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vendredi 13 février 2026

Les Français ne comprennent rien à la retraite… mais toujours plus que les syndicats

Temps de lecture : 3 minutes

russie

Le journal Les Échos titrait il y a quelques jours : « Retraite : la plupart des Français ne comprennent pas le système auquel ils cotisent ». A l’appui de cette affirmation un sondage Odoxa pour la mutuelle MIF paru le 10 juin 2025 qui montre que plus de la moitié (52%) des futurs retraités comprennent mal le système de retraite actuel.

La proportion monte même à 58% pour les 45-54 ans et à 62% pour les employés et ouvriers. En revanche, 53% des 55-64 ans déclarent bien comprendre le système de retraite, et 61% des cadres.

S’ils ont des difficultés à comprendre le sujet, c’est en grande partie parce que les futurs retraités sont mal informés. Si l’information dont ils disposent semble bonne sur le nombre de trimestres à valider (63% se disent bien informés) et sur l’âge de départ (58%), elle fait défaut sur le montant de la pension (54% se disent mal informés) et sur les démarches à réaliser (61%). Par ailleurs, 70% des sondés affirment ne pas connaître leur « taux de remplacement ».

Il faut dire que les Français ne sont guère curieux alors que le sujet les inquiète (à 58% selon le 23ème Baromètre de l’épargne) et qu’ils affirment à 56% que préparer sa retraite leur semble compliqué. L’enquête MIF/Odoxa montre qu’à l’exception des relevés de carrière (consultés par 64% des sondés), aucun des supports d’information sur la retraite n’a été consulté par la majorité des futurs retraités. Ils ne sont que 43% à avoir déjà visité le site info-retraite (54% chez les 55-64 ans et 50% chez les cadres), et 35% à avoir interrogé leur caisse de retraite. De même, ils ne sont que 35% à avoir recherché des informations en ligne.

En réalité, le sondage MIF/Odoxa porte surtout sur les modalités pratiques de la retraite, sujet qui n’intéresse les Français qu’à l’approche de la date de départ. Sur les avantages comparés de la répartition et de la capitalisation, nos compatriotes ne sont pas si mal informés que cela. La dernière édition du Baromètre Assurances de BPCE L’Observatoire révèle que 53% d’entre eux sont favorables à l’introduction de la capitalisation pour financer les retraites.

Un chiffre qui n’est pas trop mauvais que cela quand on constate le nombre de « fake news » qui pullulent sur le sujet. Par exemple, à l’occasion des 10èmes Rencontres pour l’épargne salariale qui se sont tenues le 17 juin 2025, le représentant de la CFDT a répété à trois reprises (à chaque fois qu’il a pris la parole) qu’il n’y avait pas, en France, de problème de financement des retraites par répartition (ce que, selon lui, confirme le Conseil d’orientation des retraites). Il a également affirmé que la capitalisation n’est pas plus efficace, en termes de rendement, que la répartition.

Nous invitons la CFDT à lire l’étude de notre président Jean-Philippe Delsol. Elle y apprendrait que « Nos retraites par répartition sont des promesses illusoires. C’est une tromperie politique », puisque les jeunes qui cotisent aujourd’hui, à des taux très élevés, pour payer la retraite de leurs aînés risquent de ne plus avoir grand monde pour cotiser pour eux quand ils atteindront l’âge de la retraite.

Elle découvrirait qu’aujourd’hui le rapport entre le nombre de personnes en emploi qui cotisent au système des retraites et le nombre de retraités est de 1,7 et il qu’il sera autour de 1,2 en 2070.

La CFDT y lirait que l’État – c’est-à-dire les contribuables – met la main à la poche puisque, en 2023, seules 66 % des ressources du système de retraite provenaient des cotisations. En fait, les dépenses de retraite ont représenté 386,3 milliards d’euros (Md€) pour seulement 256,8 Md€ de cotisations, soit un manque de 130 Md€.

Elle pourrait aussi s’étonner que la France consacre 3,4 points de PIB de plus que la moyenne des pays européens aux dépenses de retraites et de vieillesse.

