Sarah El Haïry plaide en faveur de « l’inclusion » des plus jeunes.
Nous avons dit en son temps tout le mal que nous pensions de la création d’un nouveau « machin » de la volonté d’Emmanuel Macron : celle d’un « haut-commissariat à l’Enfance », dont le poste est occupé depuis le 5 mars par Sarah El Haïry, issue du Modem. Il n’a pas fallu longtemps à cette dernière pour se distinguer.
En effet, Le Journal du Dimanche rapporte que le 15 mai l’ancienne ministre déléguée chargée de l’Enfance, de la Jeunesse et des Familles, a déclaré : « Je suis assez effrayée, et je pèse mes mots, du développement de mouvements, d’espaces ‘no kids’, où les enfants ne sont pas les bienvenus, où les enfants sont invisibilisés, voire interdits ». Elle a dénoncé la « pression sociale » de la part d’adultes « absolument excédés par le mouvement d’un enfant, par sa présence ou simplement par sa voix » et ce, « au détriment de l’inclusion (sic) et du bien-être des plus jeunes ».
Cette sortie n’a pas manqué de ravir la sénatrice socialiste Laurence Rossignol dès le lendemain sur RMC. En effet, cette dernière a déposé le 28 mars 2024 une proposition de loi (n ° 487) dont le titre même vaut le détour : « visant à reconnaître la minorité comme facteur de discrimination pour promouvoir une société ouverte aux enfants ». L’exposé des motifs et un condensé de socialisme sirupeux. En bref, il s’agit d’« interdire les discriminations faites aux enfants, exception faite (sic) des interdits qui seraient justifiés par la protection de leur sécurité et par leur minorité civile ». Les enfants étant « l’objet d’une intolérance de plus en plus assumée et décomplexée », la sénatrice veut ajouter au code pénal une nouvelle infraction qui complète la répression des discriminations. La présence des espaces sans enfants « traduit une volonté de refuser le commun, le vivre-ensemble » et elle les prive d’une « part indispensable de leur éducation, à savoir l’apprentissage progressif de la socialisation ». La sénatrice pointe également des « conséquences sur les parents » qui se trouvent « exclus de la vie collective ».
Nos lecteurs auront relevé l’usage du vocabulaire collectiviste et de l’infantilisation des Français (commun, discrimination, inclusion, vivre-ensemble) chers aux socialistes. Il semble que cet usage se répande de plus en plus chez certains proches de François Bayrou. Nous ne sommes pas naïfs au point de croire qu’Emmanuel Macron puisse reconnaître ses erreurs, mais la sortie de Sarah El Haïry serait un bon prétexte pour supprimer un haut-commissariat à l’Enfance qui n’aurait jamais dû voir le jour.
Articles connexes:
Le gouvernement lutte férocement contre la mode « no kids »
Emmanuel Macron veut créer un « machin » à la…
Journée de solidarité : Mme El Haïry, c’est l’Etat…
« La voie française » de Bruno Le Maire n’est pas…
La garde rapprochée d‘Emmanuel Macron : 10…
Serge Schweitzer : Le libéralisme : prélude et…
Pas de Pau, c’est François Bayrou !
Emmanuel Macron empêtré dans la question référendaire
13 réponses
Les propos de Laurence Rossignol , à commencer par le sempiternel  » vivre en semble  » sont ridicules, bouillie gnan-gnan que la gauche bien-pensante s’obstine à nous infliger.
Pour autant, une société qui n’a pas honte d’édicter et afficher des  » Interdits aux enfants et aux animaux « , comme on le voit notamment en Allemagne ou en Corée, en les mettant ensemble dans la catégorie des nuisances, une telle société est profondément malsaine et illogique à une époque où l’état de notre démographie est désastreux; c’est caractéristique d’une mentalité de  » vieux égoïstes indifférents alors que les conditions matérielles et financières faites aux familles découragent la natalité. Les enfants sont notre avenir, il ne faut pas l’oublier.
