C’est un aveu d’échec : dans un courrier qui leur était adressé, la préfecture de police a invité les commerçants à faire appel à des agents de sécurité privée en vue des prochaines émeutes, appelées timidement « mobilisations », prévues le 24 octobre. Patrice Faure, le préfet de police de Paris, a prévenu que le dispositif de maintien de l’ordre renforcé ne pourra « garantir à lui seul la protection de chaque établissement ». Ils sont encouragés à adapter leurs horaires, voire à ne pas ouvrir du tout, à baisser les rideaux métalliques, à protéger les vitrines et à rentrer les terrasses.
Les commerçants devront donc payer par eux-mêmes pour assurer leur propre sécurité. À ce stade, à quoi bon continuer à payer des impôts ? Dans le pays quasi champion du monde en la matière (le ratio prélèvements obligatoires/PIB de la France était de 43,5 % en 2025 – le deuxième plus élevé après le Danemark), on pourrait s’attendre à ce que l’État soit capable d’assurer ses fonctions régaliennes. Mais non. L’État providence, qui se mêle par définition de tout et n’importe quoi – de l’économie, l’agriculture, l’éducation, en passant par l’égalité hommes-femmes ou l’intelligence artificielle – n’est, de toute évidence, plus capable d’assurer ses missions premières.
Devant les hordes de racailles qui n’hésitent même plus à pénétrer dans les immeubles et à brûler des appartements, les services de sécurité privé ne suffiront probablement pas aux commerçants et aux habitants. Si ceux qui nous gouvernent continuent de faire le choix politique de l’insécurité, il conviendrait également d’ouvrir un débat sur la légalisation du port d’armes à feu , le droit de résistance à l’oppression étant un droit naturel consacré par la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, voire sur la privatisation des rues – ce que l’économiste Bertrand Lemennicier défendait, notamment pour lutter contre la criminalité. Une société libre ne peut durablement reposer sur des citoyens sommés de payer toujours plus pour une protection dont ils doivent ensuite financer eux-mêmes les substituts.
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