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mercredi 15 avril 2026

Le salaire minimum aggrave le chômage des jeunes

Temps de lecture : 2 minutes

Dans un article publié le 29 août, le Wall Street Journal rappelle une réalité dont les responsables politiques parlent rarement : la hausse du salaire minimum écarte les adolescents du marché de l’emploi. On accuse souvent l’IA, sans jamais mentionner l’interventionnisme étatique qui participe aussi à l’augmentation du taux de chômage.

Aux États-Unis, le chômage des 16-19 ans est passé de 11,8 % en janvier à 15,2 % en juillet, le plus haut niveau depuis 2020. En Californie, où le salaire minimum atteint 16,5 dollars de l’heure (20 dollars dans la restauration rapide), la situation est encore plus dramatique : le chômage des adolescents était de 31 % en juillet, deux fois plus qu’avant l’instauration du nouveau plancher. Les États de Washington, du Colorado et de l’Illinois, dotés de salaires minimums élevés, affichent eux aussi un taux de chômage parmi les plus élevés du pays pour cette catégorie. À l’inverse, le Tennessee ou le Kansas, qui sont restés au minimum fédéral de 7,25 dollars de l’heure, tournent autour de 8 à 11 % de chômage.

L’explication est simple : quand le coût du travail augmente, les employeurs embauchent moins. Et les premiers touchés sont les plus jeunes, moins productifs et moins expérimentés. Certes, le ralentissement économique joue un rôle, mais la corrélation entre salaires minimums élevés et chômage des adolescents est trop claire pour être ignorée.

Ce n’est pas qu’une question de statistiques. Ces emplois précaires et mal payés sont souvent la première école de la vie professionnelle : arriver à l’heure, respecter des directives, gérer plusieurs tâches à la fois. Les adolescents privés de ces expériences risquent de payer plus tard cette exclusion précoce. Les responsables politiques se félicitent d’augmenter le salaire minimum, tout en ignorant les conséquences délétères : une génération de jeunes laissés de côté, sans expérience et bien moins armés pour la suite.

Illustration de couverture © Freepik

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4 réponses

  1. « la première école de la vie professionnelle : arriver à l’heure, respecter des directives, gérer plusieurs tâches à la fois.  »

    C’est en principe à l’école qu’on est censé apprendre ça… Quant au Smic, il est généralement pensé à un niveau en phase avec le coût de la vie car un Smic faible là où le coût de la vie est élevé, c’est forcément la collectivité qui paie la différence…

  2. L’inexpérience ne peut pas payer, c’est une loi normale de la vie. La formation ne s’acquiert que sur le terrain, même si on a fait des études techniques, qui facilitent l’intégration dans une entreprise. Je suis de ceux qui sont passés par là il y a bien longtemps.

  3. C’est une évidence, et, comme l’adolescence dure de nos jours jusqu’à 30 ans ou plus, nos jeunes sans trop de formation ne peuvent pas trouver où démontrer leurs qualités s’ils en ont.

  4. La solution pourrait être d’accorder aux jeunes entre 16 et 25 ans, à l’issue de leurs études, un crédit de salaire sans charges (ou charges réduites) pendant quelques années. Et d’en surveiller l’utilisation par les employeurs.

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