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mercredi 30 septembre 2026

Retraite par capitalisation : l’IREF se bat depuis vingt-cinq ans et enfin plusieurs candidats la proposent

Temps de lecture : 2 minutes

Capitalisation. Le mot que l’on ne pouvait pas prononcer en France sans être accusé de vouloir livrer les vieux à Wall Street est aujourd’hui défendu par plusieurs candidats à droite et au centre, jusque dans les rangs du Rassemblement National et du Parti socialiste. Le premier à s’y être risqué au sommet de l’État est Gérald Darmanin, alors garde des Sceaux, qui organisait dès juin 2025, avec son mouvement Populaires !, un colloque intitulé « Retraites : et si la solution c’était la capitalisation ? ». Il n’est pas candidat et soutient aujourd’hui Édouard Philippe, mais quinze mois plus tard  l’idée a franchi toutes les frontières politiques. Récapitulons : Édouard Philippe veut porter la capitalisation à 15 % du système, à l’allemande, pour « redonner un peu de liberté individuelle ». Bruno Retailleau, qui voyait là, déjà devant le Medef, « la seule façon de faire un fonds souverain sans avoir de la monnaie de singe », a avancé un chiffre le 22 septembre : 25 à 30 % des pensions par capitalisation pour les nouveaux entrants, « fondamental pour les jeunes mais aussi pour nos entreprises si, demain, on ne veut pas que ce soient des fonds américains ou étrangers qui les rachètent ». Gabriel Attal a une autre idée : 1 000 euros versés par l’État à chaque nouveau-né sur un compte de capitalisation. David Lisnard, lui, rappelle qu’il porte « cette proposition depuis des années » et en fait le cœur de son projet.

Les surenchères n’ont pas tardé. Pour Nicolas Dupont-Aignan, ce serait 10 000 euros à chaque nouveau-né, gelés jusqu’à 60 ans dans « un fonds de capitalisation public à la norvégienne ». Sarah Knafo va plus loin encore : calculette en main, elle démontre qu’un salarié à 2 000 euros nets, dont 876 euros partent chaque mois pour la retraite, disposerait de 1,5 million d’euros s’il avait placé cette somme au rendement du CAC 40. Le système actuel, dit-elle, « ça s’appelle du vol ». Marine Le Pen admet une capitalisation « volontaire » pour ceux qui en ont les moyens.

Et voilà que l’idée passe à gauche. François Hollande, qui plaide pour la retraite à 63 ans, accepte une part de capitalisation pourvu qu’on ne touche pas aux recettes de la répartition.

Tout n’est pas parfait dans ces propositions, loin de là. Mais ne cachons pas notre satisfaction. L’IREF mène ce combat depuis sa fondation, en 2002, quand l’idée valait excommunication. Nous avons expliqué cent fois qu’un système assis sur le seul rapport entre cotisants et retraités ne survit pas au vieillissement ; qu’un salarié doit avoir une vision claire du montant de ses cotisations ; et qu’il aurait tout à gagner avec un système basé sur la capitalisation et les fonds de pension qui, eux, peuvent investir dans les entreprises et contribuer à la création d’emplois. Entendre Édouard Philippe, Marine Le Pen et jusqu’à des socialistes dire aujourd’hui (presque) la même chose nous réjouit évidemment, mais ce n’est pas qu’une victoire d’amour-propre : c’est le signe qu’un verrou intellectuel a sauté. Une bataille a été gagnée. Pas encore la guerre.

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