La centrale syndicale s’informerait enfin sur les autres pays européens : le rendement brut des pensions (avant impôts et cotisations sociales payées par le retraité par rapport à son dernier salaire brut) était, en moyenne du dernier salaire, de 70,9 % aux Pays-Bas, 74,47 % au Danemark et 56,5 % en France. En contrepartie, les cotisations étaient de 27,8 % en France, 12,7 % au Danemark et 23,2 % aux Pays-Bas.) Pour le dire autrement, « les systèmes par capitalisation danois et néerlandais permettaient d’offrir aux retraités des pensions de plus de 30 % supérieures à celle des Français (en taux de remplacement brut) alors que l’effort financier demandé aux cotisants et aux contribuables français était 30 % supérieur à celui demandé aux leurs par les Pays-Bas et le Danemark ».

Les Français ne comprennent peut-être rien à la retraite, mais les syndicats non plus. A moins qu’ils ne diffusent volontairement de fausses informations. Quoi qu’il en soit, ils sont en décalage complet avec la majorité des Français. Ils ne peuvent pas prétendre les représenter. Pourquoi alors François Bayrou les a-t-il réunis en « conclave » ?

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13 réponses

  1. Je constate que ceux qui prétendent avoir compris n’ont pas compris non plus! S’ils avaient compris ils s’indigneraient que ceux qui n’ont pas élevé d’enfants touchent une retraite par repartition. En effet:
    1 – l’argent que l’on nous préleve n’est pas une cotisation pour notre retraite mais une contribution à la retraite de nos parents. Nous ne cotisons RIEN pour notre retraite!
    2 – Alors d’où viendra l’argent qui paiera notre retraite? Des enfants que nous aurons élevés et qui paieront pour nous comme nous avons payé pour nos parents.
    3 – Et ceux qui n’auront pas eleve d’enfants ? Et bien ce sont les enfants des autres qui paieront pour eux. Et pas seulement la retraite mais les impôts qui permettront à l’état nounou de fonctionner et de s’occuper d’eux à leurs vieux jours.
    4 – C’est cette Imbecilté inhérente au système qui est responsable de sa ruine… et ça c’est tabou, c’est tellement énorme que personne ne veut le voir. Ceux qui ont investit de leur temps de leur agent avec TVA pour elever les enfants qui feront vivre la France de demain par leurs impôts et paieront les retraites, n’ont pas à ayer pour ceux qui n’ont pas joué le jeux. Pour ceux là il y a la capitalisation en compensation. Appliquez ce principe de bon sens et le régime par repartition sera auto équilibré.
    5 – Commen ça fonctionne ?
    – Vous contribuez à la retraite par repartition de vos parents.Cela est incontournable car ils vous ont élevés
    – Vous n’elevez pa denfant: vous cotisez en plus à un régime par capitalisation.
    – Vous elevez un premier enfant on vous rend la moitié de votre capitalisation
    – Vous elevez un deuxième enfant, on vous rend le reste de votre capitalisation.
    A la retraite:
    – Vous n’avez pas elevé d’enfant, vous touchez une retraite par capitalisation
    – Vous avez elevé un enfant, vous touchez un demi retraite par capitalisation et une demi retraite par repartition
    – Vous avez élevé deux enfants ou plus, vous touchez la retraite par repartition.
    Voilà! Juste et auto équilibré. Mieux… conforme à la dimension humaine de la retraite telle qu’elle a existé depuis l’origine des temps.
    Posez vous la question: Si un régime par capitalisation payait une retraite à ceux qui n’ont pas capitalisé, le système par capitalisation ne serait il pas aussi en difficulté ?

    1. Oh là Oncpicsou, vous êtes en train de démasquer un système bien pratique pour ceux qui veulent profiter librement de leur temps et de leur argent sans être encombrés par la marmaille, tout en comptant sur celle des autres, d’autant plus que l’argent économisé permet une capitalisation qui permettra, en s’ajoutant à la repartition, de vivre une super retraite, sans être encombrés de… petits enfants! Ce n’est pas bien. Certain évoquerons « le beurre et l’argent du beurre » alors là ce n’est pas gentil du tout…

    2. Le problème avec votre raisonnement c’est que nous, qui pour des raisons propres n’avons pas eu d’enfants, nous avons cotisé pour payer la retraite de nos parent et des vôtres et que si nos cotisations n’étaient pas allée dans le pot commun le système par répartition se serait effondré bien avant.

