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lundi 12 octobre 2026

Dette publique : le complotisme de Jean-Luc Mélenchon

Temps de lecture : 2 minutes

Notre pays est détruit par le néolibéralisme. C’est ce qu’a affirmé Jean-Luc Mélenchon, candidat de La France insoumise à la présidentielle, le 11 octobre lors d’un meeting à Clermont-Ferrand. Selon lui, la dette n’excède pas nos moyens : la France est plus riche qu’elle ne l’a jamais été. Toute la question est de savoir comment cette richesse se répartit. Le problème, a-t-il ajouté, est que les 1 200 milliards d’euros de dette ne vont pas dans les maternités, les lycées, les trains, les facultés. Dans une diatribe à la limite du complotisme, il s’est attaqué à une « petite poignée d’individus » qui ont pillé le pays, se sont enrichis et « nous » empêcheraient de rétablir l’équilibre… avant de remettre sur la table l’opportunité d’annuler la dette publique. La règle d’or budgétaire, proposée par Marine Le Pen ? Une politique qui équivaut à « 120 ans d’austérité ». Les tribuns ont ce remarquable talent d’hypnotiser la foule et de flatter les bas instincts populaires.

Tout d’abord, et contrairement à ce qu’il affirme, la dette publique pose bien un problème de soutenabilité. Au second trimestre, elle s’élevait à 119 % du PIB et continue de progresser. Tant que les déficits se poursuivent, la dette augmente et les intérêts absorbent une part croissante des ressources publiques. Le précédent grec rappelle ce qui peut arriver lorsque les créanciers doutent de la capacité d’un État à honorer ses engagements : le financement devient plus coûteux, et les marges de manœuvre politiques se réduisent brutalement.

Ensuite, l’annulation de la dette est une fausse solution : à l’instar du banquier Matthieu Pigasse, M. Mélenchon croit pouvoir se moquer des conséquences d’une telle décision, mais les marchés sauraient, eux la faire payer à la France. Comme l’IREF l’a déjà expliqué,  une telle annulation  mettrait en péril notre système monétaire.

M. Mélenchon pose néanmoins une question légitime : où va l’argent ? Est-ce une minorité qui s’enrichit au détriment du pays ? La dette ne résulte pas d’un mystérieux pillage organisé par une poignée d’individus. Elle est le produit de décennies de choix politiques : multiplier les prestations, les dispositifs, les aides et les interventions publiques, sans jamais réduire les dépenses publiques. Ce n’est pas une minorité qui capte la richesse nationale, c’est l’État qui en absorbe une part toujours plus grande.

 

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