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samedi 10 octobre 2026

Dividendes : les élus LFI ne comprennent décidément rien à l’économie de marché

Temps de lecture : 2 minutes

La France est le pays d’Europe dans lequel le montant des dividendes versés a été le plus élevé au second trimestre 2026, à hauteur de 70,4 milliards de dollars (plus de 61 milliards d’euros), devant l’Allemagne (51,3 milliards de dollars) et la Suisse (34,6 milliards). Ce record s’explique principalement par un dividende exceptionnel versé par l’entreprise Bolloré et par la progression de 5,1 %, en glissement annuel, des dividendes par action de Sanofi.

La médiatisation de ce chiffre a donné lieu au festival de l’inculture économique, sponsorisé par La France insoumise (LFI). Après « les milliardaires sont des nuisibles », l’eurodéputée Manon Aubry a déversé ses paroles fielleuses sur les actionnaires, qu’elle compare à des voleurs : « 61 milliards pris du travail de centaines de milliers de salariés qui aujourd’hui peinent à se nourrir et subissent l’envolée du prix de l’essence. » Pour le député LFI-NFP Emmanuel Fernandes, une telle somme est la preuve que le gouvernement se moque de nous et que les actionnaires s’enrichissent sur le dos des Français. « Ça suffit ! » a-t-il affirmé sur X. LFI sera là en 2027 pour instaurer un « juste partage des richesses ».

Ces déclarations montrent l’étendue de l’ignorance économique des élus LFI, et ce à plusieurs titres :

  • Les dividendes ne sont pas volés aux salariés ; ils sont la contrepartie de l’investissement des actionnaires dans le capital de l’entreprise. Sans investissement, pas d’emploi, pas de salaires. Opposer les actionnaires aux salariés est donc un non-sens : les uns apportent du capital et supportent le risque financier, les autres apportent leur travail. L’entreprise a besoin des deux.
  • Des millions de Français sont eux-mêmes actionnaires : assurance-vie en unité de compte, PEA, CTO, PER, épargne salariale… L’Association française de la gestion financière (AFG) estime d’ailleurs qu’ils étaient près de 13,2 millions à bénéficier de l’épargne salariale ou d’épargne retraite d’entreprise en décembre 2025. Les dividendes ne sont pas seulement une affaire de milliardaires : ils peuvent aussi contribuer à la rémunération de l’épargne des salariés et des futurs retraités.
  • Le versement des dividendes n’enrichit pas les actionnaires : le jour du détachement, le cours de l’action baisse mécaniquement du montant distribué, l’actionnaire échange une fraction de la valeur de son titre contre du cash. L’opération est neutre pour son patrimoine, et même négative une fois l’impôt acquitté. Ce qui enrichit l’actionnaire, ce n’est pas le versement, c’est la valeur créée par l’entreprise ce qui suppose précisément qu’elle investisse et qu’elle emploie.

Il faudrait donc expliquer aux élus LFI une notion élémentaire : le capital n’est pas l’ennemi du travail. Les 61 milliards d’euros distribués ne sortent pas des salaires pour remplir les poches des actionnaires ; ils correspondent à la rémunération d’un capital investi, et une partie de ce capital appartient directement ou indirectement à des millions de Français. Punir ceux qui apportent ce capital, comme le veut ce parti de crypto-bolchéviks, ne crée pas davantage de richesse, mais risque surtout de rendre l’investissement moins attractif.

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23 réponses

  1. Ils vont se rendre ridicules dans les prochains débats pour les présidentielles, si les adversaires à LFI ont suffisamment de charisme, d’aisance, de mots qui percutent et de diplomatie.

    1. Pas du tout, les franchouillards ignares applaudissent des 2 mains tous ces propos populistes en réalité de vieilles ficelles ressorties à toutes les élections

  2. Si si ils ont très bien compris, meilleure est l’économie, moins il y a de pauvres, et moins il y a de pauvres moins ils ont d’électeurs…
    N’oubliez jamais que la pauvreté est le fond de commerce de la gauche. S’il y en a moins il faut en fabriquer… ou en importer.

  3. « à hauteur de 70,4 milliards de dollars (plus de 61 milliards d’euros), devant l’Allemagne (51,3 milliards de dollars) et la Suisse (34,6 milliards) »

    Je ne sais pas si ce genre de comparaison a grand sens, qui ne tient pas compte semble t il du nombre d’entreprises versant des dividendes….

    1. Quand l’incertitude est forte, il faut des dividendes plus élevés pour vaincre la défiance. C’est normal dans un pays d’idéologie communiste .

  4. Par ailleurs, je crois bien avoir entendu aux meilleures antennes (BFM) un quidam « économiste » réclamer la fiscalisation des dividendes, comme si ce n’était pas déjà le cas !

  5. « …centaines de milliers de salariés qui aujourd’hui peinent à se nourrir… »
    Cette courge essaie de nous faire croire que les salariés au hasard de Sanofi, Total, Air liquide, Michelin, LVMH… les banques etc etc etc crèvent de faim !

    1. C’est ce qui me fait toujours bondir : les gauchistes critiquent toujours les entreprises du CAC40 en oubliant que les salariés de ces entreprises sont particulièrement bien lotis !
      Et jamais un journaliste au 20h pour les reprendre, jamais de « fact-cheking » contre les déclarations gauchistes.

      1. Sans compter que l’Etat touche aussi un paquet de dividendes ! Ce qui n’effleure pas les journalistes que vous évoquez…

      2. Vous oubliez que les souverainistes nationalistes ont à peu près les mêmes arguments
        La gauche comme la droite reprennent volontiers ces arguties populistes car Les gaulois adorent

    2. Effectivement ce ne sont pas les salariés des très grosses entreprises qui peinent à se nourrir, mais ceux des TPE voir PME qui gagnent bcp moins et n’ont pas les même avantages !

  6. Les dividendes sont depuis longtemps instrumentalisés par la gauche et leurs officines pour démontrer, preuves à l’appui, l’avidité des actionnaires et leur soif du sang des travailleurs (sic). C’est facile et commode pour eux (et leurs électeurs) qui ne comprennent rien au fonctionnement du marché financier. Les dividendes font ainsi parti des mythes de la finance. Voir M. Albouy, « Mythes et dérives de la finance au XXIe siècle », Economica, 2024.

  7. Nous avons des systèmes à objectifs opposés. Dans l’un tout est tendu vers une égalité matérielle. Dans l’ autre c’est la création de richesse et la croissance qui prévaut. Tout le reste découle de ces buts divergents. Le capital permet la croissance ? Nul doute que les premiers seront vent debout contre. Déployer des énergies « vertes » non rentables, nul doute que les seconds seront contre.

  8. Dans des entreprises qui se développent, les dividendes sont faibles ou nuls puisque les bénéfices sont réinvestis

    De hauts dividendes sont typiques des entreprises matures ou vieillissantes

    1. Parfaitement exact. Nos ministres et parlementaires, obligés à une déclaration de patrimoine, ne possèdent généralement aucune action d’entreprise….

  9. Qui encaisse les dividendes ? Les actionnaires.
    Qui sont les actionnaires ? Les Français.
    Qui sont les électeurs qui votent LFI ? Les Français.
    Qui se tire une balle dans le pied ? LFI
    CQFD

  10. S’il n’y a pas d’investisseurs, seuls à prendre des risques, il n’y a pas d’entreprises, dès lors, il n’y a pas d’employés et pas de salaires ! Il est donc normal que le risque soit rémunéré (dividendes).
    Inutile d’expliquer le bon sens aux élus LFI , ils ne comprendraient pas !

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