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jeudi 29 octobre 2026

M. Mélenchon, pourquoi vouloir empêcher les travailleurs de profiter de la capitalisation dont vous bénéficiez vous-même ?

Temps de lecture : 2 minutes

« Notre système de retraite par répartition est viable », d’après Jean-Luc Mélenchon. Le 27 octobre, lors d’un débat organisé par l’association Les Mardis de l’ESSEC, le candidat insoumis à l’élection présidentielle a expliqué que la productivité a augmenté de plus de 50 % depuis les années 1980 et que ce n’est qu’une question de répartition de la richesse. D’ailleurs, les cotisations n’ont même pas augmenté ! La capitalisation ? Les épargnants n’ont « plus un rond » à la moindre crise financière. Dans les débats sur l’annulation de la dette publique, Jean-Luc Mélenchon a déjà montré toute l’étendue de son incompétence. Il réitère sur la question des retraites.

  • Première affirmation erronée : la richesse à répartir est plus grande du fait des gains de productivité ; il n’est donc pas nécessaire de réformer notre système. Le Conseil d’orientation des retraites (COR) prévoit un déficit de 2,4 % du PIB en 2070 malgré des gains de productivité moyens de 0,7% par an, avec des dépenses de retraite à 15,3 % du PIB. « Le système de retraite demeurerait durablement en besoin de financement dans l’ensemble des scénarios considérés », précise le COR.

 

  • Seconde affirmation erronée : les cotisations n’ont pas augmenté depuis 1980. Pour l’Agirc-Arrco, le régime complémentaire obligatoire des salariés du privé, le taux appliqué à la tranche 1 atteint 7,87 % en 2026, et 10,37 % en ajoutant la contribution d’équilibre général et la contribution d’équilibre technique, contre environ 4 % au début des années 1980. Le taux a donc plus que doublé.

 

  • Troisième affirmation erronée : si on intègre un pilier de capitalisation, les épargnants risquent de tout perdre, comme on l’a vu avec la crise de 2008. Aux États-Unis, les personnes ayant pris leur retraite à ce moment-là n’ont pas « perdu » leur épargne, car la plupart n’ont pas tout liquidé d’un coup. Les retraits sont étalés sur 20 ou 30 ans. Le reste du capital a bénéficié du rebond de 2009-2013. Fin 2011, ceux ayant cotisé sans interruption depuis 2007 avaient non seulement effacé les baisses de 2008, mais aussi dépassé leur niveau d’avant-crise (+ 23,5 %).

 

M. Mélenchon est un partisan de la retraite par répartition, mais il a été sénateur pendant près de dix-neuf ans, et la caisse des anciens sénateurs, créée en 1905, fonctionne par capitalisation : en 2024, ses revenus financiers ont couvert 70 des 110 millions d’euros de pensions versées, soit près des deux tiers. La capitalisation serait-elle donc dangereuse pour les travailleurs et parfaitement acceptable pour les parlementaires ? Le comble de l’hypocrisie, pour quelqu’un qui dit ne pas s’en plaindre et refuse d’en faire profiter les autres.

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