La seule remarque appropriée consisterait à promouvoir une meilleure éducation des enfants à contre-courant de la permissivité générale post-soixante-huitarde, décomposition morale prônée par les bien-pensants.
Qui prendra enfin la défense du droit à la discrimination, seule façon de lutter contre l’égaltarisme, insulte à la nature humaine?
Pour une fois je suis d’accord avec une ministre, la création d’espaces publics sans enfants est une aberration égoïste indigne d’une société qui se veut tolérante et généreuse. Que des adultes se regroupent en privé sans leurs enfants ou sans vouloir supporter les enfants des autres, c’est leur problème. Mais l’espace public appartient autant aux enfants qu’aux adultes.
Je note aussi avec regret que, même quand les socialistes ont une position qui me semble acceptable, leurs projets ne consistent qu’à inventer de nouvelles infractions, taxes et amendes. La critique avec de grandes et vagues idées, c’est facile, la mise en oeuvre pratique et efficace, ce n’est pas pour nos représentants. On devrait peut-être mettre en place un test d’aptitude à la députation pour tous les candidats au poste de député à chaque élection, quelle que soit leur orientation politique, cela éliminerait un certain nombre d’incompétents qui n’ont d’autre talent que celui d’enfumer les électeurs par des promesses intenables pendant les campagnes électorales.
Il ne s’agit pas d’espaces publics, mais d’espaces privés.
Me Jean-Philippe Feldman
Je retourne ces arguments qui se veulent inclusifs. La création de ces espaces « no kids » n’est-elle pas plutôt la conséquence de parents qui renoncent à éduquer leurs enfants en ne leur inculquant pas les règles de base qui permettent un mieux-vivre ensemble et l’apprentissage de la vie en société ? Qui n’a jamais été agacé par des enfants agités et insupportables dans un TGV, un restaurant, une salle d’attente ?
Exactement. Les gosses nouvelle génération sont mal élevés et les parents sans gêne ; qu’ils restent donc entre eux et ne fassent pas supporter leur progéniture insupportable aux gens qui n’en ont pas envie. C’est tout.
Je suis pour ma part également scandalisé que l’on invente des lieux « sans enfants » (dont je n’avais, pour être honnête, jamais entendu parler) et je ne comprends pas que vous puissiez, en creux, les défendre : c’est à mon sens plutôt grave que notre société évolue en ce sens.
Par ailleurs, je rappelle que « commun » n’est ni un gros mot ni un concept socialiste : la société, le peuple, la Nation sont des communs, et leur évolution, en bien ou en mal, nous concerne et nous affecte tous, individus qui en faisons partie. Aussi, n’ayons pas le tort de rejeter le concept pour le laisser à ceux qui, précisément, cherchent à se l’accaparer.
S’il s’agit d’espaces ou d’événements privés, les gens font ce qu’ils veulent.
Encore une fois, les socialistes déplorent les conséquences de ce qu’ils ont vénéré : si les enfants étaient éduqués , nous n’en serions pas là . Mais ils sont les 1ers à avoir voulu interdire d’interdire… Force est de constater qu’on demande aux autres de supporter ses propres enfants turbulents. Le pire c’est que ces gens se permettent un « on voit que vous n’avez pas d’enfants » alors que j’ai des jumeaux ! J’ai juste toujours pris soin d’emmener des activités où qu’on aille pour qu’ils soient occupés, tout simplement. Et à mon mariage, j’ai engagé 2 jeunes filles de ma connaissance pour s’occuper des enfants, pour que les adultes profitent de la fête, et les enfants de jeux entre eux. C’est pourtant simple, pas de quoi en faire une affaire politique.
