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mardi 15 septembre 2026

Le rail néerlandais paralysé : le spectre de la guerre hybride

Temps de lecture : 2 minutes

Un de plus. Quelques jours après le déraillement, vendredi 11 septembre à Cléon (Seine-Maritime), d’un TER reliant Rouen à Caen, sur la voie duquel un morceau de rail avait été découvert, la circulation des trains était en grande partie paralysée mardi aux Pays-Bas : ont été découverts en plusieurs endroits des tubes attachés à des voies ferroviaires. Les autorités soupçonnent des actes de sabotage coordonnés.

Les perturbations touchent surtout le centre, l’est et le nord du pays. Des matériaux ont été retrouvés sur les voies à vingt-quatre endroits selon le gestionnaire ProRail, et le système de sécurité a signalé des défaillances à plus de trente reprises. Un train a percuté l’un des tubes près de Steenwijk, mais il n’y a pas eu de blessés, à l’inverse de celui en France, où 44 des 186 passagers avaient dû recevoir des soins, dont un cas grave. Ces sabotages présumés ont également eu des répercussions sur la circulation routière, les passages à niveau étant eux aussi perturbés. L’ensemble signe une tentative coordonnée et d’ampleur, sans doute accessible seulement à un État, de perturber au maximum les transports aux Pays-Bas.

Ce sabotage ferroviaire évoque ceux opérés le 1er septembre en Allemagne contre deux postes électriques, à Jänschwalde (Brandebourg) et à Bergheim (Rhénanie-du-Nord-Westphalie) : non revendiqués et non élucidés, ils font l’objet d’une enquête antiterroriste qui explore deux pistes, celle d’un État étranger et celle de l’extrême gauche, plusieurs attaques contre des infrastructures énergétiques ayant été revendiquées ces derniers mois par des militants d’extrême gauche. Ces sabotages-là avaient eu lieu, comme par hasard, le jour même où Berlin pointait pour la première fois aussi formellement le Kremlin dans l’attaque au drone menée début août contre un avion-cargo ukrainien chargé de munitions sur l’aéroport de Leipzig-Halle (le drone n’avait pas explosé suite à un dysfonctionnement et avait été neutralisé par un robot de la police). Même si nous n’en sommes qu’au stade des supputations, sans preuves avérées, on peut soupçonner que ce sabotage sur le réseau ferroviaire néerlandais soit une opération d’intimidation du Kremlin afin de pousser les pays européens à suspendre leur aide à l’Ukraine ; les trains constituent les infrastructures critiques les plus vulnérables tant il est difficile de protéger des milliers de kilomètres de rails.

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