fin à une crise ayant ébranlé l’Alliance atlantique ; Donald Trump menaçait en effet, depuis son retour à la Maison-Blanche en janvier 2025, d’annexer purement et simplement ce territoire.

Certes, le texte respecte la souveraineté du Danemark, a fait valoir Copenhague, à un détail près ; alors que l’accord de défense de 1951 entre le Danemark et les États-Unis permettait à Washington de déployer de facto autant de bases qu’il voulait et où il voulait, peu ou prou, dans ce territoire grand comme près de quatre fois la France métropolitaine mais peuplé de seulement 57 000 personnes, il était précisé à l’époque « dans les zones convenues ». Laissant ainsi un droit de veto théorique à Copenhague. Il n’en est plus mention aujourd’hui.

Toutefois, ce deal aurait très probablement pu être signé même sans les menaces de Trump, qui ont sérieusement détérioré la confiance entre les Européens et Washington, et gravement affecté partout dans le monde la réputation d’allié fiable des États-Unis. En outre, le « deal » n’est pas aussi somptueux que le président américain le prétend. Certes, l’accord interdit pour toujours toute installation d’une base ou tout investissement sensible de la Chine ou de la Russie sans accord explicite de Washington dans la plus grande île du monde… mais cela n’a jamais été envisagé sérieusement par quiconque. Par ailleurs, dans les régions polaires, selon la plupart des spécialistes, la question n’est pas tant qui peut « planter le drapeau » que qui peut le maintenir au vu de l’éloignement et du froid. Ce n’est ainsi pas un hasard si les États-Unis ont fermé leurs dix-sept installations militaires au Groenland fortes de 10 000 soldats déployées durant la guerre froide. À l’heure actuelle, ils disposent d’une seule base permanente, celle de Pituffik, avec environ 150 militaires, car ils estimaient depuis des années que cela suffisait au vu des développements technologiques.

Pour illustrer leur nouvelle détermination, les États-Unis ont annoncé mardi qu’ils prévoient de rouvrir l’ancienne base de Narsarsuaq, datant de la guerre froide et située dans le sud du Groenland, où résident actuellement quelques dizaines d’habitants, et d’installer une présence militaire dans l’est de l’île à Mestersvig, une base actuellement utilisée par une unité militaire danoise de traîneaux à chiens.

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