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dimanche 10 mai 2026

Le roi est nu ! La plateforme Parcoursup révèle l’imposture de notre système éducatif

Temps de lecture : 2 minutes

Nombre d’élèves éprouvent des difficultés durant leur scolarité et notamment ceux qui, faute d’accompagnement adapté ou d’opportunité d’orientation, ont été poussés dans la classe supérieure (ou en ont forcé l’accès) jusqu’au bac. D’année en année, les difficultés se sont accumulées.

Dans les lycées de niveau moyen où j’ai enseigné, un bon tiers des élèves correspond à ce profil et cumule d’importantes lacunes. Pour ne pas les perdre définitivement, les enseignants font des contorsions pédagogiques et valorisent tout ce qui peut l’être. On abaisse nécessairement le niveau d’exigence et on gonfle les notes.

Le problème est que ces élèves – et bien souvent leurs parents – pensent qu’ils ont le niveau. Pourquoi donc les aurions-nous autorisés à passer dans la classe supérieure, à aller au lycée si ce n’était pas le cas ? Pourquoi obtiennent-ils des moyennes aussi hautes s’ils ne sont pas brillants ? Ce serait leur mentir. C’est pourtant ce que nous faisons.

Au moment de l’ouverture de Parcoursup, l’illusion continue. Toutes les formations sont là, accessibles en un clic. Vous voulez faire une prépa, clic, aller à Louis-le-Grand, clic, faire une double licence, sciences po, médecine… Faites votre choix, rêvez haut !

Et puis, quelques semaines plus tard, le rideau se déchire au moment des résultats. Ces élèves récoltent une flopée de refus immédiats et des positions vertigineusement lointaines sur les listes d’attente, même pour des vœux modestes. Il faut alors se rabattre sur les formations plus ouvertes dont personne ne veut, souvent la fac ou des écoles douteuses.

Face à ces réponses décevantes, les parents, mais aussi les profs, critiquent l’obscurité de Parcoursup ; ils s’indignent de ne pas connaître les critères de sélection. On se dit qu’il doit y avoir du favoritisme, on trouve mille raisons à ces refus… les illusions sont tenaces, tout sauf la vérité. Il est plus facile de critiquer le thermomètre.

On se comporte tous comme les habitants qui voient passer le roi dans le conte d’Andersen et n’osent pas dire qu’il est nu. Révéler sa nudité, ce serait montrer qu’on est sot ou incompétent leur a-t-on dit. Alors tout le monde se tait.

La vérité, c’est qu’une bonne proportion de ces lycéens n’a pas le niveau pour faire des études supérieures. La vérité, c’est qu’on a maquillé le gouffre qui les sépare de ceux qui obtiennent les meilleures formations.

Jusqu’où va-t-on aller dans l’imposture ? Ces lycéens, s’ils découvraient la mystification dont ils sont victimes, seraient en droit de tous nous conspuer. Nous leur avons menti et nous avons gâché leurs plus belles années de formation !

Le roi est nu mais tout le monde détourne le regard.

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17 réponses

  1. Bien sûr que nombre d’élèves n’ont pas le niveau, mais beaucoup de personnes depuis longtemps en place avec de sérieux contrats n’ont pas le niveau non plus. Dans l’éducation nationale, chez les assurances et les banques, des personnels avec de grandes responsabilités ne sont pas à la hauteur et ce n’est pas la justice qui pourra remédier à cela. De la même manière, on subi l’incompétence de certains décisionnaires tout le long de leur vie. A chacun de se remettre en question, d’avouer et d’expliquer ses fautes et de permettre à tous une équité sous la forme d’un contrat commun inexistant actuellement.

    1. Pas le niveau ?… En effet, de nombreux bacheliers n’ont certainement « plus le niveau » et ce n’est pas la faute de Parcoursup mais de très nombreux Ministres de l’ Education nationale qui ont laissé faire ou encouragé, par facilité ou/et démagogie .

    2. C’est tout à fait vrai, notamment pour la banque et l’assurance que je fréquente. Mais ça n’empêche pas de problème ! La première réaction de beaucoup de parents est de « passer dans privé ». Privé sous contrat pour des raisons financières, mais on se heurte, paraît-il, aux quotas de « pas plus de 20 % des postes dans privé ». Ce vieux compromis historique méritait-il de rester d’actualité ?

