Le document de stratégie de sécurité nationale rendu public par l’administration américaine a été beaucoup commenté. Il est tout à fait juste de dire que l’Europe est confrontée à une immigration qui est devenue un enjeu civilisationnel. Il faut être complètement aveugle pour ne pas voir que la crise migratoire pose de nombreux problèmes aux pays européens. Certains gouvernements ont d’ailleurs commencé à prendre des mesures très sévères pour endiguer les vagues d’immigrés. Les électeurs le demandent, on le voit bien dans les résultats des élections lorsque des partis anti-immigration remportent des victoires.
Cependant, comme le remarque le Wall Street Journal, le texte de la Maison-Blanche passe sous silence l’autre grand problème de l’Europe : l’Etat providence. Les dépenses sociales publiques aux États-Unis se montaient à 19,8 % du PIB en 2024, selon les données de l’OCDE. C’était bien plus en Europe : 31,7% en France, 27,9 % en Allemagne et 27,6% en Italie. Et naturellement, pour financer toutes ces dépenses, les prélèvements obligatoires atteignent des sommets : 47 % du PIB en France, 41 % en Allemagne et 43 % en Italie… contre seulement 27 % aux États-Unis, vingt points de moins qu’en France ! Cette pression fiscale, on le sait, étouffe les entreprises et les contribuables. Elle est un frein à l’innovation et à la croissance économiques. Le WSJ se demande pourquoi Trump et Vance insistent davantage sur les migrations et la culture que sur ces réalités économiques et fiscales. « Peut-être parce que M. Trump ne souhaite pas réformer l’État-providence américain, en particulier les systèmes Medicaid et Medicare. M. Vance, quant à lui, s’exprime souvent comme s’il voulait étendre le rôle de l’État, comme si les aides sociales et la bureaucratie pouvaient restaurer le dynamisme national et la cohésion sociale. Réformer l’État-providence est politiquement délicat. Il est bien plus facile de dénoncer les migrants et la décadence culturelle européenne, surtout quand les États-Unis suivent une voie similaire, quoique plus lente, vers la sclérose de leur système de protection sociale. » conclut l’article.
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3 réponses
Vous pourriez aussi vous poser la question suivante: pourquoi seulement un écart de 12% dans les dépenses alors que vous mettez en avant l’écart de 20% dans les recettes. N’est ce pas essentiellement dû à l’écart en matière de gains de productivité, qui assure des recettes plus importantes aux USA?
Immigration et Etat-Providence sont étroitement liés. Pas besoin de frontières géographiques. Il suffit de les mettre à la porte des CAF, CPAM, HLM, et autres guichets ou services sociaux, et les nomades seront moins tentés de nomader vers la France et l’UE.
« Il est bien plus facile de dénoncer les migrants et la décadence culturelle européenne… » que les dépenses sociales excessives…
Mais ces deux aspects sont étroitement liés à l’immigration submersive qui ruine la protection sociale et détruit le consensus culturel de la nation.