  2. Réflexions : incroyable le temps que mettent les impostures et les imposteurs à tomber dans notre pays . Le système de retraite en est un exemple éclatant . Incroyable tant de déraison au pays de la Raison. Cette raison dont se targuent volontiers nos élites leur ferait-elle défaut ? ou bien serait elle obscurcie par de vaines passions inavouables ? N’est ce pas la preuve éclatante que raison sans morale mène à la ruine de tous ?

  3. Les syndicats sont parfaitement informés sur la capitalisation : elle signifierait la disparition de nombres de leurs prébendes. C’est l’unique raison pour laquelle ils n’en veulent et c’est pourquoi ils font dans la désinformation active.
    Le scandale est que notre 1er ministre continue de vouloir les mêler aux discussions. Je me souviens de la proposition d’une retraite par points « gérée avec les partenaires sociaux » et c’est pour ça que j’étais contre. Tant qu’on mêle les « partenaires sociaux » aux décisions, celles-ci ne peuvent jamais être bonnes.
    La capitalisation est bien sûr la solution, tous les pays l’ayant adopté nous le crient et tous les chiffres nous le prouve.
    Mais voilà, nous avons des politiques peureux, qui ont façonné une pieuvre géante appelée « fonction publique » capable de tout bloquer, tout casser, et ils en ont une peur bleue. Ne surtout pas contrarier la bête. Et tant pis pour les con-citoyens et les con-tribuables.

  4. Ce « conclave » n’est que de la poudre aux yeux. En fait c’est la Commission Européenne qui tient le manche à balai, ce que personne ne rappelle.

  5. La plupart des gens comprennent les grandes lignes du fonctionnement de la retraite, mais par exemple peu de personnes connaissent l’impact de la loi Balldur sur le calcul de la retraite de la CNAM :

    on peut avoir cotiser pendant plus de 25 ans au plafond sur les 41 ans de cotisations, si on termine sa carrière sous le régime des indépendants, la retraite de base servie est loin des 50 % du plafond de cotisation de la période du départ en retraite …

    1. Non les gens ne comprennent pas qu’ils ne cotisent pas pour leur retraite mais qu’ils paient les retraités du moment. Leurs cotisations ce sont les efforts consentis pour élever leurs enfants, qui paieront leur retraite à leur tour.
      Alors là vous vous dites: et ceux qui n’ont pas elevé d’enfant, qui paie pour eux? Répondez à cette question et vous comprendrez le système, pour quoi il ne fonctionne pas… son absurdité et son injustice.

  6. Il est évident qu’ils diffusent de fausses informations, puisque ils défendent bec et ongle cette retraite à 60 ans que l’on ne peut plus financer! La gauche c’est le mensonge incarné!

  7. En 1993, en augmentant le nombre d’années prises en compte dans le calcul du montant des retraites, E. BALLADUR a de facto diminué celui des seuls travailleurs du privé ! Il s’est bien gardé de toucher au secteur public. Bien au contraire. A l’époque les Houillères du Bassin de Lorraine mettait en retraite forcée des travailleurs âgés d’à peine 50 ans, tout en embauchant des jeunes qui seront mis à la retraite à à peine Plus de 40 ans. Merci TONTON !
    Conditionner l’accès à la retraite au nombre d’enfants ??? Belle aubaine pour les familles d’immigrés !
    Les citoyens sans enfants n’auraient plus à cotiser pour les retraites. Tonton PICSOU ne nous dit pas ce qui se passerait , le jour où un couple âgé de 30, voire 40 ans, déciderait de goûter aux joies de la paternité (maternité). Dans la foulée, on pourrait imaginer que les citoyens sans enfants n’auraient plus à participer au financement d’écoles etc. etc.

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