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mardi 1 septembre 2026

Contrairement à ce que soutient Manon Aubry, les effectifs salariés des grandes entreprises ont augmenté ces dernières années

Temps de lecture : 2 minutes

Dans son interview accordée à Laurence Ferrari sur CNews le 1er septembre, l’eurodéputée de La France insoumise Manon Aubry a affirmé : « sur ces dernières années, les grandes entreprises ont détruit 173 000 emplois ». Un constat qui s’appuie sur une réalité statistique, mais qui mérite d’être largement nuancé.

Une étude de l’Insee publiée le 24 août dernier sous le titre « Créations d’emplois par catégorie d’entreprises entre 2012 et 2022 » permet justement de distinguer les créations et destructions d’emplois des transferts d’effectifs entre catégories d’entreprises. Dans le secteur marchand non agricole, toutes les catégories d’entreprises ont vu leurs effectifs salariés progresser sur la période. Cette évolution résulte de deux phénomènes : les créations ou suppressions d’emplois, et les changements de catégorie liés notamment à la croissance des entreprises, aux rachats et aux fusions-acquisitions.

Sur le premier indicateur, Manon Aubry n’a donc pas tort. Entre 2012 et 2022, les microentreprises ont créé 870 000 emplois salariés, les PME 654 800 et les ETI 346 300. Les grandes entreprises, elles, ont enregistré une destruction nette de 173 400 emplois. Pris isolément, ce chiffre donne l’image de grandes entreprises qui réduisent leurs effectifs tandis que les plus petites en créent.

Mais il ne raconte pas toute l’histoire. Dans le même temps, les effectifs salariés des grandes entreprises ont augmenté de 314 300 personnes entre 2012 et 2022. Comment ? Principalement grâce à la croissance externe. L’Insee relève notamment un transfert de 483 200 emplois depuis les ETI vers les grandes entreprises, lié en partie au franchissement du seuil de 5 000 salariés, mais surtout aux rachats et aux opérations de fusion-acquisition.

Une grande entreprise qui rachète une ETI de plusieurs milliers de salariés ne « crée » donc pas ces emplois. Mais elle ne les « détruit » pas non plus : elle les intègre à son périmètre. Il serait ainsi trompeur de conclure, à partir du seul solde de -173 400 emplois, que les grandes entreprises sont responsables d’une destruction massive d’emplois.

Les PME et les microentreprises sont bien les principaux moteurs de la création d’emplois. Mais les grandes entreprises ont vu leurs effectifs progresser de plus de 300 000 salariés sur la période. Leur capacité à racheter et intégrer des entreprises existantes joue un rôle important dans cette progression. Entre création d’emplois et croissance des entreprises, la réalité est donc plus complexe que ne le laisse entendre Manon Aubry.

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