Journal d'actualité libéral
|
vendredi 23 janvier 2026

Le Front économique bute sur la remise en cause de notre « modèle social »

Temps de lecture : 2 minutes

Alors que la préparation du budget pour 2026 s’annonce plus chaotique que jamais, le Front économique, lancé par le Medef en novembre 2024, a dévoilé ses propositions.

D’emblée, il est proposé de réduire certaines aides aux entreprises (et non pas de les supprimer toutes) et de baisser d’autant la fiscalité, en se concentrant sur les impôts de production ; de simplifier les normes ; de promouvoir les accords de libre-échange (Mercosur, Australie, Canada, Inde, Asean) ; de mettre en place des baux libres pour faciliter l’accès au logement, etc.

La fonction publique est particulièrement visée puisqu’il est recommandé d’aligner la structure des dépenses publiques, le nombre d’agents, de fonctions gouvernementales et de collectivités sur les moyennes européennes. Ainsi, 1,5 million d’agents publics et plus de 20 000 collectivités (essentiellement des communes) pourraient être supprimés.

Il est aussi préconisé de réformer le statut de la fonction publique en « concentrant la garantie de l’emploi à vie sur les missions régaliennes » et d’introduire « davantage de flexibilité par l’embauche en CDD ou en CDI de droit privé ». La rémunération des agents est également ciblée : reconduction du gel de la valeur du point d’indice, non‑versement de la prime de pouvoir d’achat des agents publics (GIPA), moratoire sur les avancements et promotions automatiques de carrières, etc.

Le Front économique espère par-là « des gains d’efficience permettant de maintenir la production de services publics inchangés ». En diminuant les effectifs de 10%, 25 milliards d’euros (Md€) pourraient être économisés et 600 000 emplois créés dans le privé.

Des propositions timorées sur les retraites

Sur les retraites, les propositions sont plus timorées. L’introduction d’un âge pivot de départ a 64 ans modulable en fonction de l’espérance de vie et des besoins financiers peut s’entendre dans le contexte actuel, tout comme la suppression de l’abattement de 10% ou le gel des pensions. Mais il est regrettable qu’il ne soit question que d’introduire une « dose de capitalisation » qui ne remette pas fondamentalement en cause un système voué à la faillite.

Il semble que le Medef ait quelques réticences à remettre en cause notre « modèle social ». C’est pourtant bien lui qui est la principale cause de nos difficultés.

Nombre des propositions vont dans le bon sens et sont à même de contribuer au redressement du pays, mais le Front économique a encore quelques progrès à faire pour être vraiment libéral !

Recevez Contrepoints, le journal d'actualité libéral

Abonnez-vous gratuitement à notre journal d’actualité libéral. Recevez tous les matins une analyse libérale de l’actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs.


7 réponses

  1. Les propositions sont plutôt de nature à engendrer une spirale déflationniste à la grecque, une part croissante des nouveaux fonctionnaires étant d’anciens salariés du privé au chômage ayant désespérément besoin de sécurité pour retrouver confiance en l’avenir…

  2. Monsieur,
    Parmi les 20 000 collectivités visées, je doute que les communes qui en constituent la majorité soient responsables d’une part de la dette publique. La charge administrative des petites communes, car il il s’agit d’elles, est minime et assurée pour la plus grande part bénévolement par les élus. Les supprimer conduira indubitablement au désengagement des citoyens souhaitant œuvrer pour elles; regroupées elles nous conduiront à une politique de partis que beaucoup rejettent.
    Le report sur les communautés de communes de certaines responsabilités n’a pas eu l’effet escompté en matière d’économie. Pour exemple, la gestion des eaux usées et pluviales : traitées directement par les particuliers pour les premières puis épandues comme les secondes, elles favorisaient le maintien de sols raisonnablement humides. Collectées sous responsabilité de la communauté de communes, elles n’ont plus cette fonction naturelle et accroissent les risques d’inondation car rejetées dans les rivières ou fleuves.
    Pour finir sur cet exemple, cette collecte a eu pour effet d’alourdir la charge fiscale des riverains .
    S’il est nécessaire de regrouper certains services comme le ramassage des ordures, laissons les habitants gérer leur commune, c’est à dire leur environnement direct. Cela leur évitera les erreurs de fonctionnaires loin du terrain.