Le nombre d’établissement adults only c’est peanut c’est un non débat. Il y a des endroits où les enfants n’ont simplement pas leur place pas parce qu’ils gênent mais parce que ce n’est pas un lieu qui leur est adapté. Un enfant ça a besoin de se défouler de bouger de crier pas de rester sage assis à rien faire. Desolee de le dire mais dans certains restaurants notamment haut de gamme type étoilé et dégustation de vins etc… les enfants n’ont rien à y faire déjà parce que le menu ne leur est pas adapté et par ailleurs l’environnement non plus. Quand on sortait en famille mes parents nous emmenait dans des endroits avec des aires de jeux… comme ça on jouait et eux mangeaient tranquilles. Des endroits comme de la balneo ne sont pas adaptés non plus. C’est des endroits où on cherche le calme et la détente pas du tout adapté aux enfants. Bref les enfants ont des espaces publics qui leurs sont réservés comme des aires de jeux ou je vois aussi des cafés familiaux fleurir avec plus d’espace pour les poussettes. Il faut comprendre que certaines offres sont destinées à un certain public. Ce n’est pas une discrimination mais juste une adaptation à la personne. Un enfant n’est pas un adulte et n’a pas les mêmes besoins. Ce n’est pas interdire les adultes only qu’il faut mais surveiller qu’il y ait assez d’options publiques pour les enfants. Et franchement le adult only j’en ai encore pas croisé en France contrairement à l’étranger…
Presque d’accord. Mais quand vous dites : « un enfant ça a besoin de se défouler, bouger, crier » je ne suis pas d’accord. Tout à un temps, c’est bien à ça que sert la récré. Et vous faites une généralité. Il existe beaucoup d’enfants sages naturellement, ce sont les intello. Petits, notre mère nous emmenait partout, avec un livre à lire ou à dessiner, tout se passait à merveille. Elle avait des félicitations dans les restaurants. Au supermarché elle nous laissait dans le rayon livres BD, faisait les courses et revenait nous chercher ou alors on la rejoignait en remontant tranquillou l’allée centrale. Tout est affaire de tempérament de l’enfant et d’éducation adaptée, regardez les excellents résultats de Super Nanny dont les règles sont justes de la logique.
Si des endroits « sans enfants » existent, ce n’est pas à cause des enfants, ni des gens qui veulent la tranquillité, mais à cause des gens qui ne donnent aucun cadre à leurs enfants. Et les enfants sans éducation sont hélas de plus en plus nombreux.
Je suis tout a fait pour ces endroits « adults only » car je n’ai pas envie de supporter les enfants braillards et mal élevés des autres. Quand la mienne était petite, soit il y avait ce qu’il fallait pour les enfants et elle venait car elle pouvait s’amuser pendant que nous profitions entre adultes d’autres activités, soit ça n’était pas adapté pour les enfants et elle était bien mieux à la maison avec ses jouets etc sous la surveillance d’une baby-sitter… aujourd’hui les jeunes parents (enfin pas tous) veulent faire vivre leurs enfants comme des adultes pour en réalité ne pas se frustrer. Avoir des enfants ce sont des obligations et des contraintes et des sacrifices qu’il faut assumer. Pas uniquement du fun. Ce ne sont pas des jouets.
Un bon exemple : Buffalo Grill avec sa feuille de papier avec quelques jeux et coloriages pour les enfants. Les parents sans idées n’ont qu’à adopter cette façon de faire, elle parle d’elle-même !
Les enfants bien élevés sont partout les bienvenus. Dommage qu’ils soient de plus en plus rares ! L’ensauvagement de notre société et la délinquance juvénile ne prendraient-ils pas leurs racines dans l’absence d’éducation de certains enfants ?
La liberté de chacun s’arrêtant à celle où commence celle des autres, on ne voit pas de quel droit l’état se mêlerait-il d’imposer à des sociétés privées la présence d’enfants bruyants et mal élevés à des personnes à la recherche de calme ! Il n’est pas interdit aux parents laxistes d’emmener leur progéniture dans des défouloirs pour « petits sauvageons «Â