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vendredi 13 février 2026

La polémique inutile autour du rachat de l’entreprise LMB Aerospace

Temps de lecture : 2 minutes

Du jour au lendemain, l’entreprise LMB Aerospace est devenue célèbre. Installée à Malemort-sur-Corrèze, elle fabrique des moteurs et ventilateurs électriques principalement pour l’aéronautique et la défense. Elle équipe notamment les avions « Rafale » de Dassault ou les hélicoptères « Tigre » d’Airbus. LMB est aussi installée aux Etats-Unis où elle réalise 30% de son chiffre d’affaires. Elle y fournit en particulier les avions de chasse F-15, F-16 et F-18, les hélicoptères Apache et Black Hawk, mais aussi les Boeing 747 et 777.

Les fonds d’investissement français qui détiennent LMB depuis 2022 ont décidé de céder leur participation à Loar Group, une entreprise américaine de composants pour les industries aérospatiales et de défense. Le ministère de l’Économie et des finances a approuvé la vente « sans exiger l’implication de Bpifrance » comme le voulait la Direction générale de l’armement (DGA) selon le media La Lettre.

Aussitôt la classe politique s’est déchaînée. Pour la députée LFI Aurélie Trouvé, il est « suicidaire » de faire passer « un industriel stratégique pour la défense et l’aéronautique françaises entre les mains des USA de Trump ». Jordan Bardella, le président du RN, voit dans cette cession « la grande braderie de la France ». Marine Le Pen a accusé le gouvernement de commettre « une véritable trahison contre la souveraineté nationale ». Le sénateur LR Cédric Perrin a déclaré : « Ça me désole. Une fois de plus, c’est une partie de notre souveraineté et une entreprise française qui disparaît ». La sénatrice PS Hélène Conway-Mouret s’est dit « choquée » par une telle décision. Nous pourrions continuer longtemps cette litanie, entonnée de tous les bords de l’échiquier politique.

La chronique de Jean-Marc Vittori dans Les Échos vient heureusement remettre un peu d’histoire dans tout cela. Il nous apprend que LMB signifiait au départ… « La Magnéto belge ». Née en Belgique en 1917, l’entreprise a traversé la frontière en 1940 pour s’établir en Corrèze et devenir, après la guerre, « Le Moteur de Brive ». Dans les années 1980, elle est vendue à l’américain EG & G qui la cède ensuite à Honeywell. En 2012, le capital-risqueur français MBO + la rachète puis la revend en 2022 aux fonds d’investissement qui sont en train de s’en défaire à leur tour.

Parler d’un fleuron français pour une « entreprise belge devenue française achetée par des Américains puis reprise par des Français avant de redevenir une propriété américaine » est assurément exagéré. Sous-traitant de rang 2, elle n’est sûrement pas, comme l’écrit Vittori, « une pépite à mettre au coffre ».

Nos élus ont, une fois de plus, manqué l’occasion de se taire. Que ceux qui s’émeuvent de la vente de LMB se demandent pourquoi aucun Français n’a voulu y investir 400 M€. La frénésie taxatrice dont ils ont fait preuve ces derniers mois au Parlement n’y serait-elle pas pour quelque chose ?

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4 réponses

  1. « Que ceux qui s’émeuvent de la vente de LMB se demandent pourquoi aucun Français n’a voulu y investir 400 M€. La frénésie taxatrice dont ils ont fait preuve ces derniers mois au Parlement n’y serait-elle pas pour quelque chose ? »

    Votre interrogation est tout à fait pertinente.

    Au passage on rigole: « Pour la députée LFI Aurélie Trouvé, il est « suicidaire » de faire passer « un industriel stratégique pour la défense et l’aéronautique françaises entre les mains des USA de Trump ».
    Ce serait entre les mains des USA de Biden ou d’Obama n’aurait posé aucun problème. Il est beau le soucis de souveraineté nationale de nos LFistes !

  2. Vous faite bien de relativiser…
    Alors, pourquoi cet emballement? Tout simplement parce que la confiance dans nos gouvernements a disparue depuis longtemps. Depuis la vente des turbines « Arabelle » aux USA par Macron suivie d’un rachat au double du prix. A cette occasion on nous a fait croire que nous avions retrouvé notre souveraineté sur ces turbines, élément essentiel des notre nucléaire civil, alors que l’on se garde bien de nous dire que les brevets du système de contrôle commande sont toujours propriété des USA ! Ils ont donc gardé le pouvoir de bloquer nos turbines.
    Alors oui, on a toutes les raisons de douter de la clairvoyances de nos gouvernants dès que cela touche notre indépendance! Ces reflexes épidermiques sont excusables.

      1. Si ce n’est qu’il est ici question d’une affaire qui touche à la Défense Nationale et, donc, en plein dans les prérogatives régaliennes de tout État qui se respecte… et les intérêts de la Nation qu’il a la charge de défendre et d’administrer.

        Or, comme vous le dites, notre gouvernement ne s’illustre guère pour le souci qu’il montre à endosser ses prérogatives régaliennes : de telles affaires ont donc tout pour inquiéter la Nation française que nous sommes.

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