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lundi 12 octobre 2026

Le Nobel d’économie récompense le père de la flat tax

Temps de lecture : 2 minutes

L’Académie royale des sciences de Suède a couronné lundi Robert E. Hall et Michael Woodford « pour les fondements microéconomiques de la stabilisation macroéconomique ». Hall est professeur à Stanford et senior fellow de la Hoover Institution ; Woodford, lui, est titulaire de la chaire John Bates Clark à Columbia. Le motif du prix ne dit rien de ce qui, vu de France, est l’apport le plus concret de Hall : il est, avec Alvin Rabushka, l’inventeur de l’impôt à taux unique.

Le 10 décembre 1981, les deux hommes publiaient dans le Wall Street Journal un texte intitulé « A Proposal to Simplify Our Tax System » ; deux ans plus tard paraissait leur livre, Low Tax, Simple Tax, Flat Tax. L’idée tenait en quelques lignes : cet impôt à taux unique consiste à imposer de manière proportionnelle tous les contribuables, individus comme entreprises, indépendamment de la provenance de leurs revenus ou de leur hauteur. C’est aussi un impôt qui cesse de pénaliser l’épargne. Avec ce système, la déclaration d’impôt devait tenir sur une carte postale.

Si ce livre existe en français, c’est grâce à l’IREF, qui l’a publié en 2009 sous le titre La Flat Tax. La révolution fiscale, aux Éditions du Cri, avec une introduction de Jean-Philippe Delsol et Pierre Garello.

Ce sont les pays sortis du communisme qui s’en sont saisis. L’Estonie ouvre la voie en 1994, à 26 % — et, Rabushka le raconte lui-même, contre l’avis des économistes occidentaux qui l’en dissuadaient. Suivent la Russie en 2001 à 13 %, la Slovaquie en 2004, la Roumanie et la Géorgie en 2005. En 2022, trente-trois pays appliquaient un taux unique ou quasi unique, dont vingt-et-un en Europe.

En France, la proposition n’a jamais presque dépassé le stade des débats dans les colloques. Son seul écho est le prélèvement forfaitaire unique de 30 % sur les revenus du capital, instauré en 2018.

Ce n’est pas la flat tax que le comité Nobel a récompensée, et il faut le dire. C’est l’homme qu’il a couronné, celui qui, il y a quarante-cinq ans, a montré qu’un impôt pouvait être simple, neutre pour l’épargne et lisible par celui qui le paie. Trente-trois pays l’ont entendu.

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