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samedi 9 mai 2026

Cyberattaques : les fausses solutions du gouvernement

Temps de lecture : 2 minutes

Après la fuite massive de données ayant touché près de 12 millions de comptes à l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS), le gouvernement a annoncé un plan d’urgence, 200 millions d’euros supplémentaires et la création d’une « autorité numérique de l’État ». En déplacement le 30 avril, Sébastien Lecornu a insisté sur la gravité de la situation : des administrations et services publics ont été marqués par une multiplication de cyberattaques ces derniers mois, que ce soit le fichier national des comptes bancaires (FICOBA), le Livre de Police Numérique (LPN) ou encore Parcoursup. Mais ils sont loin d’être les seuls concernés : le site FrenchBreaches, qui donne un annuaire complet des violations, cyberattaques et données compromises, permet d’identifier les fuites de données par secteur. Dans la catégorie « service public », on se rend compte que les ministères, agences et administrations sont régulièrement victimes de fuites, avec un impact jugé « élevé », voire « critique ». C’est le cas par exemple de la police nationale via sa plateforme e-campus (176 317 personnnes impactées), de l’Académie de Créteil (243 000), de la plateforme Choisir le Service Public – le portail de recrutement de la fonction publique française (377 000), du ministère des sports (450 000), du ministère de la santé via une base de données liée au COVID-19 (492 000)…

Le premier ministre a reconnu que les systèmes étaient obsolètes et que l’État accumulait une « dette numérique ». Faut-il pour autant créer une énième fonction ministérielle et dépenser des fonds publics supplémentaires ? Tout porte à croire qu’il s’agit, en l’espèce, d’un pur problème d’incompétence et non de moyens financiers. En l’occurrence, le plan d’urgence du gouvernement consiste à identifier et à sécuriser « les systèmes à forts enjeux » (fallait-il attendre une attaque pour se poser la question ?) et à mettre en place des méthodes de sécurité basiques comme l’authentification multifacteur.

La théorie de l’incompétence est d’autant plus plausible que l’enquête sur le piratage de l’ANTS a conduit à l’interpellation d’un jeune de 15 ans sans « compétences techniques particulièrement sophistiquées ». À ce stade, la question n’est plus de savoir combien d’argent injecter dans le système, mais pourquoi les dispositifs existants sont aussi vulnérables. Quoi qu’il en soit, chaque nouvelle attaque informatique montre que l’État, qui prétend aujourd’hui centraliser la facturation électronique au nom de la modernisation, est la dernière entité à laquelle on peut faire confiance pour protéger nos données.

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3 réponses

  1. Les représentants de l’état français , souvent marques socialement et politiquement ,
    sont rarement mis en cause et exceptionnellement condamnés.
    Ils conduisent donc sans assumer le moindre risque un véhicule de Luxe et peuvent faire montre d’écarts de conduite répétés et d’incompétence depuis des décennies sans rendre des comptes comme le prouve la gestion de l’établissement public du Louvre.
    Le gaspillage d’argent public représente réellement une solution facile pour les membres de la Nomenklatura en pratique , ce qui explique la multiplication des organismes publics, des comités Théodule,..dont il ne faut pas attendre grande amélioration.
    Simplement cela prouve que, dans leurs cerveaux à trois hémisphères, l’état ne depense jamais assez, que TOUT se résume à des questions budgétaires et que tout doit être théorisé en priorité et résolu accessoirement.
    Les ex-citoyens et nouveaux serfs paieront puisqu’ils n’ont pas d’alternative.
    Même pas besoin, grâce à la désinformation payante et obligatoire que fournit la clique médiatique, d’aller brûler occasionnellement un cierge à l’église pour prier que cela dure !!! Que du vrai bonheur non ?

  2. « Quoi qu’il en soit, chaque nouvelle attaque informatique montre que l’État, qui prétend aujourd’hui centraliser la facturation électronique au nom de la modernisation, est la dernière entité à laquelle on peut faire confiance pour protéger nos données. »

    Quoi qu’il en soit, l’Etat obèse ne protège plus personne, les sécurités informatiques, civiles, judiciaires, sanitaires sont en ruines. L’administration omnipotente, pétulante, jargonnante, prétentieuse autant que ruineuse vampirise la Nation. Il n’est qu’à parcourir les innombrables lignes de la déclaration d’IR et de se frotter aux toutes nouvelles obligations déclaratives du propriétaire immobilier pour être convaincu de la dérive totalitaire de la baudruche administrative, jamais à court d’inventions inquisitoriales. Cela déteint jusqu’à nos banques qui, devenues des auxiliaires de l’Etat, se permettent de réclamer des justifications à un encaissement d’un chèque de montant un peu inhabituel à un client fidèle depuis 50 ans, soudain soupçonné de fraude fiscale !

  3. Complément d’information : Le jeune homme de 15 ans qui a piraté l’ANTS n’avait pas besoin d’être un génie car les « brèches » de sécurité de leur système d’information ne demandaient pas beaucoup d’expérience pour pouvoir s’y engouffrer. Ce qui est sidérant c’est de remarquer que tous les systèmes d’information de la zone publique ne sont que des passoires. Pourquoi ? La réponse est dans la compétence des responsables et, aussi, des priorités données dans un cadre budgétaire restreint. La sécurité était et est toujours la cinquième roue de la charrette dans toutes ces organisations. Cela nous rappelle, dans un autre domaine l’histoire du Musée du Louvre. L’état français est exsangue et est devenu incapable de remplir ses missions. Un grand merci à nos dirigeants et à leur incompétence !

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