    1. A noter aussi que l’exemple pris de l’Allemagne est aberrant. Outre la structure même d’un état fédéral (qui en fait est calqué sur le moule des états composants l’ex empire germanique) n’est en rien comparable, il faut savoir que les maires allemands des communes (équivalentes de nos communautés de communes) sont salariés et pas indemnisés.
      D’autre part les communes placées dans leur orbite ne sont pas autonomes et dépendent pleinement de leurs décisions.
      Moi-même maire d’une commune en Alsace et artisant d’un jumelage avec une commune Allemande, j’ai pu constater le ressentiment des élus de ces communes non décisionnaires qui enviaient le statut de ma commune.
      Nous avons dans nos communes des milliers d’élus qui sont autant de bénévoles actifs au services de leurs concitoyens !

  3. la défense de la propriété est une exigence à soutenir
    L’actionnariat direct est menacé par la financiarisation et la consitution de fonds composites. C’est à mes yeux un frein au sein du MEDEF en raison de la nature de la représentation de l’actionnariat au sein des conseils d’administration.
    merci de votre attention
    mj

  4. Les retraites partent de plus en plus a l etranger,ils ont raison.
    La Retraite du Prive est 1 scandale,cadre superieur 43 ans de cotisations et 60%de perte de salaire a la retraite et on veut supprimer les 10%
    I.R.il y avait 5 a 6 tranches aujourd hui on passe de 11%a 30%,c est un deuxieme scandale.
    On tue les classes moyennes et superieurs avec leur systeme injuste,on ne veut pas toucher aux milliardaires et on delire dans les aides sociales,voir les immigres ..
    Avec ce principe en appauvrissant les classes moyennes et superieures,qui soutenaient l economie,la consommation,on conduit la France au chaos
    Ou va l argent???pays le plus taxe au Monde et au bord du gouffre!!!!

  5.  » il est regrettable qu’il ne soit question que d’introduire une « dose de capitalisation » qui ne remette pas fondamentalement en cause un système voué à la faillite. »
    Il est surtout regrettable que l’on n’ait rien fait depuis plusieurs décennies pour réformer de fond en comble le système, sachant par les nombreuses études démographiques qu’en l’état, il était, avec certitude, voué à la faillite.
    Les retraités actuels ne sont en rien responsables du déficit du système de retraite vu qu’ils n’ont jamais eu le droit de choisir un autre système ( par capitalisation) puisque la répartition était obligatoire sous peine de sanctions! Il est donc mal venu de changer les règles d’un contrat imposé de force et que n’ont jamais signé les retraités actuels. Et plus la dérive du système s’est aggravée, plus la transition vers la capitalisation est devenue difficile, voire problématique surtout que les gouvernements successifs se sont bien gardés par électoralisme pur, de toucher à la retraite par répartition du privé et aux retraites du service public. Nous sommes au pied du mur ( de plus en plus haut) et une remise à plat totale du système est à envisager. Nos énarques semblent bien incapables de faire face à ce défi avec succès! Mon sentiment , c’est que nous voguons à toute allure vers une mise sous tutelle du FMI, et là ça va déplaire à beaucoup et surprendre encore plus de français drogués au collectivisme.

  6. Ces messieurs sont bien timides . Il aurait fallu qu’ils réclament que l’Economie soit conduite par les entreprises et non avec la main mise de l’Etat et que l’Etat se conduise comme une entreprise. Au lieu de cela , timides dans un sens , mous dans l’autre rien de courageux .
    Messieurs, vous me décevez et pourtant je fais partie de votre famille.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Contrepoints – Le média libéral de l’IREF

L’IREF (Institut de Recherches Économiques et Fiscales) est une association indépendante, sans but lucratif, financée uniquement par des dons privés.

Faites un don et soutenez un journal 100 % libre, libéral et sans subvention publique.