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lundi 7 septembre 2026

Pour Jean-Luc Mélenchon, il y a les bons et les mauvais prix Nobel d’économie

Temps de lecture : 2 minutes

L’annulation de la dette publique serait l’équivalent, pendant la pandémie, « de l’hydroxychloroquine vantée par le professeur Raoult comme traitement miracle du Covid » d’après Philippe Aghion, prix Nobel d’économie 2025. Dans un entretien accordé à La Tribune, l’économiste a déploré « la multiplication des fake news » à ce sujet.

Autant dire que le tribun de la politique n’a pas apprécié : sur X, Jean-Luc Mélenchon a jugé bon de discréditer M. Aghion en affirmant que son prix Nobel n’était pas le même « que celui de médecine ou de physique », qu’il n’était qu’un prix créé par une banque suédoise « qu’ils ont eux-mêmes appelé « Nobel » en prétendu hommage à l’inventeur de la dynamite ».

Il est parfaitement exact que le prix Nobel d’économie ne figurait pas dans le testament d’Alfred Nobel et qu’il a été créé en 1968 par la Banque de Suède. Mais cela ne le transforme pas pour autant en décoration de seconde catégorie. Le prix est décerné selon le même processus institutionnel que les autres prix Nobel en physique, en chimie ou encore en médecine, et il est remis lors des cérémonies officielles de Stockholm et d’Oslo. Il fait partie du cadre officiel, et est reconnu internationalement comme la plus prestigieuse distinction dans le domaine des sciences économiques.

Mais ce n’est pas là le point le plus affligeant de la défense de M. Mélenchon, lui qui n’a pas de problème à utiliser cet argument d’autorité que cela l’arrange. Ainsi, en 2024, il prétendait que le programme de LFI (anciennement NFP) était « même soutenu par une prix Nobel d’économie », en référence à Esther Duflo. Cette affirmation était fausse, Mme Duflo ayant simplement affirmé que LFI avait une « stratégie courageuse et risquée » et que son programme reflétait « les valeurs fondamentales de la gauche de gouvernement ». Rebelote en 2025 : LFI se targuait du fait que 7 prix Nobel d’économie soutenaient la proposition « de prendre seulement 2 % du patrimoine des ultra-riches ». Il faut donc en déduire que le bon prix Nobel est celui qui défend ouvertement LFI, et que le mauvais est celui qui critique le parti et ses propositions démagogiques (quand bien même il serait un social-démocrate revendiqué !). Le leader de LFI semble, malgré lui, découvrir les limites de l’autorité d’un prix Nobel… et a le soin de ne surtout pas répondre sur le fond.

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