  2. Ne pourrait il pas yavoir des contextes et des prestations où les parents pourraient faire évaluer le vrai niveau de leurs enfants?

  3. Le niveau a tellement baissé que nous ne faisons plus confiance aux diplômes de l’université et que nous faisons passer un test lors du recrutement d’un juriste…

  4. L horizon de l EN est accroché à ses 2 mamelles la bienpensance et l egalitarisme a tout crin
    Aucune stratégie comme d ailleurs dans tous les domaines sécurité défense justice santé travail économie……
    Il règne le coup par coup en fonction de l actualité médiatique avec du buzz

  5. Le résultat de 40 ans d’idéologie gauchiste au travail pour détruire l’éducation nationale. Il ne faut plus d’élites : c’est mal tout le monde est égal…. Mais comme c’est pas vrai (le sport le montre bien) et bien on abaisse les niveaux pour que tout le monde ait le bac (qui ne vaut plus rien) les structures qui peuvent trier (classes prepa grandes écoles ) prennent les meilleurs et les autres, aigris partent encombrer les facs où ils n’auraient jamais dû aller car pas le niveau. Alors les facs baissent les niveaux et le système continue de sortir des diplômés sans le niveau de compétences attendus. Tout le monde n’est pas fait pour avoir le bac et faire des études supérieures. Ça n’est pas une honte. Par contre il faut valoriser les filières professionnelles qui donnent des métiers et font tourner le pays car que faire des étudiants qui sortent des filières universitaires sans débouchés comme psycho, socio. AES, histoire géo etc etc et ce n’est pas gauche qui va résoudre le problème qu’elle a créé …

    1. Tout a fait d’accord ! La gauche n’a fait qu’amplifier le problème de par son comportement, son immigration intensive a rabaissé fortement le niveau des écoles et des lycées, trop de laxisme, trop d’indulgence.

  6. Avant de passer le moindre test de connaissance et vérifier l’incompétence, il suffit de constater quelques indices :
    Plus de 80% d’une tranche d’âge obtenant le Bac ?
    La discrimination positive pour l’entrée aux grandes écoles ?
    Les fautes d’orthographe grammaticales dans la presse écrite et même dans le titre ?
    Le niveau des échanges à l’assemblée nationale ?
    Ce n’est pas le QI des élèves qui a changé, ce sont les exigences de l’école qui se sont délitées, les élèves ne travaillent plus par exemple. Effondrement des connaissances, perte du sens critique au service d’une idéologie dominante.
    Les « Pédagos » de cette mise en œuvre peuvent dormir tranquille.

    1. Enseignant en BTS communication depuis bien longtemps, j’ai été interpellé il y a déjà 6 années par le faible niveau des élèves, et par le fait qu’ils recevaient mal mes rendus de devoirs : ja vais aux dossiers et … la moitié avaient eu le bac avec mention.
      Depuis, cela s’est aggravé, jamais je n’avais eu une classe si faible (2 à 3 points sous ceux début années 2000), et jamais je n’avais autant de mentions (dont des mentions Bien).
      Mais le pire, ce sont les mensonges généralisés des collègues : je suis maintenant en porte à faux avec des moyennes inférieures à 10/20, certains collègues attribuent des 15 sur des matières rédactionnelles alors que je suis à 5 ou 6.
      Et puis Parcours Sup : je le connais depuis APB, j’ai vu passer des centaines de dossiers de candidats chaque année, et les notes monter, chaque année, avec des moyennes de classe stratosphériques !

      1. Je suis comme vous interpellée par la flambée des notes sans, selon moi, de raison. Mon collègue de math, 66 ans, a, comme moi, des moyennes en Collège de 7 à 8 / 20. Une nouvelle collègue est à 14, presque 15. Je relève le décrochage des moyennes entre les professeurs, en fonction de leur âge. Signe que le niveau ( des uns et des autres ) n’est plus là …

  7. A douze ans,en 1951, j’ai quitté l’école et suis entré dans une école professionnelle pour une formation au dessin industriel sans avoir le CEP . CAP obtenu en 56 et entrée sans soucis comme dessinateur industriel à l’Alsthom (avec un H à l’époque) Saint Ouen.
    La conjoncture n’était pas la même à l’époque, mais ce la veut dire qu’avec une bonne formation professionnelle on peut maintenant rapidement trouver un emploi même de nos jours.

