Dans une récente interview donnée au Figaro, le philosophe Dany-Robert Dufour impute l’actuel mouvement transidentitaire… au « néolibéralisme ». Propos d’une stupéfiante originalité, quel art ! On retrouve bien ici la propension de nombre de nos intellectuels à taper sur leur punching-ball favori, le libéralisme, auquel le préfixe « néo » ou « ultra » reste bien sûr sempiternellement accolé, comme pour surenchérir dans sa diabolisation. Mais que reproche ici exactement le philosophe au « néolibéralisme » ? D’avoir induit un « changement civilisationnel » par lequel les individus, autrefois soumis à des normes, des règles, des maîtres, à Dieu, se considèrent désormais comme maîtres absolus de leur vie, de leur destinée et même de leur identité au sens corporel du terme. « Ce changement civilisationnel, dit-il, est lié à un moment du néolibéralisme où le marché a pu et su se présenter comme pouvant combler à peu près tous les désirs du sujet individuel. Même celui, impossible, de vouloir changer de sexe ».
Pour Dany-Robert Dufour, le « néolibéralisme économique » a ainsi débouché sur un « néolibéralisme culturel », qu’il nomme le « divin marché ». L’auteur se fourvoie ici dans la mesure où le libéralisme ne prescrit ni n’impose aucune recette. Les auteurs libéraux des XVIIIe et XIXe siècle ont simplement fait ce constat : les pays riches, les pays où les individus sont les plus prospères sont les pays où l’initiative privée est encouragée, et où l’État reste confiné dans les limites du régalien. D’autre part, les libéraux n’ont jamais dit que toutes les valeurs d’une société résultaient du marché. Celui-ci est pour eux la meilleure forme d’allocation des ressources qui soit, la collectivisation des moyens de production et d’échange, appliquée dans les pays socialistes au XXe siècle, ayant toujours et partout lamentablement et tragiquement échoué. S’il existe bien une économie libérale, il n’y a pas de culture libérale, au sens d’une culture qui découlerait entièrement des mécanismes du marché. La question transidentitaire est une question de type social ou sociétal qui ne dérive nullement ni du néolibéralisme, ni du libéralisme tout court.
Suggérons à Dany-Robert Dufour de lire ou relire certains classiques du libéralisme avant de se lancer comme il le fait dans des charges antilibérales à partir de poncifs quelque peu éculés. Cela lui épargnerait peut-être la prochaine fois de dire que Hayek est le « chef de file de l’école de Chicago ». Non Monsieur Dufour, il fut l’un des chefs de file, avec Mises, de l’école autrichienne. C’est Milton Friedman qui fut le fondateur de l’école de Chicago. Mais peu importe au fond pour nos élites antilibérales, pour qui le libéralisme économique en tant que tel reste odieux.
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2 réponses
Si ce prétendu intellectuel avait lu le chapitre 2 de « La route de la servitude » de Friedrich Hayek, il serait au courant que ce qu’il appelle néolibéralisme est en réalité une corruption de la pensée libérale, opérée par la pensée socialiste, qui a transformé la signification du terme liberté (être libéré de l’arbitraire exercé par autrui) en synonyme de pouvoir (libéré de toute contrainte y compris celle des circonstances de la vie).
Un Aliboron de plus, pur produit de l’Education nationale, qui sévit encore dans ce mammouth, sans jamais en être vraiment sorti depuis qu’il y a fait une entrée à la maternelle…
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Si ce prétendu intellectuel avait lu le chapitre 2 de « La route de la servitude » de Friedrich Hayek, il serait au courant que ce qu’il appelle néolibéralisme est en réalité une corruption de la pensée libérale, opérée par la pensée socialiste, qui a transformé la signification du terme liberté (être libéré de l’arbitraire exercé par autrui) en synonyme de pouvoir (libéré de toute contrainte y compris celle des circonstances de la vie).
Un Aliboron de plus, pur produit de l’Education nationale, qui sévit encore dans ce mammouth, sans jamais en être vraiment sorti depuis qu’il y a fait une entrée à la maternelle…