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vendredi 15 mai 2026

L’aide au développement en hausse malgré l’état des finances publiques : +13,5 % en dix ans

Temps de lecture : 2 minutes

L’aide publique au développement (APD) est accordée par 33 Etats à certains pays pour soutenir financièrement leur économie. Le dispositif a été mis en place en 1969 par un comité spécifique de l’OCDE, le CAD, qui l’encadre encore aujourd’hui.

Depuis quelques temps, cette aide, exprimée en pourcentage du revenu national brut (RNB) tend globalement à diminuer.

Cela se vérifie pour la France, qui est pourtant un très important contributeur. Il n’en va cependant pas de même si l’on prend en considération une période plus longue, dix ans par exemple. En 2015, l’APD représentait pour notre pays 0,37 % de son revenu national brut, contre 0,3 % en moyenne pour les autres pays du comité. En 2025, c’était 0,42 %, soit une progression de 0,05 point de RNB, équivalant à environ +13,5 % en valeur relative. Dans le même temps, l’écart avec la moyenne des autres pays, tombée à 0,26 %, s’est légèrement creusé.

En valeur, cette aide représente 14,5 milliards de dollars, ce qui place la France dans le top 5 des pays donateurs, l’Allemagne étant en tête. Dix pays nous dépassent, mais seule l’Irlande a connu une progression plus forte pendant la même période, d’environ 31,2 %.

Cette progression s’inscrit dans un contexte bien connu de tensions croissantes sur les finances publiques. La Cour des comptes signalait déjà en 2023 la difficulté de concilier les objectifs de l’aide au développement et la soutenabilité budgétaire. Un de ses rapports souligne que « dans un contexte de contraintes croissantes sur les finances publiques, la trajectoire exponentielle de l’aide publique au développement française renforce la nécessité d’une vision claire et consolidée de son évolution ». Pourtant, les crédits alloués à l’APD ont connu une forte croissance entre 2017 et 2023…

La mise en œuvre de cette politique repose notamment sur l’Agence française de développement (AFD), régulièrement critiquée pour la complexité de son fonctionnement et les interrogations récurrentes sur la légitimité de certaines de ses opérations.

L’objectif international de consacrer 0,7 % du RNB à l’aide publique au développement a été repoussé par le gouvernement français pour la période allant de 2025 à 2030. Le contexte budgétaire actuel rendrait sans doute pertinent, dans un premier temps, d’envisager une révision plus ambitieuse encore.

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10 réponses

  1. On voudrait bien savoir à qui profite cette aide au final ? A des pauvres gens dans le besoin ou à des intermédiaires voraces ou corrompus ou gaspilleurs. J’ai vu beaucoup d’exemples sur le terrain, dans des pays où il y a une réelle misère, d’aide de la part de soi disant ONG, et depuis, je me garde bien de donner quoi que ce soit. Qui contrôle cette aide quand elle a quitté la France ?

  2. Nos baratino-litteraires savent bien dilapider à leur profit les richesses créées par les technico-cientifiques… à eux la célébrité, les noms de rues et de bâtiments., le pantéon etc.
    Une injustice majeure qui ne semble pas les préoccuper beaucoup.

  3. C est un symptôme parmi beaucoup d’autres qui montre que le quoi qu il en coute, quoi qu il arrive, reste d actualité

  4. La situation de notre pays ne pourra qu’empirer, aussi longtemps que l’état Français pourra se permettre de lever et/ou augmenter impôts et taxe et d’emprunter pour remplir le tonneau des Danaïdes !
    Trop de Ministres et de ministères, trop d’agences et de comités qui coûtent et ne servent à rien d’autre… qu’à générer des dépenses inutiles alors que les caisses sont vides.
    Qui osera mettre un grand coup de pied dans la fourmilière ?