  8. On n’est jamais obligé de mentir et de se coucher.
    Professeur en Collège REP, je maintiens des moyennes qui me semblent représenter le niveau : entre 7 et 8 / 20 en classe de 4°.
    Quand à un an du Brevet, un élève écrit : « Liberter, Egaliter  » ou un autre parle de « tomber en goufre » (SIC) pour « tomber en dépression », pourquoi devrais-je chercher à lui donner la moyenne ?
    Ceci dit, j’ai 65 ans et je subis avec bp de désillusion le « système », avec ces réunions de 16.45 h à 19 h ( 2 j de suite ) pour : « Trouver les moyens de mobiliser les 4° et 3° » et « améliorer les résultats des Evaluations Nationales ». Chaque année, le Chef d’établissement peut photocopier le bilan émis l’année précédente : les instit. n’ont pas le droit de donner des travaux écrits en Français / les sanctions du Primaire sont destinées à éviter ts problèmes / les redoublements sont impossibles etc etc … Le Collège récupère des enfants en déficit. L’absentéisme est pléthorique : un simple SMS suffit ( qui l’envoie ? ) et qd vraiment, l’absentéisme est trop évident, les signalements sont inopérants : l’Inspection Ac. est débordée … Convoquer les parents ? Il faut alors psychologiquement se préserver et accepter de se faire insulter voire menacer de « pétition sur le parking », de dépôt de plainte pour harcèlement … Et il y a tjs ds le coin un avocat bien placé, spécialisé dans le « Droit de l’EN » qui s’ingéniera à fournir les petites ficelles qui marchent …
    Pas de solution sinon à renouer avec l’exigence : travail obligatoire dès le Primaire; sanctions efficaces pour travail non fait ou comportement; renvoi sans reclassement en cas de Conseil de Discipline; suppression des Allocations Familiales en cas d’absentéisme; redoublement si nécessité en Primaire; constitution de niveaux dès le Primaire; pré-orientation rapide suivant le modèle allemand. Tout le monde n’est pas fait pour le travail intellectuel. Il faut aussi donner leur chance aux jeunes manuels avec implication rapide en entreprise. Et surtout, plus que tout : le soutien total des enseignants par leur hiérarchie.

  9. Syren
    Pour avoir été président de jury de baccalauréat une seule année j’ai refusé que les notes soient. augmentées de 2 points pour « donner » (sic) le bac à davantage d’élèves. Résultat: on passa outre à mon refus et surtout on ne m’a plus sollicité pour des présidences de jury ce qui me convenait parfaitement!

  10. Le laxisme pédagogique est sans aucun doute le plus dramatique dans notre pays. Il occulte la médiocrité du niveau moyen des bacheliers. Niveau consécutif à des objectifs de réussite au bac totalement incompatibles avec l’égalitarisme des exigences pédagogiques tout au long du parcours des élèves. Il faudra un jour admettre que la grande majorité des élèves est en mesure de parvenir à obtenir le baccalauréat mais pas sur les mêmes bases de temps et d’environnement. Notre système éducatif est à revoir de fond en comble pour redevenir élitiste et redonner les goût de la réussite méritée et prometteuse.

  11. Il y a70 ans il y avait une sélection en 4 eme .Il fallait 13,5 à 14 de moyenne pour passer en 3 eme et continuer vers le bac . Et a l’époque il fallait voir le nombre de devoirs écrits et de leçons que l’on avait à faire à la maison …À 11,5 de moyenne j’ai été dirigé vers un CAP d’électricien.Le niveau était assez haut puisque l’on aidait les bacheliers à faire leur devoir de physique .Apres le CAP selon notre notation on pouvait repartir vers la seconde technique pour prendre une spécialité par ex frigoriste …Qui fut mon métier de départ .J’ai entamé ma vie professionnelle et en même temps repris des cours d’électronique au CNAM . pour passer un BP .Je devenais dépanneur Télé . Par la suite et me formant en permanence j’ai été recruté comme chef de chantier en Afrique et Moyen Orient ,puis responsable d’un puits de mines au Congo pour finir ma carrière en FRANCE en tant que responsable qualité et maintenance sur les 3 PME d’un groupe . Comme quoi ce n’est pas la peine d’aller bouchonner comme certains qui font 2 ou 3 premières années de fac et qui au final n’on rien …on peut arriver à une vie professionnelle intéressante .

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