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lundi 24 août 2026

Manon Aubry veut interdire les milliardaires

Temps de lecture : 2 minutes

Faut-il interdire les milliardaires ? C’est la question à laquelle Manon Aubry, co-présidente du groupe de la Gauche au Parlement européen, a tenté de répondre à l’occasion d’un débat de l’université d’été de la France insoumise, le 21 août. La députée européenne a révélé le fond de sa « pensée ». « Taxer les riches, ce n’est pas suffisant (…). Il ne faudra pas seulement taxer les riches, mais interdire les milliardaires, car sans milliardaires, il n’y a plus personne qui détient les médias, il n’y a plus personne qui massacre la planète » a-t-elle affirmé avant de les comparer à des formes de « nuisibles ».

Faudrait-il empêcher quiconque de dépasser le seuil du milliard d’euros, confisquer au-delà de cette somme les entreprises, actions et biens concernés, ou empêcher les entrepreneurs de créer une entreprise susceptible de prendre suffisamment de valeur ? Cette proposition démagogique de Manon Aubry revient à nier, purement et simplement, le droit de propriété et est donc très probablement inconstitutionnelle. Mais cela ne semble pas effleurer l’esprit de son auditoire qui applaudit dans un enthousiasme béat.

D’ailleurs, ce même auditoire ne semble pas avoir conscience qu’un milliardaire ne possède pas « les médias » : il peut détenir une participation dans certains d’entre eux,  sans nécessairement en contrôler la ligne éditoriale. Quant à l’argument selon lequel les milliardaires « massacrent la planète », il suffit de regarder la répartition mondiale des émissions pour mesurer la faiblesse du raisonnement. Les émissions sont d’abord liées aux modes de production et de consommation, à l’énergie utilisée et au niveau d’industrialisation des économies. La Chine, l’Inde ou d’autres grandes économies émergentes pèsent aujourd’hui lourdement dans les émissions mondiales de gaz à effet de serre, sans que l’on puisse pour autant attribuer cette réalité à quelques centaines de milliardaires.

Plus fondamentalement, cette rhétorique fascisante, fondée sur la haine de classe, rappelle les politiques de désignation d’un ennemi intérieur : identifier un groupe social, lui attribuer collectivement les maux de la société, puis présenter sa mise à l’écart comme une nécessité. Il est difficile de ne pas voir, derrière le vernis anticapitaliste, une conception particulièrement antilibérale de la société : certains citoyens auraient des droits tant qu’ils ne deviennent pas trop riches. Et c’est peut-être là le plus inquiétant dans cette sortie de Manon Aubry : elle ne propose plus seulement de prendre davantage aux milliardaires ; elle suggère qu’ils seraient, par nature, de trop.

La conséquence la plus ironique serait peut-être que les « nuisibles » dénoncés par Mme Aubry n’auraient même pas besoin d’être interdits : il suffirait de leur offrir un environnement fiscal suffisamment hostile pour qu’ils partent d’eux-mêmes… sans pour autant faire disparaître les pauvres, ni créer plus de prospérité. Au contraire.

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