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dimanche 8 novembre 2026

La Révolution annoncée de LFI et Mélenchon : vigilance rouge

Temps de lecture : 4 minutes

LFI n’est pas un parti comme les autres. Plus ample, il se veut un mouvement qui assume un gauchisme très organisé d’origine marxiste et trotskyste. Mélenchon en est le chef d’orchestre.

LFI est véritablement un parti révolutionnaire qui veut renverser l’ordre établi. Dans son vade mecum publié le 10 février 2026 sous le titre Comment faire[1],  LFI reste d’ailleurs attaché à la légende que le communisme s’est inventée : l’URSS, le bloc socialiste de l’Europe de l’Est et la Chine de Mao ont permis « un bond de développement inouï des forces productives de ces pays, avant ensuite un retour féroce du capitalisme, dès lors sans rival. » (p. 30)

Jean-Luc Mélenchon a déjà dit que la Révolution française devait être continuée (celle de la Terreur donc) car elle n’était pas épuisée. Il appelle à une « révolution citoyenne » qui décrètera « l’état d’urgence social ou l’état d’urgence écologique ». Il veut repenser la propriété appelée à devenir essentiellement collective. « J’ai bien l’intention de réquisitionner les propriétés » a-t-il déclaré.

Un nouveau prolétariat

Le mouvement LFI prend acte que ce n’est plus le prolétariat salarié qui peut transformer la société en renversant la bourgeoisie. Les anciens communistes ayant adhéré au RN, il lui a fallu trouver d’autres prolétaires comme moteurs de sa révolution. Il utilise donc désormais comme fer de lance un « peuple » théorique, « d’une réalité sociale différente de celle nommée « classe ouvrière ». Il englobe cette dernière mais il ne s’y résume pas. Contrairement à elle, il ne se définit pas uniquement par sa place dans la production marchande : il s’agit d’un  « agrégat social » dont la coagulation politique vient de sa dépendance à l’ensemble du processus de circulation par lequel se réalise concrètement l’accumulation capitaliste ! » (p. 10). Il reconstruit le peuple prolétaire, « balkanisé » par le libéralisme, dans la pratique et la convergence des luttes. C’est le moyen pour lui d’inclure les immigrés musulmans, les jeunes, les femmes… dans ce nouveau corps révolutionnaire. « Ce peuple se met en mouvement comme un aboutissement d’un conflit social dont il prend conscience. » LFI a été créé pour en assurer la dynamique sur la base d’une vision dont « le but affiché est une société d’harmonie » (p. 47), c’est-à-dire une société sans conflits parce que sans classe, vieille utopie marxiste qui conduit inévitablement au totalitarisme.

De nouveaux ennemis

Le mouvement LFI puise aussi à mai 68 et à la révolution spontanée et permanente : « La révolution citoyenne n’appartient pas au mouvement. Ce n’est pas un projet. C’est un fait qui s’auto-réalise. […] En ce sens, au total la révolution citoyenne est une révolution sociale et politique. […] un processus autonome et auto-organisé y conduit. La stratégie insoumise l’accompagne donc en se mettant au service de son déploiement. » (pp. 63 et 64)

Mais conformément au matérialisme historique et dialectique développé par Lénine et repris par Staline, cette révolution a besoin d’ennemis et de luttes pour s’accomplir. Le programme LFI souligne combien « la provocation et la mise en scène de la conflictualité sont des outils utiles et productifs. » (p. 86) Le Rassemblement national sert d’exutoire parfait : « […] nous ne rencontrons plus en face de nous qu’un bloc idéologique cohérent, celui de l’extrême droite qui ne fonctionne que dans un registre sémantique très étroit. » (p. 86) Il sait bien que les violences permanentes, qu’il encourage, donnent des voix au RN, mais il croit que le pire favorisera l’avènement de la révolution, que, à moyen terme du moins, il gagnera en renversant le RN.

Le samedi 24 octobre, dans les manifestations contre le congrès du RN à Orléans, Bally Bagayoko défendait dans une rhétorique marxiste accomplie que les personnes qui manifestaient étaient précisément celles qui restaient attachées aux valeurs de la République venues s’opposer à ce qu’il considérait comme une banalisation de l’extrême droite. Il soutenait que le RN n’était pas une formation politique comme les autres, qu’à ce titre il ne devait pas être normalisé, et que le droit à la riposte populaire était aussi légitime que le droit de manifester ! Une manière de justifier une demande d’interdiction du RN.

Un seul but : renverser le pouvoir

Le seul but de LFI est bien de renverser le pouvoir. Pour ne pas le dire explicitement, il cite habilement Léon Blum au congrès socialiste français de 1920 à Tours : « La conquête des pouvoirs publics, qu’est-ce que cela signifie ? Cela signifie : prise de l’autorité centrale qui, actuellement, s’appelle l’État, par n’importe quels moyens, sans que ni les moyens légaux, ni les moyens illégaux soient exclus. C’est la pensée socialiste. » (p. 27) LFI veut prendre le pouvoir par n’importe quel moyen, y compris la violence et la terreur. Mais Mélenchon est habile, manœuvrier. Il ne dit jamais les choses qu’à moitié, il suscite les événements ou se les accapare, des Gilets jaunes à la révolte lycéenne, il sème le vent de la colère et récolte la tempête de la révolution. « Le Mouvement, dit-il, doit accompagner et construire les conditions de la conflictualité. » (p. 69) LFI est une organisation terroriste. Mais Mélenchon dira toujours que ce n’est pas lui, c’est le mouvement citoyen spontané qui s’exprime sur les nouvelles barricades que sont les ronds-points et les réseaux sociaux. Le mouvement LFI en organise la trame, coordonne, fédère par l’action de ses acteurs sur le terrain qui agissent, au travers de « près de 5 000 groupes d’action dans toute la France » (p. 75), avec « une obligation de discrétion absolue [… qui] seule rend le travail commun possible. » Une telle discrétion cache bien sûr des actions malveillantes. Dans tous les cas, le but est bien de vaincre et « Le parti guide vainqueur est promis à devenir un parti-État » (p. 69) sur le modèle communiste donc.

A nous de nous réveiller ! LFI est dangereux, très dangereux. Il prospère sur la faiblesse des partis du centre mou qui, dit-il « ont perdu toute capacité d’initiative et croupissent dans le vocabulaire limité des indignations surjouées à répétition et les formules toutes faites du vocabulaire de l’intrigue politicienne. » (p. 86) Aux libéraux de démontrer la force, la cohérence et l’intelligence des idées libérales et offrir une alternative crédible.


[1] Auquel toutes les citations indiquant la page font référence dans cet article.

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