  5. Un article malheureusement de pure mauvaise foi… En se limitant à cette seule analyse sur 10 ans, le rédacteur sous-estime fortement l’effort budgétaire de l’aide publique au développement français ces dernières années. Les missions budgétaires qui lui sont dédiées ont été coupées de 60% en deux ans, par cinq coupes successives. C’est la seule politique publique qui a été coupée d’autant en si peu de temps (-0,7% en moyenne pour les autres politiques publiques) ! Et pour un effet malheureusement marginal sur les finances publiques car elle ne représente qu’une part infime du budget de l’Etat.
    Pire, le rédacteur oublie que la trajectoire budgétaire de l’APD qui avait été adoptée à l’unanimité (!!) par les parlementaires en 2021 a été complètement abandonnée. Et que ces coupes massives auront des conséquences concrètes et mortelles pour l’ensemble de la populations dans le monde et bien sûr en France, dont la situation économique et politique est inextricablement liée à celle du monde. Exit la lutte contre les pandémies mondiales déjà oubliée 7 ans à peine après le Covid, la protection des populations civiles face aux crises et aux conflits (restons impuissance face aux guerres qui se multiplient), la stabilité économique et géopolitique…
    On pourrait croire que l’analyse de l’évolution de l’APD sur 10 ans est arbitraire, il masque en fait volontairement cet effondrement depuis 2 ans à travers l’euphémisme « Depuis quelques temps, cette aide […] tend globalement à diminuer. » L’oubli de préciser que l’APD mesurée par l’OCDE a baissé de 11% entre 2024 et 2025 (!!) semble volontaire de la part du rédacteur alors qu’elle augure le pire pour cette politique en 2026.
    Sans oublier que cette analyse de l’évolution sur 10 ans omet délibérément l’analyse de ses objectifs politiques. Sa hausse jusqu’en 2023 a eu lieu dans une démarche de rattrapage notamment vis-à-vis de l’Allemagne et de l’UE mais aussi pour affirmer la place de la France sur la scène internationale (ce qu’elle ne peut désormais plus faire faute de moyens dédiés à la coopération internationale quelle soit multilatérale ou bilatérale).
    Enfin, rappelons que ces coupes ont causé a minima la suppression de plus de 10 000 emplois. C’est tout le secteur de la coopération internationale en France et ses compétences reconnues dans le monde qui disparaissent, à l’heure où les interdépendances mondiales n’ont jamais été aussi forte.
    Cette analyse « libérale » simpliste (pour ne pas dire purement comptable…) aurait mérité d’élargir son regard pour voir les effets de bord et les effets de long terme de ce choix politique désastreux.

    1. Pourtant, je précise bien dans mon article que, depuis quelques années, l’aide publique au développement est en baisse dans la plupart des pays de l’OCDE (dont la France, bien qu’elle reste en augmentation sur dix ans). J’explique également que les objectifs ont été repoussés. On se demande bien pourquoi.
      Par contre, plusieurs rapports (je vous laisse lire cet article : https://contrepoints.org/le-scandale-de-laide-publique-au-developpement-apd/) montrent bien que l’aide publique au développement fait preuve d’une certaine opacité. Est-ce totalement le fruit du hasard ? On peut, là aussi, se poser certaines questions.

    2. Qu il est beau ce monde bisounours grâce à la coopération internationale dans un monde interconnecte. Vive les bien-pensants😂😂😂😂😂😂

    3. Vive la coopération internationale dans un monde interconnecté dit :
       » le rédacteur oublie que la trajectoire budgétaire de l’APD qui avait été adoptée à l’unanimité (!!) par les parlementaires en 2021″ ……… »Sa hausse jusqu’en 2023 a eu lieu dans une démarche de rattrapage notamment vis-à-vis de l’Allemagne  »

      En effet la trajectoire inscrite dans la loi 2021 de programmation relative au développement solidaire et à la lutte contre les inégalités mondiales envisageait en effet l’atteinte symbolique de 0,7 % du RNB de la France dédiés à l’APD en 2025. L’APD de la France n’a atteint que 0,42 % de son RNB soit 12,9 milliards d’euros . Mais étant donné la situation financière pour le moins problématique de la France les priorités peuvent évoluer (et exit les parlementaires de 2021 de nouvelles élections législatives ayant eu lieu en 2024 )
      Constatons qu’en 2025, 26 pays donateurs ont diminué leur budget alloué à la coopération internationale. les cinq plus grands bailleurs du CAD ( Comité d’aide au développement) sont responsables de 96 % de cette diminution : les États-Unis (-57 %), l’Allemagne (-17 %), la France (-11 %), le Royaume-Uni (-11 %) et le Japon (-6 %). On constate donc que l’Allemagne a diminué encore plus fortement sa contribution que la France et ceci malgré une dette moins importante que celle de la France ( En effet rappelons que la dette publique de la France atteignait 113 % du PIB à la fin de 2024 alors que celle de l’Allemagne ne représentait que 63 % de son PIB).
      Et pourquoi serait-ce à la France de compenser la contribution à 0,09 du RNB des Etats-Unis? (rappel : la moyenne contributive de l’ensemble des pays donateurs était à 0,26 du RNB en 2025 nettement inférieure à celle de la France de 0,42).

  6. La coopération internationale dans un monde interconnecté , bla bla bla… La dette de la France est devenue astronomique, le gouvernement ne peut se permettre (dit il) de réduire les taxes sur les carburants mais trouve assez d’argent pour l’APD dont il semblerait que la Chine(entre autres) bénéficie…Est il permis de rire ?

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